HENRY: PORTRAIT OF A SERIAL KILLER 2

1998

RÉALISATION: Chuck Parello
SCÉNARIO: Chuck Parello
AVEC: Neil Giuntoli, Rich Komenich, Kate Walsh, Carri Levinson et Daniel Allar

Il y a deux choses qui faisaient de Henry: Portrait Of A Serial Killer un excellent film: la réalisation au style documentaire de John McNaughton (Haeckel's Tale) et la prestation à glacer la sang de Michael Rooker (Slither). Puisque les deux hommes ne sont pas de retour pour la suite, il était permis de craindre le pire...

Itinérant depuis quelque temps, Henry réussit à se trouver un emploi dans une compagnie responsable de laver des toilettes portables. Il se lie d'amitié avec Kai, un de ses collègues qui lui offre de l'héberger chez lui. Kai fait découvrir à Henry son deuxième boulot qui consiste à mettre le feu à des édifices pour que leurs propriétaires puissent frauder les assurances. Puis, vient le tour d'Henry de faire découvrir son "deuxième emploi"! Si Kai semble prendre goût à tuer aléatoirement des gens, son plaisir change lorsque la folie d'Henry s'intensifie.

La simple idée de produire une suite au plus que culte Henry: Portrait Of A Serial Killer n'a aucun sens. Avec aucun des éléments importants du premier film de retour, c'est à se demander si les producteurs de cette suite ne visaient pas l'échec d'entrée de jeu! Si Henry 2 est "moins pire" qu'on pourrait se l'imaginer, cela n'empêche pas le film d'être ennuyeux. Le scénario a plus en commun avec un drame social parsemé de quelques scènes de meurtres, qu'un réel film d'horreur. Contrairement à son prédécesseur, Henry 2 n'a rien de malsain, de violent ou tout simplement d'intéressant à proposer aux spectateurs. De plus, son esthétisme trop travaillé l'empêche d'avoir un quelconque impact.

Contrairement à un Jason Voorhees qui va chercher son identité avec son masque, Henry est un personnage qui sera toujours associé aux traits physiques et à la performance de Michael Rooker. Ce dernier parvenait à rendre Henry effrayant et attachant en même temps. Son non-verbal et son regard éteint nous propulsaient directement dans la psyché de son personnage. Son remplaçant, Neil Giontoli (CSI) "fait la job" sans plus. Son Henry n'est pas effrayant ou menaçant. C'est juste un personnage un peu dérangé, personnifié par un acteur ordinaire.

Le film aurait pu fonctionner s'il avait adopté le style du slasher bien sanglant. Hélas, le réalisateur Chuck Parello (The Hillside Strangler, Ed Gein) tente une approche psychologique tant aux personnages qu'à l'histoire, mais son scénario n'a aucune substance pour pouvoir fournir dans cette catégorie! Ne reste plus que quelques scènes de meurtres, certes sympathiques, mais vachement tièdes, comparées à celles de l'original.

Après avoir mis sur le marché l'excellent DVD double de Henry: Portrait Of A Serial Killer, Dark Sky Films récidive avec un DVD plus que respectable pour un film qui ne méritait certes pas un tel traitement. Comme suppléments, on retrouve une piste de commentaires avec le réalisateur, un documentaire dans les coulisses de tournage d'une trentaine de minutes, des scènes supprimées et des bandes-annonces.

Si Henry: Portrait Of A Serial Killer pouvait se vanter d'être un portrait réaliste d'un tueur en série (tout est dans le titre!), Henry 2 n'est rien de plus qu'une pauvre suite créée pour bafouer les amateurs du premier opus. Sur ce point, je ne peux que dire: mission accomplie!!

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