FINAL DESTINATION 2
2003
RÉALISATION: David R. Ellis
SCÉNARIO: J.Mackye Gruber et Eric Bress
AVEC: A.J.Cook, Ali Larter, Michael Landes, Jonathan Cherry et Tony Todd
Avec le concept de Final Destination, le scénariste Jeffrey Reddick a ouvert la porte à un infini de possibilités sanguinaires. Et dans le cadre de cette porte, s’est posé le pied de David R. Ellis, un coordonnateur de cascades respecté du milieu Hollywoodien qui a vu en Final Destination 2 l’opportunité de faire le saut dans la chaise convoitée de réalisateur.
Kimberley Corman a une vision dans laquelle un gigantesque accident de la route survient. Au lieu d'entrer sur l'autoroute, elle le bloque, empêchant une dizaine de personnes de plonger vers une mort certaine. Lorsque la prémonition de la jeune femme s'avère exacte, tous peuvent la remercier d'être encore en vie.
Mais la mort avait bien sûr un plan et revient chercher les rescapés un par un. Lorsqu'elle découvre ne pas être la seule à avoir été traquée par la Mort, elle entre en contact avec Clear Rivers, seule survivante des rescapés du vol 180. Ensemble, elles tenteront d'échapper aux plans de la Mort.
Il existe plusieurs recettes pour concocter la suite d’un film à succès. L’approche Friday The 13th consiste à copier le scénario précédent en y changeant le nom des personnages. L’approche Aliens consiste à changer de registre tout en restant fidèle à la mythologie établie par le premier film. Quant à elle, l’approche « dans l’espace » est utilisée par les cinéastes en panne d’idées créatives. Pour Final Destination 2, les scénaristes ont choisi de déséquilibrer le dosage gore/atmosphère du premier film. En réduisant au minimum l’atmosphère lugubre au profit du gore, ils ont concocté une suite qui s’apparente à la mentalité des œuvres d’Hershell Gordon Lewis. Et qui pourrait les blâmer? Final Destination 2 est à ce jour de loin la meilleure suite de la série, mais aussi un des films d’horreur commerciaux les plus amusants de la dernière décennie.
David R.Ellis savait qu’il ne pouvait recréer avec autant de succès la recette du film original une fois l’effet de surprise dissipé. Il n’est donc pas étonnant qu’il ait essayé de s’éloigner le plus possible du style du réalisateur James Wong. Ellis a fait sa marque en coordonnant les cascades de plusieurs films d’action à gros budget et ça se ressent dans son style. Son oeuvre s’apparente à un film d’action dans lequel La Mort aurait remplacé les terroristes ou autres mafieux. Chaque scène horrifique est parfaitement éclairée, bénéficiant souvent de la clarté extérieure, anéantissant ainsi toute forme d’atmosphère typique au cinéma d’horreur pour se concentrer sur l’essentiel; l’écrapou et le bing-bang!!
Et quelle réussite que sont ces fameuses scènes de mort, les plus spectaculaires de la série d’ailleurs. À commencer par la scène d’ouverture qui repousse les limites des possibilités du jumelage d’effets réels et par ordinateur. La force de frappe de Final Destination 2 est que sa mentalité grand-guignolesque n’adhère à aucune règle. Les femmes et les enfants ne sont pas épargnés, pas plus que la survivante du film original. Le scénario combine habilement des scènes de mort machiavéliquement élaborées à d’autres totalement surprenantes. Sans se comparer aux excès de certains films récents, Final Destination 2 se voulait un film qui repoussait les limites, à une époque où la violence excessive dans le cinéma d’horreur entreprenait timidement son comeback.
Il est rare qu’un film récent donne le goût de regarder ses effets gores à répétition ou tout simplement au ralenti. Final Destination 2 mérite une bonne tape dans le dos sur ce point. Les morts impliquant une vitre, du barbelé, un coussin gonflable et un billot de bois sont toutes mémorables. Encore à ce jour, rares sont les films à contenir autant de scènes de meurtres aussi originales.
Même si l’intention d’Ellis est clairement d’impressionner le public avec ses morts spectaculaires, cette suite s’efforce néanmoins à faire progresser la mythologie de la série. De nouvelles règles sur la façon d’agir de la mort apportent le nécessaire pour faire avancer l’histoire, tandis que le retour de Clear, jouée par Ali Larter, est le bienvenu. Étonnamment, les personnages sont tous sympathiques malgré le peu de développement qui leur est accordé. A.J. Cook endosse fièrement l’étiquette d’héroïne de film d’horreur et il est dommage que la série n’ait pas exploité son personnage à nouveau dans les suites subséquentes.
Final Destination 2 est une suite excitante, qui à part d’avoir mis la barre un peu trop haute pour les chapitres à venir, n’a pas grand-chose à se reprocher. C'est l'exemple parfait de ce qu'un blockbuster horrifique devrait être. À regarder sur un bon système de cinéma maison et quelques bières à portée de main.



• Destination Ultime 2 (version française/Québec)
• Destination Finale 2 (version française/France)


• Final Destination (2000)
• Final Destination 3 (2006)
• The Final Destination (2009)
• Final Destination 5 (2011)


• Two Thousand Maniacs! (1964)
• Bay Of Blood (1971)
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