GRIZZLY RAGE

2007

RÉALISATION: David DeCoteau
SCÉNARIO: Arne Olsen
AVEC: Tyle Hoechlin, Graham Kosakoski, Brody Harms, Kate Todd et Koda l’ours

La réputation de David DeCoteau n’est plus à faire, elle devrait même être plutôt refaite. Reconnu pour ses films plus où moins de qualités et ses longs métrages à thème homosexuel, DeCoteau a tout de même réussi à tourner plus de cinquante films au cours de sa longue carrière. Grizzly Rage est son dernier opus et non le moindre.

En route pour fêter leur graduation, quatre amis décident de s’arrêter illégalement dans un parc pour conduire leur 4X4 comme des mongoles. Malheureusement, ils frappent de plein fouet un bébé ours et le tue sur le champ. Boucle d’Or et ses trois amis devront faire attention, Maman ours ne leur laissera pas le temps de s’asseoir dans sa chaise, de manger son bol de soupe ni de coucher dans son lit car son bambin est mort et elle est en tabar…

L’idée de base de Grizzly Rage est intéressante. Dans les mains d’un réalisateur talentueux, le film aurait pu devenir Jaws, mais dans le bois. Cependant, on à faire à David DeCoteau et à un scénario complètement ridicule écrit par un mec qui ne s’est décidément pas renseigné sur le comportement des ours. À regarder comment son ours réagit, il semble s’être plus basé sur le comportement d’un lutteur plutôt que d’écouter le National Géographic. L’ours commence à se battre avec les humains en les « garochant » partout dans les arbres, comme un lutteur qui en lance un autre dans les cordes. Je m’attendais presque à voir un autre ours arriver et claquer la patte de l’autre pour prendre sa place!

De plus, son scénario sent le réchauffé à plein nez. Dans le cadre de mon travail, je dois utiliser ce qu’on appel un « template », c'est-à-dire une lettre déjà toute fait d’avance. Quand on doit envoyer un document à quelqu’un, on n’a qu’à prendre le « template » désiré et seulement changer les noms et adresses. Lorsque j’ai regardé le film, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’Arne Olsen a utilisé le même procédé. À force de voir des films de mauvaises qualités, je me rends compte que les scénarios et les dialogues se ressemblent tous! Sans exception! J’entends très souvent les mêmes répliques et remarques dites par les personnages. Alors je suis persuadé qu’Olsen a pris le « template » minable de base d’Hollywood, a changé les noms des personnages et gardé les mêmes dialogues ridicules, peu originaux et sans saveur que l’on peut entendre dans la majorité des films de ce genre.

Tout ceux qui ont déjà vu un film de DeCoteau savent qu’il n’est pas le réalisateur le plus talentueux en ville. Parfois, ses projets réussissent à mieux passer avec un certain charme, mais pas celui-ci. Avec Grizzly Rage, DeCoteau semble mélangé. D’abord, durant deux ou trois scènes, il se met à utiliser une chanson comme musique de fond. Habituellement, ce procéder est utilisé pour une scène de montage, de danse, une introduction etc… . Cependant, DeCoteau en insère pendant une scène de course et une où les survivants remonte leur camion en haut d’une côte. Mais l’effet que cela produit est vraiment trop bizarre et les dialogues des personnages enterrent la chanson ou le contraire.

De plus, à mesure que le film avance, DeCoteau plonge dans une cacophonie visuelle. Vers la fin, alors qu’il ne reste que deux survivants, ceux-ci se mettent à se cacher de l’ours dans la forêt et dans une cabane abandonnée. Mais, pour rajouter au drame, il se met à pleuvoir et des éclairs tombent de partout. Cette scène, qui dure un bon 10 minutes au moins, ressemble à un film projeté dans une salle sous un stroboscope. Donc à fortement éviter si vous êtes épileptique. Mais le comble, c’est que le seul mec qui a survécu jusqu'à maintenant se met à se prendre pour Arnold Schwarzenegger dans Predator. Le personnage se met torse nu et à boxer (je te reconnais bien là DeCoteau!) et commence à combattre l’ours avec des pièges fait en bois.

Et ceux qui s’attendent à voir un ours déchiqueter de la viande humaine à grand coups de pattes, seront déçus. DeCoteau, pour chaque scène de meurtre, décide plutôt de tout nous cacher et lance du sang CGI dans la camera, un peu à la façon de House of the Dead (le jeu, pas le film!) lorsqu’on est blesser. Alors on voit que dalle!

Terriblement décevant, Grizzly Rage ne contentera personne. Si vous voulez avoir votre dose d’ours, je vous conseille plutôt les biscuits en forme de pattes d’ours à la mêlasse. Ça coûte moins cher et ça laisse un meilleur goût dans la bouche après avoir fini.

  • Dominic Paulhus

  • Jaws (1975)
  • Trees (2000)

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