GOTH KILL

2009

RÉALISATION: JJ Connelly
SCÉNARIO: JJ Connelly
AVEC: Flambeaux, Erica Giovinazzo, Eve Blackwater, Julie Saad et Michael Day

Le cinéma fantastique est un genre qui produit un nombre impressionnant de films indépendants. Chaque mois amène son lot de direct-to-dvd à petit budget, de série B ou Z, de navets ou de surprenantes découvertes (vous seriez étonné de savoir combien de films d'horreur sortent en DVD chaque année) grâce à des compagnies de productions et de distributions comme Brain Damage, SRS, Troma, VVS et, fondée plus récemment, Wild Eye Releasing (Blitzkrieg: Escape From Stalag 69, The Bloody Ape). Le premier film de JJ Connelly, Goth Kill, vient de paraître sur DVD, une gracieuseté de Wild Eye, et il allie très bien les deux facettes que j'aime le plus dans un film d'horreur à petit budget (mais qu'on retrouve rarement dans le même film): on fait de belles découvertes autant techniques que scénaristiques et, malheureusement parfois, on ne peut s'empêcher de rire tellement certains extraits sont mal foutus.

Goth Kill nous raconte l'histoire de Nicholas Dread (brillamment interprété par Flambeaux), un prêtre catholique, à l'époque de l'Inquisition, qui constate que lui et ses confrères brûlent des innocentes perçues à tort comme des sorcières. Lorsqu'il tente de faire quelque chose pour empêcher les mises-à-mort, ses supérieurs décident de le mettre au bûcher en compagnie de deux femmes dont il a forcé la confession à coups de fouet. Avant de mourir, Dread renie Dieu et fait un pacte avec Satan: il reviendra constamment sur Terre pour tuer 100 000 âmes corrompues pour ensuite avoir droit à son Royaume en Enfer. Maintenant, au 21e siècle, à New-york, Dread revient pour terminer le travail (il ne lui reste que quelques âmes à prendre). Quoi de mieux qu'un bar de Gothiques où la Scorpion Society (une bande d'aspirants-vampires) donne une soirée pour enfin atteindre le chiffre magique de 100 000 victimes sur lesquelles il pourra règner dans son nouveau Royaume infernal.

Je me dois de vous répéter avant toute chose que le long-métrage de JJ Connelly en est un avec un très très très maigre budget. Comme il arrive souvent dans ce genre de production, les acteurs, hormis Flambeaux, sont tous extrêmement mauvais et peu crédibles. Les figurants n'ont pas l'air très à l'aise devant une caméra et ne savent pas trop comment bouger ni où se placer. On s'aperçoit très vite aussi que les Gothiques ont été choisis pour leur look et non pour leurs talents de comédiens: surtout quand ils nous miment l'étonnement ou débitent leurs répliques d'un ton mécanique. Par contre, Flambeaux, un performeur New-Yorkais cracheur de feu, qui tient le rôle principal de Nick Dread, porte littéralement le film sur ses épaules. Il dégage un charisme incroyable et réussit à rendre intéressant ses longs monologues grâce à sa verve et son petit côté sarcastique. Son personnage s'occupe de faire la narration du récit et il est très souvent seul à l'écran, alors si l'acteur avait été aussi horrible que les autres, il m'aurait été impossible de regarder le film jusqu'à la fin - même si le scénario tient bien la route.

JJ Connelly, malgré ses modestes moyens monétaires et ses acteurs médiocres, est arrivé à crée un film qui se déroule à bon rythme et qui maintient notre intérêt jusqu'à la fin sans jamais nous ennuyer. Les scènes se déroulant durant l'Inquisition ne souffrent même pas du manque de budget et, chose incroyable, sont très réalistes. Connelly, avec l'utilisation astucieuse du feu dans plusieurs séquences, créer des effets visuels intéressants. Le bar Gothique est aussi une autre réussite du long-métrage: il s'y dégage une ambiance glauque où s'entremêlent filles nues, musique assourdissante, cracheurs de feu, magicien et des costumes Goths de tous les styles. La réalisation très bien maîtrisée de Connelly lorsqu'il s'agit de montrer l'atmosphère sombre des clubs gothiques n'a rien à envier à de plus grosses productions comme Shadow Hours. L'autre point fort de Goth Kill est la musique de Lyris Hung qui, toujours bien placée et très entraînante, vient souvent nous faire oublier le jeu pathétique des apprentis acteurs.

Par contre, ce qui nuit le plus au film, outre les comédiens, ce sont les effets spéciaux. Ouch! Goth Kill essaie d'être un film ultra gore, mais tout ce qu'il est capable de nous offrir c'est du sang sur les murs ou sur les victimes (si seulement l'hémoglobine avait l'air vrai). Les scènes de meurtres lors du carnage final sont tout simplement ridicules: un petit coup de couteau en plastique ici et là, un peu de sang et la mort. Le film contient aussi une des pires scènes de combat de l'histoire du cinéma: quand les pieds et les poings terminent leur trajectoire à plus d'un mètre du visage, S.V.P. ne pas faire semblant d'avoir été atteint!!! Si le film ne se prenait pas autant au sérieux de telles faiblesses auraient pu paraître désirées comme dans des productions thrash à la Troma.

Pour un film avec un aussi maigre budget, je trouve que Goth Kill est plus près de la réussite que de l'échec et démontre en JJ Connelly un certain potentiel à suivre si jamais on lui fournit plus d'un acteur comme Flambeaux et des experts en effets spéciaux plus imaginatifs.

  • Dominic Gagné

  • • Satanic Sluts (2007)
    • Satanic Sluts II: The Black Masses (2007)

     

     
     


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