Hershell Gordon Lewis: The Godfather Of Gore

HERSCHELL GORDON LEWIS:
THE GODFATHER OF GORE

2010

RÉALISATION: Frank Henenlotter et Jimmy Maslon
SCÉNARIO: Frank Henenlotter et Jimmy Maslon
AVEC: Herschell Gordon Lewis, David F. Friedman, Frank Henenlotter, John Waters et Joe Bob Briggs

Quand j’étais encore jeune garçon, je pigeais allègrement dans la bibliothèque VHS de mon père. Je me nourrissais de films de tous genres, mais mes préférés étaient (et sont encore!) ceux qui m’étaient prohibés. Dans cette zone interdite j’ai fais connaissance avec le thriller érotique, la science-fiction pour adulte, les films de gangsters et bien sur, l’horreur. Si A Nightmare On Elm Street fût l’événement déclencheur, ma soif d’horreur ne s’est concrétisée qu’à mon premier visionnement de Braindead par Peter Jackson, "The goriest fright film of all time". Je devenais un gorehound assoiffé d’entrailles. Je me suis alors plongé dans une frénétique quête de l’ultra sanglant, de l’abjecte et du mauvais goût afin d’étancher ma soif de Gore. Et qui dit Gore, dit Herschell Gordon Lewis. Le premier homme à avoir poussé la note assez loin pour inventer cette catégorie.

"The Godfather of Gore" est un titre honorifique qui a été attribué à au moins trois grands noms de l’horreur, soient : Herschell Gordon Lewis, Lucio Fulci et Tom Savini. Ne vous méprenez toutefois pas, le parrain original est (et restera toujours) H.G. Lewis. Dans le documentaire réalisé par Frank Henenlotter et Jimmy Maslon, plusieurs artistes et artisans respectés du cinéma de genre viennent raconter leurs anecdotes. Les souvenirs, les influences et la façon de voir le cinéma de John Waters, Frank Henenlotter, Joe Bob Briggs et bien d’autres s’y entremêlent pour livrer un produit fort divertissant.

Comme c’est le cas pour la majorité des documentaires sur le genre (Never Sleep Again, Halloween : 25 Years of Terror, His Name Was Jason…), Herschell Gordon Lewis : The Godfather of Gore est produit par des fans, pour les fans. Difficile donc de s’ennuyer, particulièrement si vous affectionnez le travail du bonhomme. Mais saviez vous qu’en révolutionnant l’horreur il y a près de 50 ans, le seul but d’H.G. Lewis était de faire fortune? En effet, monsieur Lewis est d’abord et avant tout un excellent stratège du marketing.

Les 25 premières minutes du documentaire (plutôt ennuyeuses) sont consacrées aux débuts cinématographiques de Lewis. À l’époque, le filon payant reposait dans les films de nudité innocents que l’on appelait "Nudie Cuties". Lewis et son associé David F. Friedman ont exploité cette recette durant quelques temps avant de se poser la question suivante : "Quel genre de film les grands studios n’oseraient pas faire, pouvant être projeté dans certaines salles où les gens paieraient tout de même pour voir?" La réponse réside dans Blood Feast. À partir de ce point, le documentaire déballe la carrière de Lewis telle que nous la glorifions, avec beaucoup de rythme et un brin de maladresse.

Blood Feast, Two Thousand Maniacs!, Color Me Blood Red, A Taste Of Blood, The Gruesome Twosome, She-Devils On Wheels, The Wizard Of Gore, The Gore Gore Girls… Ont tous droit à leurs anecdotes. Heureusement, on s’attarde davantage sur les titres les plus importants de la carrière de Lewis (Blood Feast et Two Thousand Maniacs!), avec des rétrospectives complètes et même, un retour dans le village de St-Cloud en Floride, où H.G. Lewis est accueilli comme un héro 46 ans après le tournage de Two thousand Maniacs! Par moments, certains souvenirs peuvent paraître moins intéressants, mais en général les interventions sont assez drôles et le rythme assez bon pour garder le sourire. (Notez l’anecdote sur l’amour de Lewis pour le poulet frit, et sa rencontre inusité avec le Colonel Sanders lors d’un tournage dans le stationnement d’un restaurant PFK.) Le documentaire n’est définitivement pas de la trempe de Never Sleep Again ou Video Nasties : Moral Panic, Censorship & Videotape mais reste tout de même indispensable à l’histoire de l’évolution de l’horreur.

Voilà, je dois ma passion pour l’horreur à ce monsieur. Cet homme d’affaire avide de profits pour qui l’horreur ne représente rien de plus qu’une belle opportunité de s’enrichir. Mais je suis loin de lui en vouloir. Ça prend un culot énorme pour osez faire ce qu’il a fait. Sans Herschell Gordon Lewis le sang ne serait pas aussi épais, les intestins aussi abondants et la nudité aussi facile. Merci pour tout Mr. Lewis. Longue vie au véritable parrain du Gore!

  • Robert Parent

  • Video Nasties : The Definitive Guide (2010)
    • Not Quite Hollywood: The Wild, Untold Story of Ozploitation! (2008)

     

     
     


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