THE HAMILTONS

2006

RÉALISATION: Mitchell Altieri et Phil Flores
SCÉNARIO: Phil Flores, Mitchell Altieri et Adam Weis
AVEC: Cory Knauf, Samuel Child, Joseph McKeelher, Mackenzie Firgens, Jena Hunt

Avant d’imposer à l’humanité leur remake impertinent et exécrable d’April Fool’s Day (ça n’engage que moi) ou le bipolaire The Violent Kind, les Butcher Brothers lançaient leur carrière avec The Hamiltons. À la vue des deux titres que je viens de mentionner, on peut légitimement douter de la pertinence ou de la qualité de ce premier film. Les frères Bouchers (Phil Flores et Mitchell Alteri) nous ont rapidement habitués à des scénarios qui tirent dans tous les sens, résultats de tentatives maladroites à mêler le maximum d’influences dans des produits qui traînent de la patte. Est-ce que la première œuvre du duo me fera violemment ravaler mes paroles ?

À la mort de leurs parents, les frères et sœurs de la famille Hamilton doivent composer avec une nouvelle réalité. Alors qu’ils emménagent dans une demeure au cœur de la banlieue, chacun s’adapte du mieux qu’il le peut. David, l’aîné, travaille comme un dingue pour subvenir aux besoins de tous. Wendell et Darlene, jumeaux, vivent de manière oisive et font preuve de beaucoup de cynisme. Et puis il y a Francis, le plus jeune, qui tente de s’éloigner quelque peu du clan. Il n’est pas fait du même bois que les autres et, surtout, il n’a pas les mêmes pulsions meurtrières…

De mon point de vue, The Hamiltons est le meilleur film des Butcher Brothers jusqu’à présent. Cela ne signifie pas pour autant que l’on se trouve devant une gemme cinématographique ! Seulement, ce projet réussit à aller en ligne droite du début à la fin, ce qui est salvateur après s’être perdus dans les milles détours sans saveur qui composent les films suivants du duo. The Hamiltons offre au public une famille d’antihéros plutôt intéressants, dont les diverses actions sont tantôt discutables, tantôt assez émouvantes. La famille tente de se tenir debout au cœur de la tempête et on apprend graduellement à les apprécier. Samuel Child (David) est nettement celui qui se démarque le plus, incarnant un personnage aux lourdes responsabilités, très ambivalent et refoulé.

Par contre, The Hamiltons possède un débit plutôt lent. Il s’agit d’un film qui aurait gagné à devenir le segment d’une anthologie, à l’image des histoires présentes sur Creepshow ou Trick R’ Treat. À mon sens, densifier ce film aurait pu contribuer à augmenter son impact. Et ce, surtout lorsque l’on sait que le scénario mise énormément sur sa finale !

Les scènes de meurtre du film sont uniquement suggérées et baignent souvent dans une ambiance rappelant l’influence favorite des Butcher, soit The Texas Chain Saw Massacre. Ce n’est pas particulièrement positif, puisque les émules de TCM sont légions et que rares sont ceux qui arrivent à la cheville du film de Tobe Hooper. The Hamiltons est plutôt à voir pour les tribulations de Francis, qui tente de définir sa propre identité à-travers tout ce bazar. Cela est en lien direct avec une finale forte et très intéressante, un twist qui fait la marque du film. Si l’on peut applaudir la surprise lorsqu’elle survient, elle aurait tout de même pu être mieux calculée. La réalité, c’est que The Hamiltons accumule les interrogations pour toute sa durée jusqu’à livrer ce revirement un peu tardif. On aurait aimé qu’il survienne plus tôt et découvrir ce qui se serait passé ensuite.

En sa qualité de premier film, The Hamiltons fait preuve d’un rendu technique appréciable. On est encore loin de la photographie d’un produit comme The Violent Kind, mais le style gothique et étouffant que priorisent les réalisateurs parvient à créer une ambiance de bonne qualité. Les scènes qui ne tentent pas de copier grossièrement TCM sont nettement les meilleures, montrant l’aptitude de Flores et Altieri à user d’un traitement scénaristique et technique intéressant ainsi qu’original.

Si The Hamiltons ne demeure après tout qu’un divertissement sympathique possédant certaines grandes tares, c’est aussi à mes yeux une façon pour les Butcher Brothers de se racheter des deux purges qu’ils ont livrées par la suite. Un film qui se laisse regarder, se concluant sur un twist final assez sympathique et qui rappelle l’un des quatre segments du Trick R’ Treat de Michael Dougherty. Je vous laisse deviner lequel !

  • Marc-Antoine Labonté

  • The Texas Chain Saw Massacre (1974)
    We Are What We Are (2010)

     

     
     


    Horreur Web © 2003-2011
    Création/rédaction: Dany Champagne • Graphisme: Daniel Bérard