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HORROR2002
RÉALISATION: Dante Tomaselli Amateurs de films d'horreur plaqués du sceau hollywoodien, abstenez-vous! Avec son deuxième long métrage, Dante Tomaselli (Desecration, Satan's Playground) continue sur sa lancé, délaissant une fois de plus le contenu au profit du style. Avec un titre aussi vague que sa trame narrative, il est difficile de bien cerner le récit de Horror. En vulgarisant le tout, le film raconte l'histoire d'une bande d'adolescents en fugue de leur centre de désintoxication. Les jeunes ont comme plan d'aller se réfugier chez un pasteur qui les a grandement inspiré durant leur thérapie. Sur les lieux, ils découvrent une jeune femme séquestrée par ses parents. Le leader du groupe, Luck abat sauvagement les deux adultes, libérant ainsi des forces maléfiques, ou si vous préférez, l'horreur à l'état pur! Malgré des influences italiennes évidentes, notamment à Dario Argento, le cinéaste Dante Tomaselli a un style distinct qui en plus de le démarquer de la masse, l'isole sévèrement! Tomaselli propose un monde fantastique difficilement pénétrable pour le public vierge de cinéma subversif. Conceptuellement, Horror n'est ni plus ni moins que la mise en image d'un "bad trip" sévère d'un individu qui a abusé une fois de trop d'une drogue dure, très dure même! Vouloir donner un sens au scénario ne résultera qu'en un sérieux mal de bloc, puisque Horror est avant tout une oeuvre qui se consomme pour son atmosphère abstraite et sa photographie recherchée. Pour être bien certain de perdre même les spectateurs les plus avertis, Tomaselli s'est assuré de balancer son scénario dans le tordeur! L'espace temps, les rêves et les univers parallèles s'entremêle dans un labyrinthe sans sortie. Qui plus est, la trame narrative du film voyage constamment dans la psyché de deux personnages sans jamais mettre au clair de qui il s'agit. Ajoutez à cela, une chèvre noire maléfique, des morts-vivants sortis de nulle part et un curé au pouvoir mythique. Bref, de tous pour faire pousser un point d'interrogation dans le front des spectateurs! Mais détrompez-vous, Horror est beaucoup plus sensé qu'il ne le laisse paraître! Suffit d'avoir la patience de déchiffrer ses nombreuses énigmes. Par contre, si la magnifique photographie fait paraître le film beaucoup plus professionnel qu'il ne l'est, il n'en est pas ainsi pour les effets spéciaux. Peut-être est-ce par choix ou tout simplement parce qu'il n'a pas su doser son budget, mais les maquillages semblent improvisés à la dernière minutes. Du moment qu'un zombie ou qu'un fantôme se pointe le nez, le film perd toute sa crédibilité. Il faut toujours être conciliant avec les productions indépendantes à faible budget, mais il y a des limites. Le contraste entre le visuel envoûtant digne des Argento, Fulci et compagnie et des effets que la firme Troma ne voudrait même pas, empêche Horror de se défaire de son statut d'oeuvre expérimentale sans envergure. Malgré tout, Tomaselli se mérite un "A" pour l'effort. Horror demeure une oeuvre mineure, mais dans une époque où les films se produisent à coups de 100M$, il est rafraîchissant de constater qu'il y a encore des cinéastes avec un souci artistique. Pour ceux qui voudraient s'initier à la filmographie de Dante Tomaselli sans pour autant en ressortir avec un mal de tête, je vous conseille fortement de débuter avec son troisième film, l'excellent Satan's Playground.
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