THE HOST

2006

RÉALISATION: Joon-ho Bong
SCÉNARIO: Joon-ho Bong, Chul-hyun Baek et Jun-won Ha
AVEC: Kang-ho Song, Hie-bong Byeon, Hae-il Park, Du-na Bae et Ah-sung Ko

En 2000, des représentants de l'armée américaine ont déversé des produits chimiques dans une rivière de la Corée. Heureusement, aucune répercussion grave ne s'est fait ressentir et le tout a été réglé entre les autorités des deux pays. Mais qu'aurait-il pu arriver de si grave ? Le cinéaste Joon-ho Bong (Memories Of Murder) y va de sa théorie avec The Host.

Quelques années se sont écoulées depuis que les américains ont déversé des produits chimiques dans la rivière Han à Séoul. Un bon après-midi, alors qu'il aide son père à opérer sa cantine, Gang-du Park aperçoit une créature sortir de la rivière! Celle-ci s'en prend aux nombreuses personnes venues profiter du soleil près de la rivière! Avant de replonger dans l'eau, le monstre s'apporte une petite collation en la personne de Hyun-seo, la fille unique de Gang-du. L'armée place alors tous ceux qui ont été en contact avec la créature en quarantaine et une attention particulière est portée à Gang-du qui a reçu du sang de la bête! Alors qu'il est hospitalisé, celui-ci reçoit un appel de sa fille qui lui révèle l'endroit où le monstre l'a emmenée. Puisque les autorités ne croient pas son histoire, Gang-du s'enfuit de l'hôpital avec l'aide de sa famille. Ensemble, ils tenteront de sauver la petite Hyon-seo.

Grâce à un certain Godzilla, les asiatiques seront toujours reconnus comme les chefs de file en matière de film de monstres. Si le genre a plus souvent été préconisé par les Japonais, Joon-ho Bong démontre que les Coréens ne sont pas en reste. Le parallèle avec Godzilla n'est pas un hasard. À plusieurs degrés, The Host se veut une version moderne et plus réaliste du classique sorti en 1954. Tout comme l'avait fait Ishiro Honda il y a plus de 50 ans, Joon-ho Bong se sert du format du film de monstres pour y camoufler une critique sociopolitique. Les Américains, catalyseur de la catastrophe du film en raison de leur mentalité égoïste, sont bien sûr écorchés par le cinéaste. Ce qui est encore plus surprenant, c'est que Joon-ho Bong ne se contente pas seulement de frapper sur la cible facile que sont les États-Unis. Celui-ci tourne le miroir sur son propre gouvernement, incapable de prendre la place qui lui revient!

Le succès du film n'est donc pas surprenant, puisque le peuple coréen a trouvé en The Host un film auquel il pouvait s'identifier. Ça ne nuit pas non plus que le film ait l'allure d'un blockbuster hollywoodien! En faisant fit des allégories politiques, The Host demeure un film d'horreur hyper divertissant en raison de son amalgame inusité de plusieurs genres. Le suspense est souvent à son maximum, l'horreur est bien dosé et les touches d'humour atteignent leur cible. Au centre de la tragédie du film, on retrouve une famille normale que la vie n'a décidément pas gâtée. Sous ses allures de films de monstres typiques, The Host cache aussi un drame familial touchant et souvent même triste. Les scénaristes ont su mettre en scène un groupe de personnages réalistes qui prennent leur courage à deux mains pour sauver leurs êtres chers.

En plus de devoir subir les frasques des autorités qui les prennent pour des fous, les Park doivent se mesurer à la créature vedette de The Host. Celle-ci est particulièrement remarquable puisqu'elle ne ressemble à aucun autre monstre du cinéma d'horreur. La meilleure façon de la présenter serait d'imaginer un amalgame entre un poisson, une crevette, un dinosaure et une plante carnivore! La première scène d'attaque (qui survient après quelques minutes seulement) est mémorable. La créature ne fait que quelques victimes, mais son carnage est magnifiquement tourné par Joon-ho Bong. Pour donner vie à la créature, le cinéaste a eu recours aux ordinateurs, mais le résultat est fort impressionnant. Décidément, la créature de The Host a tout du monstre classique!

Par contre, malgré son étendue de qualités, The Host ne plaira certainement pas à tous. Le film saute sans avertissement d'un genre à l'autre. Son ton irrégulier repoussera plusieurs spectateurs tandis que son humour inusité n'est pas pour tout le monde. Les blagues du film sont souvent bouffonnes et surviennent aux moments les plus inopportuns, ce qui en vient souvent à créer un certain malaise. Voir une famille s'enfarger pendant qu'elle pleure la perte d'un être aimé est assez étrange... Je dois avouer que la majorité des blagues m'ont bien fait rire, mais je crois néanmoins que le film aurait bénéficier d'une certain filtrage.

Ceux qui sauront passer par-dessus cette lacune découvriront un excellent film de monstre. Il n'est pas étonnant que The Host ait connu autant de succès dans son pays d'origine. Joon-ho Bong a concocté un film d'horreur qui est intelligent et songé, sans pour autant pénaliser son niveau de divertissement.

  • Dany Champagne

  • Gweomul (titre original/Corée Du Sud)

  • Godzilla (1954)
  • Pulgasari (1985)

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