GUTTERBALLS

2008

RÉALISATION: Ryan Nicholson
SCÉNARIO: Ryan Nicholson
AVEC: Alastair Gamble, Mihola Terzic, Nathan Witte, Candice Lewald et Dan Ellis

Dans mon ultime but de dégoter LE film d’horreur qui me fera frissonner comme jamais un autre l’a fait, j’ai croisé Gutterballs. Quel divertissement! Je dois avouer que je n’ai pas ressenti la moindre peur mais que je me suis bien amusé. Ryan Nicholson (Live Feed) offre au public cinéphile un humoristique hommage aux slashers films. Même si le genre semble avoir perdu de l’intérêt depuis les années 80 (on peut facilement oublier le regain Scream, I Know What You Did Last Summer, Urban Legend), le cinéaste a décider de tenter le tout pour le tout probablement parce qu’il est lui-même un fan invétéré de ce genre cinématographique. L’étant incontestablement moi-même, je n’ai pu que savourer les détails qui font de Gutterballs un hommage réussi.

L’histoire se déroule dans un centre de divertissement alliant tables de pool et allées de quilles. Ce qui apporte un côté très kitsch et vieillot aux décors. Deux groupes de jeunes se retrouvent pratiquement à tous les soirs dans ce lieu afin de disputer une partie de quilles. Leur jeu tourne souvent au vinaigre et des confrontations violentes éclatent. Cette rivalité mène, étrangement, un des groupes à violer une fille du camp adverse. Suite à cet événement, un meurtrier se faisant appeler BBK séquestre les deux gangs et tue un à un leurs membres de façon complètement loufoque.

Sur le dvd on peut lire : « Ten of the most bizarre murders you will ever see ». Je vous certifie que c’est vrai et que le bizarre tombe souvent dans le cocasse. Nicholson ne manque aucunement d’imagination et tous les éléments d’un bowling sont utilisables afin de tuer quelqu’un. Par exemple, une tête qui se fait écraser entre deux boules de quilles ou le gars qui se fait « waxer » la face dans une machine à cire chaude. À en mourir de rire! Le générique de début annonce déjà le ton du film. On voit le meurtrier préparer ses armes, entre autre des nunchaku-quilles. Mais le summum c’est le dernier plan où il enfile enfin son masque…un sac de boules de bowling.

J’aime bien l’idée d’un hommage qui se rapproche d’une parodie. Les personnages en soi sont très stéréotypés : un travesti, un noir, une pitoune, un mauvais garçon, une punkette, un intello, un sportif, un rockeur… vous pouvez facilement continuer la liste! Tous les clichés du cinéma d’horreur sont au rendez-vous. Des scènes de sexe comportant de la nudité crue suivie de scènes de gore très réalistes qui ne se veulent pas du tout implicites, il y en a une panoplie. La musique tout droit sortie d’une cassette des années 80 est un pur délice et rajoute du punch à l’ambiance rétro.

Malheureusement, le côté technique n’est pas à son meilleur. Je dois dire que le tout passe tout de même bien pour le commun des mortels, mais les plus connaisseurs décrocheront assurément. Sans entrer dans les détails insipides, je dirais que la grosse erreur se retrouve au niveau sonore. L’enregistrement des voix et des sons ambiants est complètement raté. On manque parfois des dialogues car ils sont trop faibles, les voix semblent provenir de loin et le tout n’est pas toujours parfaitement synchronisé. Du matériel de qualité est toujours un investissement important. C’est réellement dommage parce que certains effets travaillés auraient pu être excellents.

Sans cette embardée, Gutterballs aurait comblé toutes mes attentes. Il reste tout de même que mon besoin numéro un, me divertir, a grandement été satisfait. Ryan Nicholson est sur une bonne voie. Même s’il est surtout connu pour ses exploits en effets spéciaux, je l’encourage fortement à continuer la réalisation et la scénarisation. Il est certain que je visionnerai son prochain film. Le DVD du film est disponible sur la page principal du distributeur Plotdigger Films.

  • MaryBel Gervais

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  • Shaun of the Dead (2004)

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