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THE HAUNTING1963
RÉALISATION: Robert Wise "Vous pouvez ne pas croire aux fantômes, mais vous ne pouvez renier la terreur." Le slogan inscrit sur l'affiche de The Haunting ne pourrait être plus représentatif. Je n'ai pas vu un seul fantôme durant le film, mais cela ne m'a pas empêché d'avoir la trouille! Selon la légende, le manoir Hill serait hanté, et ce, depuis sa construction dans les années 1800. Voulant prouver l'existence des fantômes, le Dr. Markway invite trois personnes ayant déjà vécu des expériences paranormales à passer quelques jours au manoir. Selon lui, ces personnes sont plus aptes à attirer les fantômes en raison de leurs expériences passées. Ce que le docteur ignore, c'est que l'une de ses invitées, Eleanor, souffre d'un désordre psychologique. Le fait d'être présente dans le manoir l'effraie et la pousse à imaginer plein de choses, créant ainsi un climat de paranoïa parmi les invités. Eleanor imagine-t-elle ce qui lui arrive ou y a-t-il vraiment des forces supérieures qui contrôlent la demeure ??? Magnifiquement mis en scène par Robert Wise, The Haunting prouve à quel point la suggestion peut être beaucoup plus effrayante que la réalité. Pour son premier film d'horreur, Wise (West Side Story, Audrey Rose) démontre une dextérité certaine. Sa réalisation est sans faille et novatrice pour son temps. La caméra est constamment en mouvement, rappelant parfois le style qu'allait préconiser Sam Raimi pour The Evil Dead. Parfois, l'image semble nous proposer le point de vue d'un ou des fantômes, mais ce n'est jamais confirmé. Le réalisateur est un admirateur d'Alfred Hitchcock et ça se voit non seulement dans sa technique, mais aussi dans plusieurs plans hommages à Psycho. Le scénario, basé sur le livre The Haunting Of Hill House écrit par Shirley Jackson, est juste assez ambiguë pour mystifier le spectateur tout en le gardant intéressé au récit. La bande son occupe une grande importance dans l'application de l'atmosphère. Avec tous les bruits bizarres et les cris d'enfants, il est difficile de ne pas être intrigué par les secrets de la demeure. De plus, la trame musicale, composée par Humphrey Searle (!), est extrêmement angoissante. L'élément le plus réussi et le plus important du film est la mise en scène de la maladie mentale d'Eleanor. Julie Harris personnifie son personnage avec une folie extrêmement subtile. Il est très dommage que Harris soit méconnu du public, car c'est une excellente actrice qui aurait au moins dû se mériter une nomination aux Oscars. La folie d'Eleanor est représentée par ses pensées qui nous sont révélées. Au début, tout semble normal, puisque les pensées servent à faire évoluer le fil de l'histoire. Graduellement, la folie prend le dessus, et la paranoïa s'empare d'Eleanor. C'est vraiment un des personnages les plus intéressants que j'ai vus depuis un bon bout. J'ai aussi beaucoup aimé Theodora, interprétée par Claire Bloom. Celle-ci a un don de voyance assez puissant qui lui permet de lire dans les pensées des gens. Elle ne se gêne pas pour utiliser son pouvoir pour écoeurer Eleanor. Ça donne droit à de très bonnes confrontations. Classique de son temps, The Haunting demeure encore aujourd'hui un des meilleurs films de maison hantée. À voir ou à revoir absolument!
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