FINAL DESTINATION 5
2011
RÉALISATION: Steven Quale
SCÉNARIO: Eric Heisserer
AVEC: Nicholas D'Agosto, Emma Bell, Mike Fisher, Arlen Escarpeta et Tony Todd
Avec un générique qui fait rougir de honte tous les films d'horreur récents sortis en 3D, Final Destination 5 démarre en véritable coup de canon! Un coup de canon qui se fait ressentir jusqu'à la toute fin, pour le plus grand plaisir des amateurs!
Devant se rendre à un camp de perfectionnement en plein air destiné à solidifier leur esprit d'équipe, des collègues de travail se réunissent tôt le matin pour prendre l'autobus qui les mènera à destination. Alors que le véhicule circule sur un pont en rénovation, un des passagers, Sam (Nicholas D'Agosto, Drive Thru) a une prémonition dans laquelle le pont s'affaisse causant la mort de près d'une centaine de personnes, lui inclus. Lorsqu'il se rend compte que sa vision pourrait s'avérer réelle, il agrippe sa copine (Emma Bell, Frozen) et quitte l'autobus entrainant six de ses collègues avec lui dans la panique. Lorsque le pont s'écroule, les huit rescapés peuvent se compter chanceux d'être encore en vie. Jusqu'à ce que La Mort revienne les chercher.
Contrairement aux deux chapitres précédents qui semblaient bien confortables sur le "cruise control", Final Destination 5 est beaucoup plus nuancé et excitant. Avec des scènes de meurtres à se tordre de douleur, des personnages attachants, une utilisation du 3D justifiée et une réalisation solide de la part de Steven Quale, cette suite peut se vanter d'être du même calibre que les deux premiers films de la série, rien de moins. Sans jamais laisser de côté l'humour noir, ce chapitre revient à la source avec un ton lugubre et une atmosphère qui tient plus du film d'horreur réel. De plus, le retour du mystérieux personnage du coroner, joué par Tony Todd, solidifie le désir d'approfondir la mythologie de la série et non d'aligner bêtement des scènes de meurtres loufoques.
Cette suite est d'ailleurs la première à oser réellement s'amuser avec les règles préétablies. Pas question d'ajouter simplement des indices sur des photos ou des rêves prémonitoires récurrents. Le scénariste Eric Heisserer (de qui on passera sous silence le remake de A Nightmare On Elm Street) suggère qu'il est possible de déjouer la mort en tuant un innocent, ce qui donne droit à des revirements forts intéressants en fin de parcours. Et même si on le voit venir dès les premières minutes, le revirement-surprise de la fin est bien pensé et ouvre la porte à bien des possibilités pour un éventuel sixième chapitre.
Contrairement à The Final Destination, par exemple, les personnages ne prennent pas pour acquis le concept de la mort. On doit leur expliquer et c'est là que le fameux coroner à son utilité. Les personnages sont aussi pour la plupart mieux élaborés de ce qu'on pourrait espérer de ce genre d'oeuvre et les acteurs qui les interprètes sont tous bons.
Les scènes de morts nous fond rendre compte à quel point les créateurs avaient perdu la touche. Elles sont spectaculaires et n'ont rien à envier aux meilleures de la série. Le scénariste ramène l'élément stratégique du jeu macabre auquel s'adonne la mort. Les morts sont longuement apprêtées et viennent nous surprendre au dernier moment. L'alliance entre morbidité, gore et effets 3D est parfaite. Du lot, la mort de la gymnaste est divine, tandis que l'ironie de mourir dans un salon de massage ne se perd pas! La scène de prémonition, véritable marque de commerce de la série, est probablement la plus réussie de la série. Non seulement les morts alternent entre dégoûtante et spectaculaire, mais la vue du pont qui s'affaisse est à donner la chair de poule.
Finalement, j'avais des réticences dans le choix de Steven Quale comme réalisateur. Ce protégé de James Cameron a été choisi pour son expérience avec le 3D. La tactique semblait vouloir valoriser les effets CGI de piètre qualité et l'utilisation obsessive du 3D. Bien entendu, ce n'est pas le cas. Mieux encore, Final Destination 5 donne l'impression que le spectateur ne s'est pas fait arnaquer lorsqu'on lui a demandé trois dollars supplémentaires pour assister (obligatoirement) à la représentation en 3D.
Le concept derrière la série demeure prédisposée à divertir aussi mollement soit-il appliqué. Mais c'est encore meilleur entre les mains d'artisans qui ont le projet à coeur. En tant que cinquième chapitre de la saga, on pouvait difficilement espérer mieux que Final Destination 5. Chapeau!



• Destination Ultime 5 (version française/Québec)
• Destination Finale 5 (version française/France)


• Final Destination (2000)
• Final Destination 2 (2003)
• Final Destination 3 (2006)
• The Final Destination (2009)


• The Mothman Prophecies (2002)
• Premonition (2007)
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