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2008
RÉALISATION: Christopher Denham
SCÉNARIO: Christopher Denham
AVEC: Adrian Pasdar, Cady Mclain, Amber Joy Williams et Austin Williams
Depuis le fameux The Blair Witch Project, bien des cinéastes se sont rendu compte que le faux film amateur d’horreur était un genre plein de potentiel. Mais jusqu'à maintenant, je ne peux compter que cinq films ayant réellement réussi l’exploit : REC, Cloverfield, The Blair Witch Project, Paranormal Activity et le plus que culte Cannibal Holocaust. Croisez ce genre avec celui des films d’enfants démoniaques (autre genre difficile à réussir) et vous obtenez un degré supplémentaire de difficulté pour réussir votre oeuvre. Christopher Denham a tenté l’exploit! Mais, comme le mec trop chaud qui revient du bar après une soirée de débauche en compagnie d’une jolie femme qui s’avère finalement en posséder une plus grosse que lui… il s’est planté!
La famille Poe vient de déménager dans leur nouvelle maison. Mais, quelque temps après, les parents commencent à réaliser que leurs enfants ne sont pas normaux et qu’ils sont sujets à des actes malicieux. Le père, prêtre bouffon et alcoolique, tente d’éduquer ses enfants comme il peut et de les exorciser, alors que leur mère, psychiatre, essaie de les guérir au moyen de la science.
Dans un faux film maison, il y a un élément important à ne pas oublier, c’est la crédibilité. Lorsqu’on écoute un film de ce genre, on se met dans une ambiance où l’on se dit que l’on s’apprête à regarder un film sans montage ni effet spéciaux et que l’on veut véritablement avoir la chienne par son réalisme. Mais lorsque des réalisateurs comme Christopher Denham construisent des longs métrages en oubliant ce détail, leurs films perdent tout de suite de la valeur. Dans ce cas-ci, dès que les parents filment et découvrent un animal torturé ou quelque chose de dégueulasse, l’image s’arrête avec une distorsion irréelle avec comme fond un bruit strident, afin de rajouter à l’effet dramatique. Cela est sans parler d’un montage trop parfait et des images trop bien cadrées qui gâchent quelque peu l’ensemble du film et son «mood » amateur voulu.
Alors qu’il ne réussit pas parfaitement le genre « film amateur maison », il ne fait pas mieux avec son film d’enfants maléfiques. L’aspect général à respecter dans un film de ce genre est de toujours laisser planer un doute au niveau du spectateur et surtout des protagonistes par rapport à l’enfant. Est-il vraiment maléfique? Est-ce qu’on a une preuve? Ne serait-ce pas un malentendu? On aime découvrir la vérité en même temps que le protagoniste. Mais ces questions nous sont répondues dès le départ du film et crèvent l’ambiance dramatique directement dans l’oeuf. Alors, au lieu de suivre l’évolution de la situation avec les parents, on ne fait qu’attendre que ceux-ci se réveillent et découvrent que leurs enfants sont de véritables monstres. Parallèlement, le scénario est construit de façon ridicule. Alors que dès le début, les parents trouvent des animaux morts dans la chambre des enfants ainsi qu’un sandwich avec des poissons rouges dans les mains du petit garçon, les parents font comme si de rien n’était. Ce qui est vraiment con, c’est que la mère est une psychologue! Comment embarquer dans un film lorsqu’un élément de l’histoire est aussi ridicule que cela?
Pour rajouter au désastre, les acteurs enfants ne font véritablement pas le travail. Ils ont plutôt l’air de robots que d’enfants maléfiques tellement ils sont sans expression. Ils n’arrivent véritablement pas à nous faire croire à leurs personnages et à installer une peur en nous. Seul Adrian Pasdar sort du lot. Cependant, la plupart du temps il fait le clown afin de faire rire le spectateur et faire de l’animation, mais cela devient quelque peu forcé un moment donné et n’a rapidement plus sa place.
Christopher Denham a tout de moins le mérite d’avoir voulu essayer quelque chose de « nouveau » en mélangeant deux genres que j’adore particulièrement. Cependant, il a encore bien des croûtes à manger afin d’évaluer parfaitement les subtilités des genres qu’il veut traiter.



• The Good Son (1993)
• Joshua (2007)
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