HOBO WITH A SHOTGUN
2011
RÉALISATION: Jason Eisener
SCÉNARIO: Jason Eisener et John Davies
AVEC: Rutger Hauer, Molly Dunsworth, Gregory Smith, Nick Bateman et Brian Downey
J’ai vu bien des films d’horreur dans ma vie au cinéma. J’ai regardé des longs métrages encore plus dépravés à Fantasia. J’ai eu la chance de voir Hostel, Hostel 2, Hatchet 2, Street Trash et bien d’autres œuvres remplies de gore. Mais je dois dire que je n’ai jamais vu rien de plus décadent qu’Hobo With a Shotgun sur grand écran.
C’est l’histoire d’un clochard…avec un shotgun !
Ou si vous préférez, les aventures d’un clochard nouvellement arrivé à Hope City, une ville maitrisée de main de fer par Drake et ses deux fils, Slick et Ivan. Une ville ou la perversité est monnaie courante, ou les pédophiles, meurtriers et sadiques font la loi. Après avoir sauvé Abby sur le point de se faire violer par Slick, le clochard reçoit une leçon qui le changera à jamais. Il s’achètera un shotgun et nettoiera la ville des truands, une balle à la fois.
Hobo With a Shotgun est sans aucun doute ma plus belle surprise de 2011 jusqu'à maintenant. Ok, on est juste au mois de Mars, mais quand même ! Jamais je ne me serais attendu à avoir autant de plaisir avec ce film.
Hobo with a Shotgun rentre dans cette nouvelle catérogie qu’est l’hommage à Grindhouse, dans la même veine que Grindhouse, Drive Angry 3D et Machete. Seulement, je pense que Jason Eisener a mieux réussi à rendre son film esthétiquement « grindhouse » que les autres films mentionnés plus tôt. On s’aperçoit bien au cours du film qu'Eisener maitrise tellement bien sa caméra qu’il est capable d’abaisser son niveau d’excellence pour en faire un faux mauvais film.
D’ailleurs, point de vue technique, Hobo With a Shotgun m’a énormément fait penser à Street Strash, mais en plus… trash ( sans mauvais jeu de mots). Eisener utilise une panoplie de plans simples et une abondance de couleurs pour donner un look spécifique a son film. Bien des scènes sont carrément inondées par des couleurs « années 80 » telles que du rouge cramoisi et du mauve foncé pour créer une ambiance surnaturelle à son long métrage. Par moment, on a presque l’impression de regarder un giallo.
Parlant d’années 80, Hobo With a Shotgun possède l’une des meilleures bandes-son que j’ai entendues depuis des années. Personnellement, c’est rare que je remarque cet élément dans un film. Chaque année pour mon top cinq des musiques pour les Citrouilles d’Or, je choisi mes choix au hasard ou copie sur les autres tellement je m’en fou. Mais la musique de Hobo With A Shotgun est tellement savoureuse que je n’ai pas pu m’empêcher de la remarquer. Clairement inspirée par ce que John Carpenter a créé dans les années 80, la musique d’Hobo With a Shotgun vient carrément nous ensorceler et améliorer certaines scènes du film. Spécialement une scène qui se passe dans un hôpital, qui est, à mon avis, l’une des plus réussies du film. Et c’est tout un exploit quand on pense que le long métrage au complet est sublimement réalisé. En fait, même quelques scènes, dont la fin, font penser à Escape From New York et Escape From L.A de John Carpenter.
Avec Hobo With a Shotgun, Eisener a sans aucun doute surpassé sa scène d’explosion de tête de bébé comme un cantaloup du court métrage Treevenge à plusieurs reprises. Le film est particulièrement violent et gore. On voit nombre de têtes se faire exploser entre deux autos tamponneuses, un pied éclater sous un coup de marteau géant, un clochard se faire étriper par un bâton de baseball couvert de lame, des têtes arrachées et bien plus. Le film regorge de meurtres sanguinolents et imaginatifs. Il y a même quelques scènes assez audacieuses qui repoussent les limites du genre. Quelques scènes que l’on regarde en éclatant de rire pour ensuite réaliser ce qu’on vient de regarder et lancer un « oh » emplie de malaise. Sordide est le seul mot qui me vient à l’esprit pour décrire Hobo With a Shotgun.
Malgré tout, le film réussi toujours à garder son équilibre entre une violence extrêmement déplacée et un humour décapant. Le film est rempli de savoureuses répliques assez corrosives et de one-liners cheesy lancés par notre clochard bien aimé.
On dit souvent d’un acteur particulièrement excellent dans un rôle qu’il est né pour celui-ci. Pour ce qui est de Hutger Hauer, il est né pour Hobo with a Shotgun. Sa prestation est terriblement juste, réussissant à garder une aura de sérieux même en délivrant les lignes les plus farfelues. On en vient facilement à oublier qu’on regarde Hutger Hauer dans le rôle d’un clochard, Hauer devenant le personnage. Un exploit que bien peu d’acteurs connus sont capables de réaliser.
Jason Eisener n’a peut-être que ce film et le court métrage Treevenge a son actif, mais c’est clairement un des réalisateurs les plus talentueux de sa génération. Ses films sont synonymes de plaisirs et il semble être celui qui a le mieux compris l’esprit des grindhouses.



• Machete (2010)
• Drive Angry (2011)
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