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HOCUS POCUS
1993
RÉALISATION:Kenny Ortega
SCÉNARIO:Mick Garris et David Kirschner
AVEC: Bette Midler, Omri Katz, Sarah Jessica Parker, Kathy Najimi et Thora Birch
Lorsqu’on est témoin d’un évènement, qu’il nous arrive quelque chose ou que l’on découvre une œuvre pour la première fois, on ne peut jamais prévoir l’effet que cela aura sur nous. On peut être traumatisé, on peut s’en foutre complètement ou alors ça peut changer notre vie. C’est mon cas avec Hocus Pocus. Avec le recul, je suis persuadé que ce film est l’une des œuvres qui ont forgé mon amour du genre et qui m’ont mis sur le chemin d’Horreur-web.com/
Nouvellement arrivé à Salem, Max déteste l’endroit. Le soir d’Halloween, il doit accompagner sa petite sœur ramasser des bonbons et tombe sur Allison, la fille de ses rêves. Afin de l’impressionner, ils vont tous les trois dans le musée des sœurs Sanderson, trois sorcières tuées il y a trois cents ans. Malheureusement, en allumant la Chandelle à la Flamme Noire, un soir d’Halloween, avec une pleine lune et étant vierge, Max ressuscite les trois sœurs, qui devront faire une potion de jeunesse cette nuit, sinon, au lever du soleil, poussières elles deviendront.
Non seulement je garde un excellent souvenir du film, mais ma réécoute, dix-sept ans plus tard a confirmé mon affection pour l'oeuvre! Le film à très bien vieilli, avec un rythme toujours actuel et des effets simples, mais impressionnants. C’est d’ailleurs grâce en grande partie à Kenny Ortega qui nous livre une réalisation serrée, rythmée et amusante. À aucun moment le film ne tombe dans un marasme qui nous fait tomber dans un ennui. Sans jeu de mots, Hocus Pocus est un film rempli d’une petite magie spéciale, ce qui fait son succès. Même si c’est un film destiné à un jeune public, Ortega traite toujours son œuvre avec sérieux, jusqu'à nous montrer les pieds des trois sorcières pendues, image plutôt banale, mais qui frappe sur l’idée de la mort pour un enfant. Sans compter qu’on parle d’un film à propos de trois sorcières qui tuent des enfants et non qui les transforment en grenouille ou autre niaiserie.
Ortega a, de plus, définitivement une vision artistique intéressante. Plusieurs de ces plans sont magnifiques, penchant presque par moment à des toiles ou des photos fantastiques. Par exemple, alors que les trois sorcières montent sur leur balai pour la première fois, elles planent au-dessus du cimetière. La scène est centrée telle que l’on voit nos héros sur le sol, et les sorcières flottant en l’air, leurs robes secouées par le vent. Ou alors, lorsque nos sorcières meurent dans une explosion magique, on nous montre un plan parfaitement cadreé où l’on veut, subtilement dans les coins du haut deux nuages de poussière aux couleurs des deux sorcières. Digne d’une toile vendue dans le genre de boutique qui a des répliques d’épées, des boules magiques et des chandails de loup, ce qui se veut un compliment! De plus, j’adore comment Ortega met de la couleur partout dans le monde des sorcières, que ce soit durant leurs ressuscitations, leurs formules magiques ou lorsqu’elles explosent en petite fumée à la fin.
Ce qui ajoute d’ailleurs à la magie du film est tout l’aspect musical, qu’il soit évident ou subtil. La scène où les trois sorcières se rendent à une fête pour les parents fut marquée au fer rouge pendant longtemps dans ma mémoire. C’est alors que la succulente Bette Midler interprète sa version « I’ve Got a Spell On You ». Une chanson a double sens alors que son personnage envoute les adultes pour lui sacrer patience. Sinon, les dialogues prononcés par Bette Midler son également emplie de connotation musicale, que ce soit par rimes ou juste de la façon qu’ils sont dits par Mme. Midler. Ce n'est pas pour rien que par la suite, Kenny Ortega fut à la barre des trois High School Musical.
Dialogues qui, je dois l’admettre, sont exceptionnelles, surtout qu’ils ont été en partie écrit par Mick Garris (Sleepwalkers, The Stand), qui est à moi ce que le Joker est à Batman, mon ennemi juré. À part ce film et la création de la série Masters of Horror, je suis loin de triper sur ce qu’il à fait dans sa carrière. Mais ici, chapeau! Le scénario est bourré de blagues, de répliques succulentes et de quelques phrases subtiles clairement destinées à un public adulte.
Évidemment, le film est soutenu par une distribution qui se donne complètement. Outre mon admiration pour Bette Midler dans ce film, je dois également lancer des fleurs à Sarah Jessica Parker. Habituellement, je ne suis pas un fan d’elle, mais ici, elle est méconnaissable. Le maquillage aide pour beaucoup, mais je la trouve tellement bonne lorsqu’elle se donne à fond et qu’elle sort des rôles qu’elle tient habituellement. Ici, elle est à la fois inoffensive, menaçante et sexy. Eh oui, il a bien fallu qu’elle soit enlaidie pour que je la trouve enfin cute! Hocus Pocus est aussi l’un des premiers films à mettre en vedette l’illustre Doug Jones, mieux connu pour son rôle d’Abe Sapien dans Hellboy et des monstres dans Pan’s Labyrinth. Mais avec le recul des années, le plus dommage est le sort de son acteur principal Omri Katz. Un excellent acteur plein de charisme qui sombra dans l’oubli par la suite. Très dommage, car je l’adorais dans la méconnue série fantastique Eerie, Indiana, qui passait à Canal Famille. J’adorais cet acteur, je le trouvais naturel, sympathique et beau bonhomme! Dommage qu’il ne soit pas plus connu aujourd’hui et qu’il n’a pas eu la carrière qu’il aurait méritée!
Hocus Pocus n’est pas seulement l’un de mes classiques préférés, c’est également une œuvre importante dans le monde de l’horreur. Espèce de film culte, il fait partie de ces œuvres que n’importe quel enfant désireux d’apprendre tout sur le monde de l’horreur devrait regarder, avec Ghostbusters, Gremlins, Ernest Scared Stupid et The Monster Squad. Ma copie est déjà au chaud pour le jour ou Mme. Paulhus portera en son sein le fruit de mes entrailles.



• Abracadabra (version française/Québec)


• The Witches (1990)
• The Craft (1996)
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