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HORROR OF DRACULA1958
RÉALISATION: Terence Fisher Après le succès retentissant de The Curse Of Frankenstein en 1957, le studio britannique Hammer Film a entreprit un virage horrifique! Pour se faire, le populaire studio s'est attaqué à bons nombres de classiques et d'adaptations littéraires. Empruntant le même chemin que Universal un quart de siècle plus tôt, Hammer s'est fait un nom en redéfinissant le cinéma d'épouvante gothique avec Horror Of Dracula. Engagé comme bibliothécaire par le comte Dracula, Jonathan Harker a un second agenda! Celui-ci est affilié avec le professeur Van Helsing dans le but de tuer Dracula, un vampire qui règne sur Terre depuis plusieurs siècles. Lorsque Dracula se rend compte des intentions de son nouvel employé, il le transforme en vampire et décide de se venger sur sa fiancée et ses proches. Le professeur Van Helsing devra redoubler d'ardeur avant que le vampire ne fasse trop de victimes. Étant au coeur de la réussite de The Curse Of Frankenstein, Peter Cushing et Christopher Lee ont repris du service dans cette nouvelle adaptation du roman de Bram Stocker. En fait, Hammer voulait tellement recréer le succès de son film précédent que le studio a réengagé la majorité de l'équipe technique, du réalisateur au décorateur! Le résultat a marqué le cinéma gothique au fer rouge! Ne gardant que les grandes lignes du roman original, le scénariste Jimmy Sangster (The Curse Of Frankenstein... mais aussi Kiss Of The Vampire) a concocté une version de Dracula rafraîchissante et rythmée. Son scénario se différencie légèrement des autres adaptations du roman, sans pour autant manquer de respect à l'oeuvre maîtresse. Plusieurs personnages ont été redéfinis ou abandonnés et l'emphase est portée sur le jeu de "chat et de souris" entre Van Helsing et Dracula. Au final, ce n'est par contre pas ces changements qui caractérisent cette adaptation, mais plutôt la classe et le soucis du détail avec laquelle elle a été produite. Le tout est mis en scène avec élégance par Terrence Fisher (The Curse Of Frankenstein... mais aussi The Mummy), le réalisateur pionnier du studio. Visiblement inspiré par les somptueux décors et les performances de ses acteurs, Fisher livre un film à l'esthétisme gothique rehaussé. Pour un film de l'époque, le cinéaste y va de quelques décisions audacieuses. Le rythme est donné dès le départ lorsqu'une giclée de sang vient s'abattre sur la pierre tombale du Comte Dracula. Plus tard dans le film, on verra ce dernier avec du sang qui lui coule de la bouche, un concept souvent suggéré, mais jamais illustré aussi froidement. Bien qu'il était encore tout vert en matière de film d'épouvante à l'époque, ceci n'a pas empêché Fisher de signer une superbe réalisation. Ses plans sont gracieux et calculés et l'action toujours bien orchestrée. Les acteurs Peter Cushing et Christopher Lee sont encore une fois indispensables à l'histoire. Cushing est facilement l'acteur le plus pertinent à avoir personnifié Van Helsing. Pour sa part, Lee n'a pas beaucoup de chance pour se faire valoir, mais ses courtes apparitions sont très efficaces. Sa personification de Dracula est juste et à la limite, effrayante. Son regard, mais surtout sa prestance hypnotisante, sont des atouts bien exploités par l'acteur. Un autre apport bénéfique au film est la trame musicale de James Bernard qui fait fit de toute subtilité dans le but de rehausser l'horreur du récit. Par contre, malgré son semblant de perfection technique, Horror Of Dracula n'est pas sans lacune. Le récit manque légèrement de pertinence, l'abolition de certains éléments se faisant sentir. Le plus notable est l'absence du personnage de Reinfeld qui aurait pu offrir de la profondeur au film. Malgré que le scénario tente de diverger du récit original, celui-ci tourne en rond et n'offre que peu de revirements réellement inspirés. Heureusement, avec sa finale enlevante, Horror Of Dracula laisse le spectateur sur une excellente note. Les adaptations de Dracula se comptent par dizaines. Rares sont celles qui soient entièrement satisfaisantes. Le film de Fisher ne peut se vanter de l'être, mais c'est néanmoins un des plus réussis en la matière.
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