RÉALISATION: Andrew van den Houten
SCÉNARIO: Steve Klausner et William M. Miller
AVEC: Olivia Hussey, Christopher Denham, William Atherton, Udo Kier et Dee Wallace Stone
Mes espérances pour Headspace étaient plutôt élevées. J’avais lu plusieurs bons commentaires, notamment un de Stuart Gordon (réalisateur de Re-Animator) et le film avait gagné un prix au festival de films d’horreur de New York. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai placé le DVD dans mon lecteur.
Alex Borden possède des capacités intellectuelles hors du commun. Cependant, plusieurs choses étranges surviennent et des meurtres sont commis dans son entourage. Apparemment, des monstres sortis d'on-ne-sait-où tuent des gens de son entourage. Aidé d’une psychanalyste qui le soigne gratuitement, Alex tente de faire le lien entre ces agressions et ses pouvoirs quasi-psychiques.
Headspace est le tout premier long-métrage d’Andrew van den Houten et, espérons-le, pas le dernier! Pour son premier film, le jeune réalisateur démontre un certain talent et un immense potentiel. Ses plans sont tous bien cadrés et il se soucie vraiment de chaque détail. Sur ce point, le générique du début est sublime. Mais côté réalisation, le seul bémol est que parfois, durant les scènes de dialogues, le réalisateur néglige d'y mettre de la vie. Ceci a pour effet de tourner légèrement le film vers le soap. Néanmoins, ce défaut est minime et le film compense par quelques scènes bien gores qui n’ont pas peur de faire gicler le sang!
De plus, l'histoire est très intéressante. Dans la première partie, nous ne sommes jamais sûrs de la direction que prend l'histoire mais on sent que le scénariste, lui, le sait alors on lui fait aveuglément confiance. Aussi, à l'aide de flashbacks, nous découvrons peu à peu le passé d’Alex et l’origine de ses pouvoirs, ce qui apporte une certaine profondeur et rend le film encore plus intriguant. Les revirements sont, pour la plupart, plutôt inattendus et le scénario est très songé. Et malgré quelques longueurs, le film n'est jamais ennuyant.
Alex Borden est un personnage également très intéressant. Il n’est jamais vraiment clair si ce que ce dernier voit est bien réel ou si tout cela se déroule dans sa tête. Comme mentionné plus haut, il possède des capacités intellectuelles hors du commun, qui rendrait Einstein vert de jalousie. Il réussit à passer toutes sortes de tests pratiquement impossibles. Quelqu’un capable de réciter un livre entier qu’il a parcouru en dix secondes, ça fait peur! Et malgré cela, Heaspace reste toujours crédible et ne tombe jamais dans le ridicule.
Les monstres, qu’on ne voit clairement que vers la fin, sont très réussis et n'ont rien à envier aux meilleures créations de Rick Baker (An American Werewolf In London). La scène où ils sont dévoilés est très efficace et pourrait devenir un classique du cinéma horrifique. La scène finale, quant à elle, laisse beaucoup de questions en suspend après le visionnement du film.
L’un des aspects les plus intéressants du film est son casting. Parmi les acteurs, on retrouve Olivia Hussey (Psycho IV: The Beginning, It, Black Christmas), William Atherton (Ghostbusters, Buried Alive), Mark Margolis (Dressed To Kill, The Pit And The Pendulum), Udo Kier (Flesh For Frankenstein, Suspiria) ainsi que la populaire scream-queen Dee Wallace-Stone qui a, entre autres, joué dans The Hills Have Eyes, The Howling, Cujo, Critters et The Frightners. Étrangement, ce sont Christopher Denham et Erick Kastel, les deux inconnus du groupe, qui sont les plus convaincants dans leurs rôles. La performance de Denham donne à Alex un air très perturbé. D’ailleurs, il me faisait un peu penser à un jeune Jeffrey Combs (Re-Animator).
Finalement, Headspace n’est peut-être pas le chef-d’œuvre que j’attendais, mais c’est un très bon film et je n’hésite pas à le conseiller à qui que ce soit. Pour les intéressés, le film est distribué par VVS Films en version française sous le titre Psychokinésie.