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GRAVE ENCOUNTERS
2011
RÉALISATION: The Vicious Brothers
SCÉNARIO: The Vicious Brothers
AVEC: Sean Rogerson, Juan Riedinger, Ashleigh Gryzko, Mackenzie Gray et Merwin Mondesir
Nous avons tous déjà jeté un œil, avec un intérêt plus ou moins marqué selon le sérieux que nous accordons à la chose, aux téléséries du type TAPS. Personnellement, je n’y crois pas une seule seconde et c’est pourquoi j’aime user de toutes les opportunités qui permettent de cracher mon fiel sur ces shows dans lesquels des plombiers de formation sont parvenus d'une obscure manière à faire transmuter leur métier en une montagne de billets et de reconnaissance. Les gars de TAPS ne réussiront d’ailleurs jamais vraiment, et c’est la seule chose sur laquelle vous pouvez réellement compter, à prouver l’existence des esprits. Un son compromettant aurait été enregistré par l’équipe? Ah non, voilà que le logiciel iTUNES de nos professionnels de la chasse aux fantômes fait de siennes et supprime la seule pièce à conviction…
On me reprochera sans doute mon absence d’ouverture d’esprit (!) mais comment, de toute façon, argumenter dans un débat où aucun point de vue tangible ne peut être développé? Ce que j’adorerais par-dessus tout, néanmoins, c’est de voir les types de The Atlantic Paranormal Society être un jour ou l’autre victimes de leur propre jeu et crever aux mains d’esprits sadiques qui hanteraient véritablement l'un des lieux qu’ils visitent. Mes prières semblent avoir été entendues par The Vicious Brothers, un duo de cinéastes n’ayant rien à envier aux bouchers du même nom et qui nous servent aujourd’hui un Grave Encounters jouant sur cette exacte prémisse.
Lance Preston et son équipe sont des bonimenteurs de grande expérience qui tentent de vendre au câble une série télévisée capitalisant sur un concept aussi populaire que payant à notre époque : la chasse aux présences ectoplasmiques dans des lieux supposément hantés. Lui et quatre collègues investissent donc les lieux les plus lugubres possibles et, faute de rencontrer de véritables phénomènes paranormaux, paient pour obtenir de fausses histoires en plus d’installer des effets spéciaux de leur crû afin de captiver l’audimat pendant leur émission. Ainsi, le 6e épisode de leur show aura lieu dans un asile désaffecté supposément occupé par une multitude de gens décédés, allant d’ex-patients morts dans l’hôpital jusqu’au fantôme d'un chirurgien malade et expert en lobotomie qui aurait été assassiné par des internés. Lance mènera sa barque comme un chef jusqu’à ce que, bien entendu, son petit jeu se retourne contre lui sous l’œil attentif des caméras de l’équipe et que la nuitée de tout le monde vire au véritable cauchemar…
Lorsque Paranormal Activity, film qui servit de mentor à toute une nouvelle fournée de projets du genre, fut acquis par le géant Paramount et bénéficia du même coup d’une vaste sortie par le monde, il suscita des critiques situées à des kilomètres les unes des autres. Certains encensèrent le projet à l’infini alors que d’autres vomirent leurs tripes sur le petit film indépendant. Toujours aussi habile dans ses propos, le grand manitou d’Horreur-Web Dany Champagne rétorqua brillamment aux détracteurs, certains allant jusqu’à accuser le film d’être une honte pour le cinéma d’Israël (!). « Paranormal Activity n’est rien de plus qu’une version filmée de votre traditionnel manège de maison hantée », avait-il alors affirmé. Vous l’aurez deviné, je ne pouvais pas réellement dire mieux dans le cas de Grave Encounters.
Si Paranormal Activity joue sur la corde « C’est arrivé près de chez vous », Grave Encounters privilégie une approche beaucoup plus tranchée et surréaliste. Les effets minimalistes vous rebutent? Vous ne vous êtes pas trompés de porte. Grave Encounters ne réinvente pas le film de fantômes, mais son approche à la caméra épaule donne un cachet sérieusement réaliste et effrayant à des scènes à frissons pourtant assez classiques. L’histoire utilise à bon escient la perte de repères physiques et temporels ainsi que la folie. Ce qui sauve d’ailleurs le film d’une progression trop irrationnelle pour être amusante, c’est la vision entièrement neutre des caméras de l’équipe. Des gens d’ailleurs tous très convaincants dans leurs rôles.
Bien entendu, l’histoire de ce genre de films est particulièrement morcelée et les informations ne nous parviendront ainsi que par brides décousues. Je ne crois pas que cela soit excessivement dramatique, puisque Grave Encounters préfère carrément nous prendre aux tripes dans cet asile glauque que de développer une idée scénaristique qui, de toute façon, tomberait probablement dans le déjà vu. C’est un long métrage au pur concentré de terreur qui se subit difficilement les lumières fermées tant l’ambiance est angoissante et poisseuse. Demeurant toujours un film d’horreur très premier degré, Grave Encounters nous balance des effets spéciaux menaçants qui vont en s’accentuant, devenant de plus en plus délirants jusqu’à un final qui ne va pas sans évoquer REC.
Décidemment, Grave Encounters va compter parmi ceux auxquels on adhère ou pas. Il est difficile de promettre un quelconque divertissement, puisque si le film ne parvient pas à vous prendre au coeur il aura peu d’autres choses à vous offrir. D’un point de vue personnel, j’ai beaucoup aimé la frousse procurée. C’est à mon avis l’un des films d’épouvante les plus efficaces de l’année. Une sortie DVD parfaite pour la semaine de l’Halloween, donc.



• Session 9 (2001)
• Yellowbrickroad (2011)
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