THE HAZING

2004

RÉALISATION: Rolfe Kanefsky
SCÉNARIO: Rolfe Kanefsky
AVEC: Nectar Rose, Tiffany Shepis, Parry Shen, Philip Andrew et Brad Dourif

Dans ma constante recherche du Saint-Graal des films d'horreur, je visionne chaque année une centaine de productions Direct-to-DVD à petits budgets en espérant un jour être récompensé pour toutes ces heures perdues à regarder plus souvent qu'autrement différentes formes de pourritures. En mettant ma dernière trouvaille, The Hazing, dans le lecteur DVD, je m'attendais encore une fois à, soit m'emmerder, m'endormir, mettre sur avance-rapide, mourir de honte ou, pire encore, arrêter le supplice avant la fin et regarder des infos-pub à la télé. Il faut dire qu'en survolant la feuille de route de son réalisateur, Rolfe Kanefsky, qui contient plusieurs comédie érotiques (Erotic Misadventures Of The Invisible Man, The Alien Files, Rod Steele 0014: You Only Live Until You Die): cela n'était guère encourageant.

Je m'attendais au pire alors que j'avais enfin entre les mains le meilleur film festif-dégoulinant (traduction libre de «splatter-fest») depuis Army of Darkness!!! The Hazing se révéla très vite être un film hommage, sans prétention, au cinéma d'horreur des années 80. Un film au scénario rempli de tous les clichés, stéréotypes et règles non-écrites qui ont fait la gloire et la renommée des films de cette décennie. Kanefsky, avec son scénario qui est un mélange entre The Evil Dead et Night of the Demons, ne cache pas ses influences, surtout celle très présente de Sam Raimi.

L'histoire de The Hazing n'a rien d'originale, mais contient tous les éléments d'un bon film d'épouvante. Une petite brochette d'universitaires (2 filles et 3 garçons) devront, pour réussir leur initiation et être admis dans une fraternité, ramasser une liste d'objets hétéroclites et passer la nuit dans une maison hantée où à eu lieu des meurtres sordides. Sur leur route, ils feront la rencontre d'un professeur en sciences occultes légèrement psychopate qui possède un livre pouvant ouvrir un portail donnant sur le monde des morts. Après avoir volé le livre et empalé le professeur qu'ils laisseront pour mort; ils tenteront de survivre emprisonnés dans la sinistre demeure alors que ce dernier, entre la vie et la mort à l'hôpital, reviendra sous forme d'esprit (à l'aide d'un sortilège contenu dans le livre démoniaque) prendre possession de l'un d'entre-eux pour leur faire passer la pire des nuits imaginables.

Dernièrement, plusieurs réalisateurs ont tenté de recréer cette atmosphère délirante des films d'horreurs des années 80. Aucun n'avait réussi aussi brillamment que Kanefsky (la plupart avait échoué); car, lui, rend hommage à un genre qu'il connaît bien en tant que fan et ne tente pas seulement d'imiter un style propre à cette période comme tant d'autres réalisateurs ont fait avant et après lui sans succès. Le scénario, même s'il reprend tous les clichés de ses prédécesseurs, ne souffre pas de son manque d'originalité. The Hazing regorge de tout ce qu'on aime dans un long-métrage fantastico-humoristique: des répliques truculentes à la Ash, de la nudité (et pas n'importe laquelle! Nectar Rose et Tiffany Shepis sont superbes), des personnages stéréotypés, des savants fous, un livre aux pouvoirs démoniaques, du sang à profusion, des gens possédés, du gore de qualité supérieure et des références à plusieurs films cultes... Bref, de quoi passer un foutu de bon moment; surtout que le rythme du film commence sur des chapeaux de roues et ne ralentit pas jusqu'à la scène finale.

Comme toute production à faible budget, le film à quand même quelques défauts: la photographie est parfois un peu brouillon, les plans un peu maladroits et la tension qu'on aimerait nous faire vivre tombe souvent à plat, mais l'ensemble du film est tellement festif et représente si bien l'époque maudite de la musique pop et de l'horreur-popcorn qu'on remarque à peine les maladresses de la réalisation. Même si The Hazing porte le lourd fardeau de la très présente influence de Raimi sur ses épaules (on a qu'à penser au livre des morts, à une partie du corps possédée, les plans de caméras subjectifs où la caméra est un esprit qui fonce sur son prochain hôte et même l'utilisation d'une photo de Bruce Campbell), Kanefsky arrive toutefois à nous démontrer sa touche personnelle grâce à ses scènes de meurtres absolument délirantes et d'une qualité irréprochable. Les effets spéciaux ultra-gore sont tous faits à la manière vieille-école (traduction libre de «old-school») et extrêmement bien réussis. Les scènes gores du film nous arrivent en pleine gueule comme le meilleur des sushis alors qu'on s'attendait à un vulgaire fish and chip. Un extrait en particulier, un cunnilingus mémorable où la langue de Roy (Jeremy Maxwell) est possédé du démon, est foutrement jouissif (pour utiliser un langage de convenance avec la scène), bidonnant et sanglant qu'il m'a rappelé pourquoi j'écoutais autant de films d'horreur de piètre qualité: pour avoir la chance à de très rares occasions de tomber sur des scènes aussi géniales!

Chose encore plus rare pour un film de série-B, les acteurs sont tous excellents, surtout le duo féminin formé de Nectar Rose et Tiffany Shepis qui prouve qu'une reine-du-cri (traduction libre de «scream-queen») peut aussi jouer son rôle avec assurance et faire plus qu'hurler de frayeur ainsi que nous montrer ses Seins-Graal... Brad Dourif, comme d'habitude, livre la marchandise et le jeune Parry Shen m'a agréablement surpris.

Pour tous les nostalgiques du cinéma d'épouvante des années 80 qui veulent retrouver, dans un film qui ne se prend pas au sérieux, tous les éléments essentiels d'une bonne comédie horrifique, je vous recommande fortement sans plus attendre de vous dégoter The Hazing, d'appeler vos amis, d'acheter de la bière et d'appuyer sur play pour que le party commence...

  • Dominic Gagné

  • Evil Dead 2: Dead By Dawn (1987)
    Night Of The Demons (1988)

     

     
     


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