HANNIBAL RISING

2007

RÉALISATION:Peter Webber
SCÉNARIO: Thomas Harris
AVEC: Gaspard Ulliel, Rhys Ifans, Dominic West, Li Gong et Aaron Thomas

Reconnu par l’institut de films Américains comme étant le vilain le plus mémorable de l’histoire du cinéma, Hannibal Lecter est rapidement devenu un icône de notre société grâce à The Silence Of The Lambs sorti en 1991. Alors qu’il recevait plusieurs questions sur le passé d’Hannibal dans des conférences, le producteur Dino de Laurentiis discute avec Thomas Harris de la possibilité d’écrire un préquel sur Hannibal. Le populaire auteur a non seulement concocté un nouveau roman, mais il a aussi simultanément écrit le scénario du film.

Pendant la deuxième guerre mondiale, les Lecter doivent quitter leur château familial pour se réfugier dans une petite cabane. Cependant, ils se font attaquer par surprise par les allemands. Seuls Hannibal et Mischa, sa petite sœur survivent. Malheureusement, les deux enfants se feront capturer par des S.S. et Mischa se fera assassiner. Maintenant devenu adolescent, Hannibal s’enfuit de son orphelinat pour aller rejoindre sa tante. Il apprendra à ses cotés les rudiments du bon goût et l’amour de la culture. Malgré sa nouvelle vie, son désir de vengeance pour la mort de sa petite sœur lui fera perdre l’esprit.

Alors que je croyais que la série d’Hannibal ne pourrait être plus décevante après la sortie du film Hannibal, je réalise maintenant que je me suis trompé. Le film en général est décevant, mais c’est la performance de Gaspard Ulliel qui jette de l’huile sur le feu. Alors qu’Anthony Hopkins livrait une performance nuancée, Gaspard joue son personnage avec des traits tracés au crayon gras. Hopkins donnait à Hannibal un charisme hypnotisant ainsi qu’une présence animale dangereuse. On ne pouvait faire autrement que d’être attiré vers lui tout en sachant que le calme de sa personne cachait une bête immonde et imprévisible. Ulliel est tout le contraire. Au lieu d’avoir l’air distingué, Hannibal semble ici concupiscent et vaniteux. Ulliel livre une performance constante de psychopathe dans laquelle il n’y a aucune subtilité. Vous savez, quand un acteur baisse la tête et lève les yeux pour avoir l’air méchant ? Et bien Gaspard doit passer la moitié du film à faire ce mouvement ou à sourire comme un niais pour montrer son côté sadique. Malheureusement, ses scènes émotives ne sont guère mieux. Alors qu’il doit démontrer que la relation entre Hannibal et sa tante est ambiguë, on ne le devine que par le scénario, car aucune chimie ni tension sexuelle n’est visible à l’écran.

En parlant du scénario, celui-ci est décevant. Il n’est pas aussi fin et magnifique que les films précèdent. Le plus gros problème c’est qu’il remplie plus ou moins sont mandat premier, qui est de nous en apprendre plus sur le pourquoi Hannibal est devenu ce personnage légendaire. Les moments clés sont soit éclipsés du film ou alors mal expliqués. D’abord, il y a les années qu’Hannibal passa entre le moment où il est sauvé des S.S. et celui où il se sauve de l’orphelinat. On voit Hannibal passer d’un petit garçon à un adolescent qui démontre déjà des tendances perverses. On aurait voulu le voir évoluer dans ce milieu, comprendre comment sa personnalité a changée, mais on ne voit rien de cela. On devine qu’Hannibal a prit goût au meurtre et au cannibalisme au fur et à mesure qu’il exerce sa vengeance, mais ça n’explique pas pourquoi il continua sur cette voie. Pour un film qui doit normalement répondre aux questions des fans, c'est-à-dire en apprendre plus sur ses motivations, la finale nous laisse sur notre faim.

Cependant, le film possède quand même de bons cotés. Les décors sont magnifiques et la performance de Rhys Ifans en S.S. est carrément jouissive. Par contre, ce sont les meurtres qui permettent au film de se mériter la note de passage. La majorité de ceux-ci sont originaux et sadiques. Explosion de tête, torture, noyade, décapitation sont au rendez-vous et j’en passe. Chaque scène de meurtre est un mélange de gore et de suggestion parfaitement balancé. Point de vu violence et sadisme, Peter Webber a réussi son boulot !

Alors que la série avait repris du poil de la bête avec Red Dragon, Hannibal Rising la fait retomber à un niveau plus bas qu’elle n’a jamais été. Pour les fans du personnage qu’est Hannibal, ce film est à déconseiller. Durant le visionnement, j’enrageais de voir Gaspard Ulliel ridiculiser ce personnage mythique.

  • Dominic Paulhus

  • Hannibal Lecter: Les Origines Du Mal (version française/Québec)

  • Manhunter (1986)
  • The Silence Of The Lambs (1991)
  • Hannibal (2001)
  • Red Dragon (2002)

  • Psycho 4: The Beginning (1990)
  • The Texas Chainsaw Massacre: The Beginning (2006)

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