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THE GIRL NEXT DOOR2007
RÉALISATION: Gregory Wilson Bien que le populaire écrivain Jack Ketchum ait débuté sa carrière aux débuts des années 80, il aura fallu attendre 25 ans avant qu'une de ses oeuvres soient portées à l'écran. En réalisant The Lost, Chris Siverston a ouvert la porte à plusieurs cinéastes désireux d'adapter les écrits de Ketchum. Du lot, Gregory Wilson s'est attaqué au plus notoire des livres de Ketchum, The Girl Next Door, un récit que plusieurs croyaient impossible à adapter en raison d'un sadisme excessivement bouleversant, orchestré sur une enfant! Après avoir été impliqué dans un accident de voiture qui a coûté la vie de leurs parents, Meg et Susan emménagent chez leur tante Ruth. Cette dernière est très populaire chez les jeunes du quartier puisqu'elle laisse ses trois fils et leurs amis boire de la bière et n'hésite pas à raconter des choses que les enfants ne devraient pas savoir! Cette soi-disant gentillesse ne s'applique par contre pas à Meg et Susan. Voulant apprendre les rudiments de la femme aux deux soeurs, Ruth n'hésite pas à utiliser des méthodes peu orthodoxes. Lorsque Meg se rebelle, Ruth la ligote nue dans le sous-sol, à la vue des jeunes du quartier qui n'hésiterons pas à prendre part aux tortures que lui infligera sa tante! Ce n'est peut-être pas un hasard que le financement de The Girl Next Door ait été approuvé en plein essor du sous-genre vulgairement baptisé "torture porn". Sans tomber dans le type d'exploitation qui ont fait la renommé des Hostel, Saw et Captivity, The Girl Next Door frappe fort et demeure un des films les plus percutants de cette nouvelle vague. Le scénario n'emprunte pas la route du film d'horreur classique, préférant plutôt exploiter son histoire tel un "coming of age" adolescent. Le tout est teinté d'une belle innocence jusqu'à ce que la déchéance de Ruth se fasse sentir. Tout comme c'était le cas avec le roman, l'histoire nous est présenté du point de vue de David, un jeune voisin qui a des sentiments amoureux pour Meg. Impliqué indirectement par son silence dans le calvaire de Meg, le personnage de David teste constamment la patience du public de par son inaction, qui est bien souvent justifiée. C'est de par son regard que nous voyons les atrocités commises sur Meg. Sans faire dans les excès gores, The Girl Next Door présente des scènes de tortures à la limite du soutenable. Meg est humiliée, coupée, frappée et violée, le tout filmé avec une caméra légèrement en retrait de l'action, question de donner un point de vue voyeur. Ce qui choque le plus, est que la violence du film est, non seulement commise sur une enfant, mais elle est perpétuée par d'autres enfants!! Voilà un constat beaucoup plus bouleversant que n'importe quel piège sadique de la série Saw! Malgré tout, The Girl Next Door ne réussit pas à s'approprier du statut d'oeuvre coup de poing qui lui est dû! Une des raisons est que le récit, qui est pourtant basé sur une histoire vraie, manque de crédibilité. Le gros défaut de The Girl Next Door réside dans le personnage de la vilaine, Ruth Chandler. Bien qu'elle soit adéquatement personnifiée par Blanche Baker, la façon dont Ruth a été écrite par les deux scénaristes enlève tout réalisme au film. Avec ses longs monologues réfléchis et sa démarche posée, Ruth a tout d'une vilaine classique de film d'horreur qui aurait été balancée par erreur dans un contexte réaliste. Le personnage est trop exubérant et s'acquitte trop bien de son rôle de marâtre pour que le voisinage ne se rende pas compte de sa folie. Jamais la psychologie de son personnage n'est élaborée, ce qui rend ses motifs hypothétiques au mieux. Aussi, le film démontre très peu les répercutions psychologiques des actes commises par les enfants. Le livre de Ketchum jouait magnifiquement bien avec la dualité entre la mauvaise conscience de David qui n'ose pas dénoncer ce qui se déroule dans le sous-sol et son côté voyeur qui le pousse à être présent lors de chaque acte de torture. Dans le film, David se pointe bel et bien le bout du nez chez Ruth, mais jamais on ne comprend pourquoi. Ses tentatives d'arrêter cette horreur sont aussi très faibles. Après avoir tenté d'avouer la vérité à sa mère en pleine nuit, il abandonne puisque cette dernière ne se réveille pas! Il n'en demeure pas moins que The Girl Next Door est un film désagréable même s'il n'atteint jamais le niveau de bouleversement désiré. Émotivement, le film laisse quelques égratignures, bien que j'en aurais demandé plus (et oui, je suis comme ça!). Malgré tout, âmes sensibles s'abstenir! Le film est distribué par Anchor Bay.
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