FRIGHTMARE

1974

RÉALISATION: Pete Walker
SCÉNARIO: David McGillivray et Pete Walker
AVEC: Deborah Fairfax, Sheila Keith, Rupert Davies, Kim Butcher et Paul Greenwood

À sa sortie, Frightmare a été qualifié du Texas Chain Saw Massacre britannique. Malgré qu'il ne dégage pas la même tension que le film de Tobe Hooper, Frightmare pose un regard original sur une famille de cannibales bien particulière. Par contre, le qualificatif dont il a hérité est quelque peu dérangeant puisque Frightmare est un film qui a une personnalité bien propre.

La vie de Jackie n'est pas simple. En plus d'entretenir une vie sociale active, elle doit s'occuper de Debbie, sa jeune soeur délinquante dont elle a la garde légale. Comme si ce n'était pas assez, les parents des deux filles viennent d'être libérés d'un institut psychiatrique où ils ont été internés pendant 15 ans pour cause de cannibalisme. Tout en entretenant une relation avec ceux-ci, Jackie tente de cacher l'existence de ses parents à Debbie qui les croit morts depuis longtemps. Lorsque les manies cannibales de sa mère recommencent, Jackie devra tenter de cacher toute trace suspecte et surveiller Debbie qui semble avoir quelques tendances communes avec sa mère ...

Avec Frightmare, le but de Pete Walker (Schizo, Die Screaming Marianne) était clairement d'ébranler les moeurs de la société britannique. Le film a choqué les critiques et les spectateurs ont accouru dans les salles. Plus de 30 ans après sa sortie, Frightmare n'a plus le même impact, mais il n'en demeure pas moins original dans la façon de raconter son histoire. Le scénario comporte deux trames narratives qui s'entrecroisent tout au long du film pour finalement se rejoindre lors d'une finale bien sombre. La plus grande qualité du film ne provient pas du gore ou des meurtres (qui sont très peu nombreux), mais plutôt de la variété de personnages qui gravitent autour de l'histoire.

Au centre de l'histoire, Jackie est une anti-héroïne magnifiquement bien rendue par Deborah Fairfax. Celle-ci doit jongler entre le monde normal dans lequel évoluent sa soeur et son copain, ainsi que l'univers tordu de ses parents. C'est ce débalancement qui rend le film intéressant. Walker n'a pas besoin d'un flot d'hémoglobine pour rendre son histoire percutante. Au lieu de cela, il se concentre à rendre ses personnages réalistes, malgré leur mode de vie anormal.

Le pire défaut du film est le lien qu'il a, bien malgré lui, avec The Texas Chain Saw Massacre. Frightmare n'arrive pas à la cheville du classique de Tobe Hooper et le comparer à celui-ci ne fait qu'amoindrir ses qualités. Pete Walker s'est restreint du côté de l'intensité et de la violence, ce qui donne un film totalement différent de The Texas Chain Saw Massacre. En ce sens, cela pourrait décevoir ceux qui voudraient voir un clône de ce dernier. Frightmare a quelque peu vieilli et comporte quelques longueurs, mais son étude de personnages est si bien rendue, que les défauts semblent anodins.

Frightmare n'est peut-être pas le classique auquel j'avais espéré, mais sa forme narrative est encore aujourd'hui innovatrice.

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