FORBIDDEN ZONE

1980

RÉALISATION:Richard Elfman
SCÉNARIO: Richard Elfman et Matthew Bright
AVEC: Marie-Pascale Elfman, Hervé Villechaize, Susan Tyrrell, Phil Gordon et Danny Elfman

Ok…sérieusement….what the fuck!?!

La famille Hercules vient d’acheter une étrange maison. Mais ils ont été avertis de ne pas aller au sous-sol, car il y a une porte qui mène directement dans la sixième dimension. Frenchy, la jeune fille de la famille, décide d’y aller pour jeter un coup d’œil, mais elle se retrouve mêlée dans un triangle amoureux entre le Roi et la Reine. Son frère et son grand-père sénile ancien champion de lutte iront donc la secourir. Ils se feront aider de Squeezit, un homme poulet qui doit sauver son frère travesti prisonnier du Roi.

Voici l’une des intrigues principales du film. Le long métrage en contient tellement, que pour faire un résumé complet, il faudrait que je raconte le film dans son intégralité! Forbidden Zone est tellement spécial et « fucké », que c’est soit le film le plus débile que j’aie vu de ma vie ou bien la plus merveilleuse des inventions de l’humanité depuis le pain tranché!

Forbidden Zone, c’est Alice aux Pays des Merveilles et Le Magicien d’Oz mélangés ensemble au malaxeur avec une énorme quantité de hasch et d’acide! Le projet a commencé lorsque Richard Elfman (le frère du célèbre composeur de trame sonore Danny Elfman) voulu faire un film expérimental afin de jouer avec la créativité. Cependant, toute l’histoire entourant la famille Hercules a été rajoutée pour ficeler toutes les scènes ensembles, car il n’y avait aucun fil conducteur. On passe donc a des numéros musicaux à propos de la Reine, pour aller ensuite vers de folles courses cocasses pour un autre numéro musical pour ensuite… enfin, vous comprenez. Alors que certains de ces segments sont carrément débiles avec ni queues ni têtes, certaines idées sont divinement géniales. L’une des premières scènes réussies est lorsque la Reine et le Roi mangent. Le roi (la petite personne qui incarnait Tatoo dans l’Île Fantastique) regarde sa Reine qui s’apprête à manger une grosse saucisse. Il embarque alors sur la table et commence à avancer pour regarder de plus près sa Reine manger la dite saucisse. Mais en avançant, on s’aperçoit que, comme chandelier, c’est un homme nu accroché après un harnais qui tient des chandelles dans ses mains et ses pieds! De la pure folie. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg qu’est la trame narrative du film, qui invente des péripéties et des règles à la sixième dimension au fur et à mesure, selon l’envie et le besoin.

Mais il n’y a pas que les situations loufoques dignes de Benny Hill qui sont éclatées. Les décors, eux, tiennent du pur génie. Avec presque aucun moyen, les artisans ont réussi à créer un univers unique seulement avec du carton, des sacs poubelles et du papier. Non seulement cela crée des décors spéciaux, mais ça donne droit à des scènes vraiment drôle. Comme lorsque Frenchy et son frère prennent l’habitude de se sauver de leur école en sautant par la fenêtre. Elle est représentée comme une feuille de papier dessinée et les personnages sautent au travers alors qu’un bruit de verre qui éclate retentit.

Malheureusement, avec ce genre de liberté créatrice, on se retrouve souvent à faire du n’importe quoi. L’absurde est quelque chose d’extrêmement mal compris. Pour tout les Chick N Swell de ce monde, il y a ceux qui font juste n’importe quoi au nom de l’absurde, comme Forbidden Zone. Alors que certains de leurs coups sont réussis, d’autres sont juste bizarres. Ce qui est le plus décevant, c’est le coté musical du film. Il n’y a que trois chansons que j’ai particulièrement aimées et que je réécouterais sans problèmes. Sinon, le reste de la trame sonore est trop répétitive, peu originale ou manque terriblement de rythme enivrant.

Ce qui est intéressant à noter, c’est que Forbidden Zone a probablement été l’inspiration pour bien des scènes ou personnages cultes aujourd’hui. Par exemple, le servant du roi, une grenouille géante, se mets à baiser la princesse. La même année, The Shining sort au cinéma avec la fameuse scène de fellation avec un ours. Coïncidence? Sait-on jamais! De plus, le personnage de Satan, joué par Danny Elfman, le fameux compositeur, ressemble étrangement en apparence et dans le style musical qu’il adopte, au démon de l’épisode musicale Once more with feelings, de la télésérie Buffy The Vampire Slayer. Alors malgré qu’il soit inconnu, Forbidden Zone aurait peut-être influencé le genre jusqu'à aujourd’hui!

Ce qui empêche Forbidden Zone d’être encore plus spectaculaire qu’il ne l’est déjà, c’est sa propension à mettre beaucoup trop de minable vulgarité. Il n’y a pas cinq minutes qui passent sans qu’un des personnages males « zigne » carrément l’une des femmes dans le film. Où alors, on nous sert des blagues dégueulasses bas de gamme. Cette tendance à tomber dans la facilité exécrable terni le film et sa créativité, encore au nom du n’importe quoi et des rires faciles.

Forbidden Zone est l’un des films les plus original et « fucké » que j’aie eu la chance de voir dans ma vie. C’est aussi le plus difficile que j’ai eu à noter! Comment donner une note à quelque chose d’aussi ridicule mais impressionnant à la fois? Minable ou géniale, ce qui est sur, c’est que le film réussit à divertir son spectateur, pour le meilleur ou pour le pire!

  • Dominic Paulhus

  • Repo! The Genetic Opera (2008)
    • The Rocky Horror Picture Show (1975)

     

     
     


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