THE HAUNTING IN CONNECTICUT

2009

RÉALISATION:Peter Cornwell
SCÉNARIO: Adam Simon et Tim Metcalfe
AVEC: Virginia Madsen, Kyle Gallner, Elias Koteas, Amanda Crew et Martin Donovan

Alors que je recherchais des informations pour ma critique, je suis tombé sur les vrais événements sur lesquels ce film se base. Je dois dire que je suis quelque peu déçu que The Haunting in Connecticut ne se soit pas inspiré plus des supposés vrais événements, car le produit final aurait pu être beaucoup plus noir.

Le jeune Matt Campbell est atteint d’un cancer. L’hôpital qui le traite se trouvant à plusieurs heures des routes de chez lui, sa famille décide de louer une maison à proximité pour éviter à Matt de longues et pénibles heures de voyagement. Sa mère trouve ainsi une spacieuse et abordable maison qui semble trop belle pour être vraie. Mais les choses se gâtent lorsque Matt commence à avoir des visions cauchemardesques. Sont-elles dues au traitement contre son cancer ou est-ce la maison qui joue avec son esprit?

The Haunting in Connecticut souffre parfois de clichés redondants, mais il n’en reste pas moins que c’est un film très divertissant, malgré l’angoisse qu’il me faisait vivre en début de parcours. Lorsque la famille s’installe dans la maison, tout devient alors sujet à des sursauts, que ce soit une fenêtre qui se ferme, Matt qui prépare la table, sa petite sœur qui se mouche, son père qui pète, et ce, toujours accompagner d’effets sonores bruyants pour accentuer nos réactions. Dans un de ses textes, le fondateur bien-aimé d’Horreur-Web, Dany Champagne, a indiqué que le cellulaire tuait le cinéma d’horreur. Et bien, je vais en rajouter, les effets sonores à outrance tuent le cinéma d’horreur! Les effets sonores sont des éléments importants dans un film d’épouvante, cependant, il ne faut pas chercher à en abuser. Tout cela ne fait qu’exaspérer le spectateur en cherchant trop à faire peur, de façon souvent ridicule et pour rien. Personnellement, cela me fait encore plus enrager, car je déteste me faire dicter mes réactions. C’est un peu comme si le réalisateur était assis à mes côtés et qu’avec ses bruits, il me dirait : « Ok, là tu dois avoir peur! Parfait….maintenant…sursaute! C’est bien! Bon petit spectateur ». Pourquoi ne pas se servir de subtilité, comme dans certains classiques où le tueur nous est parfois montré, mais dans le fond du décor, mi caché et mi visible où seulement ceux qui sont attentifs et possèdent un œil de lynx peuvent remarquer ces petits détails. À mon avis, je trouve cela bien plus effrayant et talentueux.

Plus haut, je mentionnais que j’étais déçu que les événements du film ne soient pas plus basés sur ceux qui se sont apparemment réellement passés. La famille raconte qu’en fait, le jeune homme atteint du cancer aurait été affecté plus que ça par la maison, au point de devenir schizophrène et de tenter de violer sa cousine. Pire, même les parents y auraient goûté, la mère s’étant fait violer par un esprit et le père sodomisé par un autre fantôme (ou le même, ils ont droit d’être bi eux aussi!). Sans compter tous les abus physiques subits par la famille de la part d’esprits et de la maison. Mais en raison de la tendance de faire les films d’horreur pour les jeunes de treize ans et plus, les situations dépeintes dans le film sont beaucoup moins dramatiques qu’on ne le voudrait.

Mais bon, mis à part ma montée d’hormones, j’ai bien aimé ce petit film. Alors que le film avance, on oublie tous les petits défauts qui nous énervent et on se laisse entraîner dans ce récit. Une des raisons pour laquelle on se laisse bercer est le jeu incroyable des acteurs, que ce soit Virginia Madsen, Kyle Gallner ou Elias Koteas. L’intensité avec laquelle ils jouent leur rôle est impressionnante. De plus, à mesure que le récit avance, l’intensité du film augmente, jusqu’au point où les fantômes se réveillent et qu’ils attaquent les habitants plus sérieusement. C’est alors que le film prend vraiment son rythme et délivre.

The Haunting in Connecticut manque parfois d’horreur pure, mais certains de ses plans sont très réussis. À vrai dire, tout l’aspect à propos de ce qui s’est passé dans la maison avant et les flashbacks que Matt hallucine sont très réussis, même trop, car à la fin, on aurait aimé en voir peut-être un peu plus. Malgré ses effets sonores extrêmes, le réalisateur Peter Cornwell connaît bien le genre et instaure une ambiance sombre et macabre à son long métrage. Il ne plonge jamais son film dans le domaine du n’importe quoi ou de l’humour facile, désireux plutôt de rendre son œuvre réaliste et inquiétante.

Peter Cornwell a, sans aucun doute, trempé The Haunting in Connecticut dans une potion magique. Malgré ses défauts techniques, l’intensité générale du projet insuffle énormément de charisme et nous divertit. Ceux qui me diront qu’ils ont détesté ce film, je ne pourrais rien dire contre. Cependant, il parvient à toucher une corde en moi et je vous invite à vous laisser aller. Laissez-vous pénétrer par The Haunting in Connecticut.

  • Dominic Paulhus

  • • Malédiction Au Connecticut (version française/Québec)

     

    Poltergeist (1982)
    The Exorcism of Emily Rose (2005)

     

     
     


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