GOREGOYLES : FIRST CUT

Année

RÉALISATION: Augustine Arredondo, Kevin J. Lindenmuth et Alexandre Michaud
SCÉNARIO: Augustine Arredondo et Alexandre Michaud
AVEC: Sebastien Croteau, Mireille Leveque, Marc Vaillancourt, Robert Harvick, Brendan McNamara

GoreGoyles: First Cut est le second film du studio indépendant québécois Helltimate. Cette fois-ci, le studio nous offre une anthologie, soit deux histoires n’ayant aucun lien entre elles. Dès le départ, ce nouveau métrage possède un bon avantage sur Urban Flesh, le premier-né de la compagnie. Ce dernier avait le défaut de faire un long-métrage avec une histoire simpliste qui aurait mieux servi le format de court-métrage, étirant ainsi la sauce avec plusieurs longueurs. GoreGoyles remédie à ce problème en exploitant des histoires plus courtes, mais tout aussi intéressantes, améliorant ainsi le rythme du film et sa capacité d’écoute. Le film est également présenté par Uncle Vicious, un présentateur disjoncté tout droit sorti d’un film de Rob Zombie et qui n’a rien à voir avec Elvira ou Franfreluche!

La première histoire s’appelle tout simplement Beast. Alors qu’elle revient chez elle, Anne découvre dans sa salle de bain son mari assassiné, gisant dans son sang. Une enquête a donc lieu afin de retrouver le meurtrier. Pendant ce temps, Anne est victime de vandalisme et d’incessants appels de son frère qui se dit en détresse et qui réclame son aide. Puis celui-ci devient plus insistant et l’appelle sans arrêt en affirmant qu’il est possédé par ''la bête'' et qu'elle est en danger.

Malgré ses quelques défauts techniques, cette première partie se veut un bon divertissement. L’histoire est plutôt simple mais intéressante à suivre. L’une des particularités de Beast est qu’il diffère des autres histoires de loup-garous puisqu’il n’exploite pas le loup-garou comme un mythe, mais comme un déséquilibre mental. Il n’est jamais clair si Frank est un véritable lycanthrope ou s’il agit par simple folie. Étrangement, le fait de ne pas connaître l’origine de la ''bête'' n’est pas un défaut. Compte tenu du budget et des conditions de tournage, le choix de ne pas montrer de loup-garou est bénéfique puisque le contraire aurait probablement poussé le réalisateur à l’utilisation d’un costume hideux achetés dans un magasin à grande surface.

Pour son second film, Michaud a décidé de refaire équipe avec Mireille Leveque et Marc Vaillancourt, tous les deux d’Urban Flesh. Vaillancourt fait un bon travail dans le rôle du frère d'Anne et parvient à bien faire ressentir la folie qui habite son personnage. Leveque, de son côté, est tout simplement géniale et n’a rien à envier aux acteurs de hauts rangs. Le revirement final est bien songé et exploite un thème souvent tabou ou mal-utilisé. Beast l’utilise bien et dans un contexte adéquat. Les effets gores sont également très réussis et quelques scènes valent le coup d’œil, notamment le tranchage de tête du policier.

Par contre, Beast n’est pas une grande réussite côté technique, malgré les bonnes intentions du réalisateur. la direction photo, sans être mauvaise, aurait gagné à être plus élaborée. Le réalisateur a également garni son film d’éclairages colorés, mais le résultat n’est pas des meilleurs. C’est toujours beaucoup mieux qu’un éclairage d’ampoule de cuisine, mais la distance entre les intentions et le résultat est percevable. La musique est plutôt simple et n’est pas utilisée souvent, mais demeure tout de même efficace dans l’ensemble.

Le second segment s’appelle The Holy Terror et est cette fois-ci réalisé par Augustine Arredondo.

Glenn est victime de troubles étranges et quelques évènements nébuleux semblent avoir lieu par sa faute. Alors que les choses commencent à empirer, il se rend chez un expert en magie noire accompagné de son ami Charlie. Celui-ci recrée un exorcisme afin de trouver la source du problème et c’est alors qu’un démon prend possession du corps de Glenn et tue l’assistante de l’exorciste. Plus tard, alors qu’il marche dans un parc, il est attaqué au couteau mais est sauvé de justesse par un homme qui tue son assaillant. Ce dernier lui révèle qu’il fait partie d’une secte qui l’observe depuis un moment et qu’ils comptent se servir du démon à des fins maléfiques. Glenn fera tout ce qu’il peut afin de contrer les plans de la secte.

Un bon nombre de situations et de revirements dans un métrage de longueur moyenne égalent un bon rythme. Cette histoire est plus élaborée, tout en demeurant simple et surtout facile à suivre. La scénariste prend bien le temps de développer le protagoniste et la malédiction qui s’abat sur lui, sans pour autant ennuyer. L’histoire est intéressante et plusieurs idées sont bien pensées, servant bien le récit. The Holy Terror renferme aussi plusieurs scènes de meurtres bien gores, et plutôt réussies pour la plupart.

La réalisation est très adéquate et l’ambiance rappelle parfois des films comme Plaga Zombie: Mutant Zone. Le ton léger de The Holy Terrror laisse parfois perplexe à savoir si cette partie est sérieuse ou non. Par contre, la finale, en plus d’être excessivement jouissive et gore à souhait, répond bien à cette interrogation. Malgré sa légèreté (ou devrais-je dire en partie grâce à sa légèreté), cette seconde partie demeure plutôt réussie et même meilleur que la première. Un petit bémol par contre, provient du son, surtout lors des scènes se déroulant à l’extérieure. En dehors de cela, il n’y a rien à redire sur cette partie.

Au final, GoreGoyles: First Cut est une anthologie bien sympathique. Si les histoires racontées plus haut vous chantent, vous pourriez apprécier. À défaut de révolutionner le cinéma, GoreGoyles offre un bon divertissement.

  • William Le Blanc

  • Goregoyles 2 (2007)

  • Creepshow (1982)
  • Black Sabbath (1963)

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