HELLRAISER

1987

RÉALISATION: Clive Barker
SCÉNARIO: Clive Barker
AVEC: Ashley Laurence, Andrew Robinson, Clare Higgins, Sean Chapman et Doug Bradley

Demon to some. Angel to others.

Avec une légion de fans et sept suites à son actif, Hellraiser est l’une des séries de films d’horreur les plus populaires chez les fans du genre, à mettre aux côtés des Texas Chainsaw Massacre, Halloween, Friday The 13th, A Nightmare On Elm Street et compagnie. Si on fait fit de la haute qualité de certains épisodes, l’une des raisons pour lesquelles cette série est aussi populaire est la présence de Pinhead, qui est un véritable icône du cinéma horrifique. En plus d’avoir une bonne influence sur la culture populaire (on n’a qu’à penser à la chanson Hellraiser d’Ozzy Osbourne et reprise par Motörhead), le boogeyman est tout aussi intéressant et effrayant que les méchants des films mentionnés plus haut et sa présence est souvent gage de succès.

Inspiré de la nouvelle The Hellbound Heart de Clive Barker, Hellraiser raconte l’histoire des Cénobites, des démons qu’il est possible d’invoquer grâce à une boîte mysérieuse. Lorsque Frank réussit à trouver la boîte en question et à en résoudre l’énigme, les Cénobites surgissent de l’Enfer. Frank se retrouve alors, pour leur plaisir, en Enfer, condamné à la torture éternel. Quelques temps plus tard, le frère de Frank, Larry, emmenage dans la maison de ce dernier. Lors du déménagement, il se couppe sur un vieux clou et se met à saigner abondemment. Quelques heures après, au même endroit, Frank revient de chez les morts… la peau et de nombreuses parties du corps en moins! Il demande alors à Julia, la femme de Larry qui était jadis sa maîtresse, de lui ramener des victimes car il a besoin de prendre des parties de leurs corps pour pouvoir recréer sa propre anatomie. Ce n’est qu’une question de temps avant que les Cénobites le retrouvent. Malheureusement pour elle, Kirsty, la fille de Larry, se verra mêlé contre son gré au conflit et devra choisir son clan…

Il est possible d’exceller dans plus d’un domaine. Clive Barker, en plus d’être un populaire écrivain fantastique, s’est avéré être un réalisateur maîtrisant parfaitement son art, malgré qu’il ne s’agissait ici que de son premier long-métrage. Hellraiser est un excellent film mélangeant à la perfection le fantastique et le gothique, le tout agrémenté d’une légère touche de grotesque et d’érotisme. Durant tout le long du film, la tension (horrifique ou parfois sexuelle) est constante, même lors de scènes plus anodines. Ceci pourrait être perçu comme étant des longueurs, mais ceux qui aiment les ambiances gothiques et oppressantes ne seront pas déçus. La maison dans laquelle se déroule l’histoire aide aussi énormément à cet effet. Même si celle-ci est immense, plusieurs plans sont faits de façon à ce que l’on se sente renfermé. La musique, qui est à la fois subtile et agressante (dans le bon sens) aide aussi beaucoup à cet effet. Les quelques scènes ayant lieu à l’extérieur nous permettent au moins de reprendre notre souffle et de décompresser un peu.

Même si plus d’un visonnement est conseillé afin d’être parfaitemenr réceptif à l’atmosphère qui se dégage du film et de l’apprécier à sa juste valeur, la violence et la beauté des effets visuels réussissent à marquer du premier coup! Les effets spéciaux, faits par Cliff Wallace (White Of The Eye, Waxwork, 28 Days Later), sont époustouflants et très réussis, surtout pour l’époque. Quelques trucages faits par ordinateur ont certes très mal vieillis, mais ils ne sont ni trop flagrants, ni trop présents. Par leur contraste avec les autres effets, ils leur donnent même plus de puissance, et ajoutent aussi un petit côté vieillot fort sympathique.

Pour ce qui est da la violence, la réalisation efficace de Barker, renforcée par un contexte sadomasochiste, réussit à atteindre les objectifs fixés deux fois plutôt qu’une! Les scènes de torture frappent fort et en choqueront plus d’un. Plusieurs scènes, tout comme plusieurs autres éléments du film, sont très efficaces, comme la résurrection de Frank ou la poursuite entre Kirsty et le Cénobite-scorpion. Et que dire de la finale? Étant digne des finales des meilleurs Friday The 13th ou A Nightmare On Elm Street, elle réussit à encore hausser la puissance du film. Doug Bradley, dans le rôle de Pinhead (qui ne s’appelait à l’époque que Lead Cenobite) est époustouflant. Son visage couvert d’épines est à la fois effrayant et hypnotisant. Ses trois acolytes parviennent aussi très bien à le seconder sans lui faire honte. Leur corps mutilé et leur costume de cuir contribuent très bien à leur donner un air malveillant et démoniaque. De son côté, Ashley Laurence, dans le rôle de Kirsty, possède beaucoup de charme.

En plus d’être pratiquement irréprochable côté réalisation, Hellraiser marque plusieurs bons points dans son scénario. Malgré un synopsis dur à résumer, l’histoire est facile à suivre, en plus d’être très intéressante et bien structurée. Barker prend aussi bien le temps de développer ses personnages, sans pour autant ennuyer son public. Les quelques histoires secondaires ont pour la plupart une utilité et ne prennent pas plus de place que nécessaire. Un point intéressant d’Hellraiser est que même après la finale, plusieurs questions demeurent, comme l’identité du clochard ou l’origine de la boîte.

Hellraiser est donc un classique dans son genre qui saura ravir tous ceux qui aiment le gothique et le fantastique. Pour ma part, je l’apprécie un peu plus à chaque fois que je le vois. Je trouve seulement dommage que Barker n’ait pas réalisé plus de films, car il démontre un talent énorme. Au moins, je peux me consoller avec les nombreuses suites.

Pour commémorer le 20e anniversaire de la sortie du film, Anchor Bay met sur le marché un nouveau DVD comprenant plusieurs documentaires et un nouveau tranfert.

  • William Le Blanc

  • Hellraiser, le pacte (Version française)

  • Hellbound : Hellraiser II (1988)
  • Hellraiser III : Hell On Earth (1992)
  • Hellraiser : Bloodline (1996)
  • Hellraiser : Inferno (2000)
  • Hellraiser : Hellseeker (2002)
  • Hellraiser : Deader (2005)
  • Hellraiser : Hellworld (2005)

  • Desecration (1999)
  • Possession (1981)

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