FIVE ACROSS THE EYES

2008

RÉALISATION: Greg Swinson et Ryan Thiessen
SCÉNARIO: Greg Swinson
AVEC: Sandra Paduch, Mia Yi, Jennifer Barnett, Angela Brunda et Danielle Lilley

Des cries, des pleurs, des excréments, du vomie, encore des cries et des pleurs, du sang, une caméra chaotique comme c’est pas possible et de la musique techno! Bienvenu dans l’univers de Five Across The Eyes … Je lève mon chapeau à tous ceux qui n’en sortiront pas avec un sérieux mal de bloc!

Après avoir assisté à un match de football, cinq adolescentes se perdent lorsqu’elles croient emprunter un raccourci. Les choses empirent lorsqu’elles s’arrêtent pour demander leur chemin dans une station service. C’est alors qu’Isabella, la conductrice percute une voiture stationnée. Paniquées, les adolescentes quittent aussitôt les lieux de l’accident sans en informer personne. Malheureusement, il s’avère que la propriétaire du véhicule a été témoin de l’incident et prend en chasse les jeunes filles. Mais les adolescentes vont payer pour bien plus que le délit qu’elles ont commis, puisqu’elles ont à faire à une détraquée qui cherche à se venger des infidélités de son mari.

Inspirés par des œuvres crues comme The Texas Chain Saw Massacre et même The Last House On The Left, les nouveaux venus Greg Swinson et Ryan Thiessen tentent un retour à un horreur plus réaliste et crade, le tout enrobé d’un concept bien contemporain. Menottés par un budget dérisoire, les deux cinéastes ont décidés de tourner entièrement leur film du point de vue de l’intérieur de la camionnette conduite par les adolescentes. Ce qui veut dire que quoi qu’il arrive, la caméra reste à l’intérieur et suit, tel un spectateur, l’action du mieux qu’elle peut. La technique est audacieuse, mais se transforme rapidement en cancer généralisé pour Five Across The Eyes. Puisque le tout est tourné à la main avec une caméra vidéo, on a l’impression d’assister à un autre faux documentaire dans lequel les protagonistes s’entêtent à tout filmer malgré la situation horrifique dans laquelle ils se trouvent. De plus le caméraman ne fait rien pour diminuer cette impression puisqu’il tourbillonne sans cesse, faisant paniqué son focus à maintes reprises. Sa façon de tourner est tellement peu objective qu'on en vient à se demander s'il n'est pas un personnage, au même titre que les adolescentes.

En tant que spectateurs, nous sommes donc prisonniers dans une camionnette pendant 90 minutes avec les cinq adolescentes les plus connes de la planète. Celles-ci n’arrêtent pas de crier, de pleurer et de vomir! Il y en a même une qui se chie dans les mains pour ensuite lancer sa crotte sur la voiture qui les poursuit (meilleur moment du film en passant)! Je n’invente rien!! Et malgré que ce chaos reflète à merveille l’horreur pur, le message ne passe tout simplement pas puisque Five Across The Eyes n’a rien de cinématographique à offrir. Du moment que le film devient intéressant, la chaîne qui nous retient à l’intérieur de la voiture nous sert le coup, nous ramenant aini rapidement à la réalité. Et ce n’est pas la musique, rythmée avec des sonorités techno, qui améliore le tout!

C’est dommage car la mentalité de Greg Swinson et Ryan Thiessen en est une qu’on voit trop rarement dans le cinéma d’horreur contemporain. Five Across The Eyes transmet magnifiquement l’état de terreur dans laquelle ses protagonistes se retrouvent. Les personnages ne semblent pas être sortis d’un film et ont vraiment l’air terrorisés. Il faut dire que la vilaine du film ne ménage pas les humiliations et la violence sexuelle tout en démontrant une brutalité sans merci. Encore une fois, cette violence est plus souvent suggérée que montrée, puisqu’elle se déroule à l’extérieur de la voiture, loin de la lentille de caméra.

L’expression « five across the eyes » est l’équivalent québécois de « une claque en pleine face ». C’est certainement le genre de métaphore que visaient les deux réalisateurs envers les spectateurs. Au lieu de cela, c’est un violent coup de marteau sur la tête qu’ils nous portent. Vite une aspirine!!

  • Dany Champagne

  • • Les Yeux (version française/Québec)

     

    Wolf Creek (2005)
    • Penny Dreadful (2006)

     

     
     


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