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THE HAUNTING
2009
RÉALISATION: Elio Quiroga
SCÉNARIO: Elio Quiroga
AVEC: Ana Torrent, Héctor Colomé, Francisco Boira, Francisco Casares et Jorge Casalduero
Les No-Do seraient, selon le film éponyme, les documentaires officiels présentés à la population lors de l’époque franquiste. Pour ceux qui l’ignorent, l’Espagne a accusé un retard important en termes de démocratie, ne vivant son premier suffrage universel qu’en 1977. Avant cela, on parle de dictature et de monarchie. De plus, sous le régime de Franco, un bon nombre de documentaires cachés auraient été tournés pour les élites politiques et religieuses. On aurait ainsi conservé sur pellicule, dans le plus grand secret, divers exorcismes et miracles catholiques.
The Haunting focalise donc sur cet aspect mystérieux et passionnant de la culture espagnole. Mais c’est bien tout ce qu’il y a d’intéressant dans cette critique, puisque le film est somme toute un produit bien fade. Rien de nouveau sous le ciel du film de fantômes ibérique…
Francesca emménage, en compagnie de son mari et de leurs deux enfants, dans une nouvelle demeure. La femme sort d’un long processus de rétablissement mental, traumatisée par une succession d’enfants mort-nés. Cela la rend particulièrement obsessive vis-à-vis leur jeune bébé, surtout quand des phénomènes étranges commencent à se produire dans leur maison. Le couple liera bientôt cela à une étrange histoire d’inquisition meurtrière s’étant déroulée chez eux sous la domination franquiste, et bénéficiera de l’aide d’un prêtre repentant pour tenter de venir à bout des ondes négatives…
No-Do, rebaptisé The Haunting pour convenir à une exploitation américaine exempte d’originalité, parvient difficilement à s’imposer comme œuvre à part entière. Le film semble uniquement être un amas patibulaire des clichés qui sont censés faire une bonne histoire d’esprits. On a donc droit, dans le désordre, à : un pseudo-twist d’une prévisibilité effarante, une femme dans le début de la quarantaine aux problèmes psychologiques et familiaux exacerbés ainsi qu’une enquête avare en rebondissements et en frissons ! Il n’y a définitivement rien d’inédit dans The Haunting. De par son absence presque totale d’éléments stressants ou effrayants, le film semble prendre la voie du drame à connotation surnaturelle. Mais peu importe le genre du métrage, il ne s’y passe pas grand-chose tout court. J’écris ce texte en contre-réaction directe à mon visionnement et pourtant, je peine déjà à ressasser ce que je viens de voir.
The Haunting, c’est quelques bruits sourds dans les murs pour effrayer une famille d’acteurs très peu marquants. Bien entendu, le mari n’entendra rien et traitera sa femme comme une cinglée pendant un bout de temps. The Haunting, c’est quelques vieux séniles au discours juste assez compréhensible pour qu’on saisisse que la protagoniste ferait bien mieux d’aller regarder directement à la cave au lieu d’attendre quarante minutes supplémentaires avant de saisir que les présences ectoplasmiques y sont probablement emmurées. The Haunting, c’est un dernier droit qui laisse décidément très froid, bardé d’une conclusion au mélodrame assez prononcé. N’en reste que l’idée de base était plutôt sympathique, et que toutes les séquences impliquant le clergé qui tente de planquer les énièmes horreurs auxquelles il a allègrement participé sont passionnantes. Héctor Colomé va d’ailleurs très bien s’en tirer dans son rôle de prêtre au lourd passé. C’en est presque surprenant.
Là ou le film espagnol s’est souvent démarqué par une maîtrise technique parfaite sur tous les points, The Haunting peine à garder la tête hors de l’eau. Tourné comme un téléfilm du dimanche, on pourra au moins lui concéder qu’un effort a été fait sur la photographie, bien qu’on soit loin des canons du genre tels que The Others ou The Orphanage. Cela est probablement dû à la réalisation endormie du réalisateur et scénariste Elio Quiroga. Mais aussi, et on l’assume, aux SFX risibles. Les esprits présents dans le film sont constitués, en alternance, de stock-shot minables et d’un CGI bas de gamme. Mais VRAIMENT bas de gamme. Tellement bas de gamme qu’on ne les voit que pendant des flashs d’une milliseconde, question de ne pas s’attarder sur de telles abominations visuelles.
Alors que ma curiosité avait été excitée par ce No-Do, je suis tombé de haut. Ce n’est pas particulièrement mauvais, mais par contre ça fait preuve d’une banalité exemplaire. Il n’y a rien à en retirer. Dans cette première cuvée du Fangoria Frightfest, j’en attends beaucoup plus d’un autre film de fantômes hispanique, soit le Fragile de Jaume Balaguero. À prioriser ! The Haunting n’est qu’un esprit passager, qui s’effrite déjà les mémoires et que l’on aura entièrement oublié dès demain.



• No-Do (Titre original/Espagne)


• The Orphanage (2007)
• The Devil’s Backbone (2001)
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