HELL’S GROUND

2007

RÉALISATION: Omar Khan
SCÉNARIO: Omar Khan
AVEC: Ashfaq Bhatti, Sultan Billa, Osman Khalid Butt, Rubya Chaudhry et Rooshanie Ejaz

L’idée préconçue sur le Pakistan est que c’est un pays en guerre, où la liberté d’expression est nulle, les femmes sont sujettes à des lois strictes et plein d’autres préjugés de ce genre. C’est donc avec stupéfaction que les gens apprennent que Hell’s Ground, un film d’horreur zombie/slasher, vient de ce pays d’Asie. On est bien loin du Bollywood!

Après avoir raconté des histoires à leurs parents, cinq amis étudiants (dont le sosie d’Orlando Bloom) se préparent à faire une virée pour assister à un concert rock. Décidant qu’ils allaient prendre un raccourci, leur vieux tacot tombe en panne d’essence en plein milieu de nulle part. C’est alors qu’ils se font attaquer à la fois par une horde de zombies et un maniaque armé d’un fléau géant.

Chocolat et beurre d’arachides, Bonnie et Clyde, horreur et web, voilà des duos qui se marient parfaitement. Ce qui est étonnant, c’est que deux des genres d’horreur populaires, zombies et slasher, ont rarement été mis ensemble dans le même film, mis à part quelques cas, comme les chapitres avancés de Friday The 13th. Il a donc fallu un réalisateur Pakistanais fan de films d’horreur pour penser à mélanger ces deux styles concrètement.

Cependant, alors que la première moitié du film est consacrée aux morts-vivants, le réalisateur Omar Khan semble oublier par la suite de continuer avec ces monstres. Pourtant, cette partie du film est très forte et sanglante. De plus, les zombies et l’histoire derrière leurs présences sont une critique sociale. Avec les guerres civiles qui se passent au Pakistan et la pollution qui s’y retrouve, Khan fait une parallèle entre la réalité et les zombies causés par cette pollution dans son film. Après avoir émis sont point, Khan oublie donc carrément cet élément de l’histoire, ce qui aurait non seulement pu rajouter de l’action au film, mais aussi lui permettre d’aller plus loin avec sa critique.

Donc, si la première moitié du film est consacrer aux morts-vivants, il est logique de se dire que l’autre moitié est un slasher pur et dur. Cette deuxième partie fait drôlement penser à un mélange entre Wrong Turn et The Texas Chain Saw Massacre (mais avec un fléau au lieu d’une scie mécanique). D’ailleurs, durant une des scènes, le tueur est en train de dépecer tranquillement le corps d’une de ses victimes, comme dans l’original et le remake de The Texas Chain Saw Massacre. De plus, Khan rajoute aux personnages du tueur une famille glauque et un vague background comme dans le film de Tobe Hooper, mais ne pousse pas l’élément plus loin. Il ne fait que s’en servir pour rajouter un peu de chair autour du personnage, sans plus. Malgré tout le talent démontré durant le côté slasher du film, il aurait été intéressant de rajouter les zombies. Ainsi, les survivants auraient dû survivre à la fois au maniaque et aux morts-vivants.

Le plus étonnant, est que je ne cesse de comparer ce film à des succès américains. Considérant que ce film est Pakistanais, il aurait été normal de supposer avoir à faire à un Bollywood horrifique, mais non. Khan semble avoir vu enormement de film d’horreur venant des États-unis (même un des personnages a décoré ses murs de posters horrifiques, tel que Maniac) et s’en inspire incroyablement pour créer une œuvre unique et reconnaissable à la fois. De plus, la réalisation toute américanisée en fait d’ailleurs une œuvre qui est accessible à tous!

Malgré qu’Omar Khan ne pousse pas toutes ses idées et ses éléments au maximum de leur potentiel, Hell’s Ground vaut amplement le détour, autant comme film d’horreur que comme un intriguant film venu d’un pays qui, semble-t-il, nous échappe encore et ne fait probablement commencer qu’a nous surprendre.

  • Dominic Paulhus

  • Zibahkhana (Titre original/Pakistan)

  • The Texas Chain Saw Massacre (1974)
  • Night of the Living Dead (1968)

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