RÉALISATION: Sean S.Cunnigham
SCÉNARIO: Victor Miller
AVEC: Adrienne King, Jeannine Taylor, Kevin Bacon, Harry Crosby et Betsy Palmer.
En 1979, un jeune producteur ambitieux du nom de Sean Cunningham acheta une
page dans un magazine. Il utilisa celle-ci pour financer son prochain
film, Friday The 13th. Sans scénario et sans même avoir une idée du
film qu'il voulait, il réussit à amasser un budget décent avec, comme seul
élément de vente, un titre évocateur. Halloween avait changé le
monde des films d'horreur un an plus tôt et Cunningham voulait en profiter.
À l'époque, il ne se doutait certainement pas qu'il allait créer une des
franchises les plus populaires de l'histoire du cinéma d'horreur.
Le scénario a été confié à Victor Miller. Ce dernier s'est contenté de
s'inspirer du squelette de Halloween en créant une histoire simple,
mais efficace. En 1964, des jeunes moniteurs du camp de vacances Crystal
Lake se font sauvagement assassiner par un tueur qui n'a jamais été
identifié. Le camp a fermé et n'a pas réouvert depuis. Selon les habitants
de la ville, une malédiction repose sur le camp et celui-ci serait même
hanté. En 1980, un dénommé Steve Christie engage quelques jeunes moniteurs
et décide de remettre le camp sur pied dans le but de le réouvrir.
Tout le monde est contre l'idée, mais Christie ne se laisse pas découragé.
Dès que les moniteurs arrivent, ils se font tuer un à un par un
mystérieux tueur rôdant près du camp. La malédiction du camp Crystal Lake
est de retour.
De toutes les imitations de Halloween, Friday The
13th est facilement le meilleur slasher, étant presque aussi
bon que son modèle (l'emphase étant sur le mot presque !!!). Sean
Cunningham n'a pas autant de talent que John Carpenter en tant que
réalisateur, mais il a comblé cette lacune en s'entourant d'une excellente
équipe technique. Le directeur photo, Barry Abrams, fait de l'excellent
travail et nous offre un film très beau à regarder. L'emphase est mise sur
l'atmosphère, qui est très réussie. La noirceur de la forêt, la pluie, les
bruits de la nuit et les ombrages sont bien exploités et rehaussent le
suspense. Le compositeur Harry Manfredini (Zombie Island Massacre) a créé la meilleure trame musicale de sa carrière. Cette dernière est nerveuse et stressante, ce qui est parfait pour le suspense. Chapeau aussi au thème du film composé de subtils "ki ki ki ki ma ma ma ma" .
Par contre, le meilleur coup de Cunningham aura été d'engager Tom Savini pour s'occuper des effets spéciaux. Ce denier venait de se faire un nom avec le très sanglant Dawn Of The Dead. Chaque scène de meurtres du film est très bien orchestrée et surtout sanglante. C'est en grande partie à cause de ceux-ci que le film a été si populaire. Si Halloween avait de la classe et exploitait le côté suspense, Friday The 13th faisait office de cousin bâtard en faisant gicler le sang. Le film peu sembler un peu soft 25 ans après sa sortie, mais il a été le Final Destination de son époque.
Pour un film du genre, les acteurs ne sont pas mauvais. Bien sûr, la première chose que l'on remarque est la présence de Kevin Bacon dans un de ses premiers rôles. Ce dernier passe une bonne partie du film en costume de
bain "speedo" avant de se faire tuer sauvagement dans une des scènes les
plus mémorables du film. Adrienne King est très bonne dans le rôle d'Alice,
l'héroïne principale du film. J'adore aussi la performance de Betsy Palmer dans le
rôle de Pamela Voorhees, la méchante du film (j'espère que je ne vous
apprend rien en disant que Jason n'est pas le tueur dans ce film...). Sa
présence est courte, mais remarquée. Cette dernière personnifie à merveille
le rôle de la psychopathe déconnectée de la réalité.
Friday The 13th n'est pas le film le plus original, mais il a le
mérite de contenir tout ce que j'apprécie d'un slasher. En plus, tout est
merveilleusement bien exploité. Malgré que la série se soit dégradée avec
les années, on peut toujours compter sur ce premier film pour nous rappeler
pourquoi on l'aime tant. Friday The 13th est facilement un de mes
films d'horreur favoris.