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HENRY: PORTRAIT OF A SERIAL KILLER1990
RÉALISATION: John McNaughton John McNaughton a débuté sa carrière comme réalisateur de documentaires destinés à la télévision. Un jour, ses patrons lui ont donné 100 000$ en lui disant: "Réalise-nous un film d'horreur!". Tourné en 1985, Henry: Portrait Of A Serial Killer, n'a pas été distribué en salle avant 1990! Son mélange de cinéma-vérité et de violence a non seulement fait fuir plusieurs spectateurs, mais aussi les distributeurs. Le film a peut-être tardé à se faire connaître, mais aujourd'hui, il est considéré comme un des films d'horreur les plus réussis. Comme le laisse sous-entendre son titre, Henry dresse un portrait d'un dénommé Henry. On le voit à son travail, écouter la télévision, jouer aux cartes et étrangler une prostituée pour ensuite l'abandonner dans une ruelle! Aidé de son colocataire qu'il a rencontré en prison, Henry commet des meurtres sans aucun motif apparent. Lorsque Becky, la soeur de son coloc, vient habiter avec eux, Henry se met à avoir des sentiments pour elle. Ne sachant pas comment contrôler ses émotions, Henry s'évade une fois de plus dans les meurtres et la débauche. Inspiré des crimes de Henry Lee Lucas, Henry: Portrait Of A Serial Killer est un des meilleurs films de sa catégorie. Généralement, les films basés sur les méfaits de vrais tueurs en série (Dahmer, The Manson Family) sont ennuyants et manquent d'originalité. John McNaughton propose une approche documentaire à son histoire, tout en se permettant quelques touches stylisées. Le film débute avec une série de plans nous montrant des victimes de Henry quelques temps après leur décès. On dirait des mannequins qui posent pour la caméra, avec la seule différence qu'ils sont morts! C'est une excellente façon de mettre le spectateur mal à l’aise dès le départ! Henry: Portrait Of A Serial Killer n'est pas un film d'horreur typique. On a bien sûr droit une violence choc, mais ce qui m'a le plus marqué est la psychologie du personnage principal. Il y a presque plus d'horreur dans sa façon d'agir et dans ses paroles que dans la violence qu'il cause. La scène où Henry raconte la façon dont il a tué sa mère est assez traumatisante. Il commence par dire qu'il l'a poignardée à mort pour ensuite terminer son histoire en disant qu'il l'avait tirée avec un fusil. Même si je savais que ce n'était qu'un film, le tout me semblait extrêmement vrai. Il faut dire que Michael Rooker (The Dark Half), personnifiant Henry, donne une performance hors du commun. J'ai aussi beaucoup aimé que la musique soit très "film d'horreur classique", contrairement au film même qui ne l'est pas du tout. J'avais l'impression de regarder les nouvelles à TQS avec la musique de Halloween. Du côté de l'horreur graphique, McNaughton alterne entre des scènes de meurtres bouffonnes (le gars qui se fait briser une télé sur la tête) avec d'autres très réalistes (l'invasion à domicile). Cette technique sert à maintenir un sentiment d'inconfort chez le spectateur et c'est très réussi. Cette fameuse scène de l'invasion à domicile est une des plus réalistes que j'ai vues. De plus, la révélation finale de cette scène m'a jeté en bas de mon sofa. Malgré tout, j'aurais pensé que Henry: Portrait Of A Serial Killer allait être plus choquant qu'il ne l'est. Peut-être que c'est moi qui est devenu quelque peu blasé, mais je ne comprends pas que le film ait créé tant de controverses à sa sortie. Ça demeure un très bon film, mais disons que nous n'avons pas à faire à un Cannibal Holocaust en terme de choc. Le distributeur Dark Sky Films nous offre un excellent DVD double. En plus d'un transfert très réussi, nous avons droit à un commentaire audio du réalisateur, un documentaire sur le film et un autre sur la vie de Henry Lee Lucas. Offert à prix très raisonnable, ce DVD est idéal pour les fans et ceux qui voudraient se familiariser avec Henry: Portrait Of A Serial Killer. Film presque tabou, Henry: Portrait Of A Serial Killer est un regard hyper réaliste dans la psychée d'un meurtrier en série. Évitant les clichés habituels, le film de John McNaughton ne balance aucun jugement ni théorie bidon sur les actes de son personnage. Il se contente de nous montrer le tout à froid, sans aucune explication. Ça, c'est horrifique!
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