GHOST MONTH

2009

RÉALISATION: Danny Draven
SCÉNARIO: Danny Draven
AVEC: Marisa Resa, Shirley To, Akiko Shima, Rick Irvin et Jerod Edington

Lorsque j’ai mis le DVD de Ghost Month dans mon lecteur, une bande-annonce commença. Une bande-annonce à propos d’un film de fantôme qui avait l’air vraiment à chier. Je n’arrêtais pas de rire. Je suppliais le ciel que Dany Champagne ne me donne pas ce long métrage à critiquer un jour. Mais ce fut en vain, car, à la fin, le titre m’apparut en lettres de feu sur un mur de vierge… Ghost Month!!!

Alyssa est la nouvelle femme de ménage chez la résidence de Mme. Wu. Cependant, elle arrive au mauvais moment, car le mois des morts est sur le point de commencer. Un mois durant lequel les esprits peuvent errer librement sur la terre des vivants. C’est alors qu’Alyssa se met à voir des choses inexpliquées. Tout cela se passe alors que l’ex-copain psychopathe d’Alyssa la cherche désespérément et qu’Alyssa fait sa petite enquête à propos de l’ancienne femme de ménage. Un mois qui ne sera pas de tout repos!

Un peu plus et le réalisateur Danny Draven incluait un monstre, un vampire et une double personnalité dans le film. Trop, c’est comme pas assez. Surtout que chaque genre qu’il insère dans son film n’est pas extrêmement réussi. Si on n’est pas capable de faire une table, on n’essaie pas de faire une maison tout seul!

Sinon, mon Dieu, par où commencer? Le scénario de Draven est d’un ridicule mortel. Comme j’ai mentionné, Draven inclut plusieurs genres dans son film qui, bien ficelés, pourraient très bien se marier ensemble. Malheureusement, il ne réussit aucun d’entre eux. Ses règles à propos des fantômes n’ont aucun sens et Draven oublie de s’en servir durant le reste du film. Où alors, que dire du personnage de l’ex qui réussit ses recherches beaucoup trop facilement alors que c’est évident que c’est un psychopathe. Cet élément de l’histoire n’est d’ailleurs là que pour combler des trous, comme l’histoire à propos de l’ancienne femme de ménage, qui se résolue sans grand effort de la part d’Alyssa.

Pour rajouter une couche supplémentaire de médiocrité, Draven réalise le film, lui qui n’a véritablement aucune idée de ce qui fait un bon film d’horreur. Ses «jump scares», ses bruits secs et soudains pour nous faire peur, sont décalés d’un bon deux ou trois secondes après qu’il nous montre ses fantômes ou ses éléments horrifiques. Draven ne laisse aucune place pour nous présenter ses personnages, son univers ou son histoire. Si Ghost Month était un homme, il serait celui qui se frotte sur tout ce qui bouge dès son entrée dans un bar afin de conclure avant même que tout soit commencé.

L’un des pires éléments du film, c’est le son, qui est archi nul à chier. Les micros ne prennent pas assez les dialogues, ce qui fait que l’on n’entend vraiment pas ce que les personnages disent. Et pour combler le tout, il y a constamment une grosse musique par-dessus les dialogues, ce qui les camoufle encore plus. Peut-être est-ce fait exprès, Draven ayant trop honte de son texte a décidé de le camoufler au montage! De plus, le réalisateur ne laisse aucunement planer le doute sur son film, car dès le début, il y a de la musique inquiétante qui joue, même pendant que les personnages bouffent et discutent. Cette trame sonore grossière et malhabile sera d’ailleurs présente durant tout le film, sans arrêt!

La cerise sur le sundae est à mon avis le personnage d’Alyssa et l’actrice qui la joue. Par exemple, dès la première apparition d’un fantôme, Alyssa devient immédiatement paranoïaque et appelle sa meilleure amie pour lui raconter qu’elle croit devenir folle et voit des choses étranges. On dirait presque que le personnage est conscient qu’elle se trouve dans un film d’horreur. Ou alors, elle commence à agir comme une bitch parce que sa patronne la surprend en train d’essayer une robe qu’elle a trouvée en fouillant! Draven ne laisse aucune chance à Alyssa afin de nous la rendre sympathique. Le jeu de Marisa Resa n’aide évidemment pas la cause. Elle n’est aucunement capable de démontrer des émotions ou de jouer avec assurance. Par exemple, alors qu’Alyssa essaie de s’enfuir d’une pièce, elle se met à griffer le mur sous un moment de panique. Cependant, Marisa Resa, incapable de jouer, semble plus gratter le dos du mur que véritablement paniquer.

Ghost Month est le genre de médiocrité que je déteste regarder, mais que j’adore critiquer. Il y a tellement d’éléments ou de scènes minables que je pourrais en parler pendant des heures. En fait, Ghost Month ferait probablement un excellent film pour un jeu de boisson, ou chacun doit prendre une gorgée de bière dès que le film est ridicule ou cliché! Il y en aurait plusieurs qui tomberaient dans le coma bien avant la fin du film!

  • Dominic Paulhus

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