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A HORRIBLE WAY TO DIE
2010
RÉALISATION: Adam Wingard
SCÉNARIO: Simon Barrett
AVEC: Amy Seimetz, AJ Bowen, Joe Swanberg, Whitney Moore et Brandon Carroll
Ma révélation de l’année en termes de cinéma d’horreur vient de se faire et elle porte le nom d’Adam Wingard. Ce jeune cinéaste nord-américain a été honoré par le Festival Fantasia lors de la période estivale, où l’on a célébré son travail en lui dédiant un volet entier. Notamment maître d’œuvre d’Home Sick, Pop Skulls, What Fun We Were Having: 4 Stories About Date Rape et bientôt du mystérieux Autoerotic, le réalisateur s’impose comme excessivement innovateur et pertinent pour le genre horrifique chez nos voisins du Sud. Avec A Horrible Way to Die, Wingard s’affirme derechef comme encore plus prometteur qu’un Adam Green ou un Christopher Smith.
Sarah mène une vie solitaire et morne. Elle a été délocalisée par le service de Protection des Témoins dans un patelin perdu après avoir découvert la vie alternative de celui qu’elle avait épousé, le tueur en série notoire Garrick Turrell. Ayant dénoncé celui-ci à la police fédérale, choquée, elle mène une vie où règnent l’alcool et une absence marquée de confiance envers les hommes. C’est dans un meeting des Alcooliques Anonymes qu’elle rencontrera Kevin, un type sympathique et attentionné qui parviendra enfin à surmonter les barrières qu’elle a dressées. Malheureusement, cet événement correspond à l’évasion brutale de Garrick, qui se lance alors dans une traque sanglante et impitoyable afin de retrouver Sarah…
A Horrible Way to Die, c’est le cinéma de genre indépendant à son meilleur. Avec des moyens qui n’ont rien de phénoménaux, Wingard parvient à créer l’un des meilleurs films horrifiques de l’année. Son travail de réalisation allie originalité et qualité pour former un tout de grande valeur. Nerveuse, mouvante, volontairement imprécise et imparfaite, la caméra d’Adam Wingard (qui en emprunte de son propre aveu à nul autre que Gus Van Sant) domine ce métrage et s’impose presque à elle seule comme un personnage. Plusieurs des choix esthétiques qu’ajoute le réalisateur à son intéressant travail de caméra donnent finalement à son film un cachet particulièrement appréciable. L’œuvre apparaît froide, grise, hantée. Subtile, la trame sonore vient fermement renchérir à cette idée.
De son côté, l’histoire aborde le monde des tueurs en série avec une originalité qui s’apprécie, proposant une narration efficace volontairement rendue très comateuse par l’esthétique visuelle en plus d’un concept avec peu ou pas de précédent dans le genre. A Horrible Way to Die conserve toujours dans son approche un réalisme des plus pointilleux, explorant les conséquences sociales qui découlent d’une situation comme celle que vit Sarah étant donné sa proximité avec un meurtrier en série. Cette idée d’avoir à son actif une relation maritale avec le psychopathe le plus sadique à sévir sur le territoire américain permet d’aborder certains arcs narratifs des plus originaux, comme par exemple les traumatismes de notre jeune protagoniste ainsi qu’une finale où l’on vogue définitivement de surprise en surprise! Cette dernière pourrait rester en travers de la gorge de certains spectateurs car elle est un tantinet poussée, mais si vous avez survécu à I Saw the Devil sans problèmes ce n’est pas A Horrible Way to Die qui vous en causera! De mon point de vue, elle illustre même quelque chose de pertinent. Personnellement, j’ai trouvé cette conclusion bien imaginée et terriblement surprenante en plus d’être un brin touchante.
Dans la peau du psychopathe Garrick Turrell, AJ Bowen (The House of the Devil, The Signal, Hatchet II) excelle et affirme haut et fort qu’il serait capable dans un avenir proche de soutenir le poids du rôle principal d’un long métrage! Au gré des séquences, son personnage apparaît aussi chaleureux que définitivement inquiétant (si ce n’était pas le cas, il y aurait de quoi s’en faire). Une multitude de victimes sont d’ailleurs laissées dans son sillage, représentées avec efficacité par une équipe technique à son affaire. Sans être affreusement gore, A Horrible Way to Die propose son lot de cadavres charcutés! De son côté, Amy Seimetz s’inscrit comme un personnage principal aussi troublé que charmant. Son interprétation de Sarah est toujours très juste et elle gagne rapidement l’estime ainsi que le cœur du spectateur, notamment lors d’une première moitié de film qui la présente aussi désemparée qu’abattue.
Définitivement, la sortie DVD d’A Horrible Way to Die a quelque chose d’événementiel. Ce film n’a rien de banal, il compte à mon avis comme l’un des coups d’éclat de l’année 2011. Je ne suis pas un expert et ne peux pas vraiment comparer ce projet au reste de la filmographie d’Adam Wingard, mais je peux vous jurer que d’ici quelques mois j’aurai regardé tous ses films. A Horrible Way to Die est un long métrage terriblement solide sur la majorité de ses aspects. Je lui appose mon sceau d’approbation personnel!



• Red, White and Blue (2010)
• What Fun We Were Having: 4 Stories About Date Rape (2011)
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