HEADER
2006
RÉALISATION: Archibald Flancranstin
SCÉNARIO: Michael E. Kennedy & Edward Lee
AVEC: Jake Suffian, Elliot V. Kotek, Dick Mullaney, Jim Coope et John A. Locke
Voilà un titre qui depuis sa sortie a fait couler beaucoup d’encre. Considéré comme l’un des films d’horreur indépendants les plus excessifs des dernières années, j’ai attendu avec impatiente l’édition DVD de Synapse Films afin de juger par moi-même si Header est aussi extrême que l’on raconte.
Stewart Cummings (Jake Suffian) est un agent de l'ATF (l’équivalent de la GRC ici) blasé qui a du mal à gagner suffisamment d'argent pour couvrir les médicaments requis aux problèmes de santé de sa petite amie Kathy. Lorsque le coût des médicaments dépasse les gains de Stewart, il commence à transporter des stupéfiants pour un dealer local nommé Dutch dans le but de prolonger la vie de sa conjointe. Pendant ce temps, l’ex-prisonnier Travis Clyde Tuckton revient à la maison pour vivre avec son grand-père handicapé Jake Martin (Dick Mullaney), qui a vécu seul depuis que la mère de Travis a péri aux mains d'une famille rivale. Dans leur monde, les querelles entre familles sont présentes depuis des générations, et Jake Martin encourage vivement Travis à venger la mort de sa mère. On découvre alors que ces habitants de montagnes ont leur propre méthode de vengeance, une méthode qui requière les plus primitifs instincts de l’être humain…
Pour moi qui ne suis pas familier avec l’écrivain d’horreur Edward Lee, le terme « Header » ne me disait absolument rien. J’ai dû attendre, comme les autres non-initiés, la 18e minute de l’adaptation cinématographique pour enfin en comprendre le sens. D’ailleurs, si je dévoilais ce qu’est un « Header », je brûlerais l’unique véritable punch du film. Disons seulement que c’est une pratique réservée aux hommes puisque vous aurez besoin d’une victime, une perceuse et… une érection pour la pratiquer.
Je n’ai pas lu le livre duquel est tiré cette adaptation, il m’est donc impossible de les comparer. Ce qui me semble évident par contre, c’est que le jeune réalisateur/monteur/directeur photo Archibald Flancranstin a su tirer son épingle du jeu en choisissant d’adapter cette sordide histoire de vengeance en images. Peu de sujets son encore tabou lorsqu’on parle d’horreur, et c’est ce qui démarque Header du lot de films indépendants qui paraissent directement sur DVD. Flancranstin ne se cache pas d’avoir voulu attirer l’attention avec son sujet obscur et vicieux, c’est certainement ce qui m’a attiré vers son œuvre, mais Header semble en plus avoir été volontairement teinté d’humour noir, ce qui ajoute quelques authentiques sourires à l’expérience.
Comme la majorité des films de ce calibre, Header souffre de son très petit budget. Les acteurs ne sont visiblement pas tous professionnels et la fluidité des longs dialogues en prend un coup. Le rythme s’essouffle à maintes reprises, surtout quand les justifications sont uniquement expliquées en mots, sans le côté graphique auquel on pourrait s’attendre de ce genre de film. Les effets spéciaux sont quant à eux assez réussis, mais trop peu abondants. Une fois la surprise du « Header » découverte, le film n’offre malheureusement plus grand-chose à se mettre sous la dent.
Je me dois d’émettre un avertissement aux cœurs et âmes sensibles. Header renferme bel et bien un contenu malsain et pervers qui pourrait être difficile à soutenir pour certains. Malheureusement, l’audace du jeune réalisateur ne suffira pas créer un film dit « extrême » ou même de qualité.



• Murder-Set-Pieces (2004)
• Deranged (1974)
| |
|