GHOST MACHINE

2009

RÉALISATION: Chris Hartwill
SCÉNARIO: Sven Hughes et Malachi Smyth
AVEC: Sean Faris, Rachael Taylor, Luke Ford, Joshua Dallas et Halla Vilhjálmsdóttir

Avec une pochette qui le fait passer pour une mauvaise parodie de Star Wars, un titre générique et un synopsis peu attirant, Ghost Machine risque fort probablement d'être aussi visible qu'un fantôme sur les tablettes des magasins! Dommage, car sans être un incontournable, le film de Chris Hartwill vaut à tout le moins le prix d'une location.

Des génies en informatique ont créé un programme de simulations de combats virtuels pour l'armée britannique. Le programme est utilisé par les soldats pour simuler des situations de combat sans le risque de blessures et perfectionner leur technique. Lors d'une soirée de congé, Tom et Vic, les créateurs du programme, réunissent une bande de copains dans une prison abandonnée pour tester de nouveaux paramètres et s'amuser un peu. Drogue et alcool sont de la partie, rendant l'expérience virtuelle encore plus mémorable. Par contre, il s'avère que la prison est hantée par le fantôme d'une prisonnière morte suite à la torture subie aux mains d'un soldat. Lorsque les participants se mettent à mourir violement, Vic devra tenter de neutraliser le fantôme à même la simulation virtuelle, le tout sous la supervision de Tom.

Production britannique sans grande envergure, Ghost Machine bénéficie des limites imposées par son budget restreint. Il aurait été effectivement facile avec un tel scénario de sombrer dans l'abondance d'effets digitaux contemplatifs. Ce n'est heureusement pas le cas de Ghost Machine, qui malgré quelques effets bien gras, utilise à bon escient son concept de réalité virtuelle. Les participants du jeu peuvent se munir des armes qu'ils veulent et même vivre leurs plus grands fantasmes en incorporant de jolies jeunes femmes au programme. Malgré les possibilités infinies du concept, la technologie est traitée de façon minimaliste, juste assez pour la rendre crédible et incorporer aisément l'histoire de fantôme. Les scènes tournées dans la réalité virtuelle bénéficient d'un changement bref et subtil dans les tons de couleurs. Rien qui détonne ou déconcentre le spectateur inutilement.

De plus, le scénario prend bien son temps d'amener l'histoire et de présenter les personnages. Les différentes facettes du programme virtuel sont bien expliquées et il est facile de comprendre les mals fonctionnements que connaît le système en cours de visionnement. Bien que le côté technique de l'histoire enterre l'élément horreur pendant la première moitié du film, Ghost Machine n'est jamais ennuyant. Les personnages sont quant à eux charismatiques et rappellent de par l'atmosphère militaire ceux de Starship Troopers. Rachael Taylor (Shutter) et Luke Ford (The Mummy 3) sont particulièrement bons dans leur rôle.

Ressemblant à une version plus trash de la Mère des larmes de Mother Of Tears, le fantôme de Ghost Machine adhère au modèle du spectre vengeur qu'on retrouve dans tous les films. Le changement de décor et son tempérament plus sauvage détournent l'attention quant au fait que le fantôme n'est rien de plus qu'une actrice maquillée. Muni d'une chaîne en métal, le fantôme ne se gêne pas pour maltraiter les personnages faisant de Ghost Machine un film plus violent qu'on pourrait le croire.

Ceci dit, Hartwill ne peut s'empêcher dans les derniers instants du film de succomber à la tentation de balancer des effets hauts en couleur. C'est restreint comparé aux grosses productions hollywoodiennes et assez bien maîtrisé, mais Ghost Machine demeure plus efficace dans son traitement réaliste d'un concept futuriste.

Ghost Machine n'est pas un grand film, mais il ne donne pas sa place dans le marché plus que saturé du film d'horreur "direct-to-DVD". Si vous avez envie de quelque chose de différent qui ne casse pas la baraque, laissez-lui sa chance.

  • Dany Champagne

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