HOSTEL

2006

RÉALISATION: Eli Roth
SCÉNARIO: Eli Roth
AVEC: Jay Hernandez, Derek Richardson, Eythor Gudjonsson, Barbara Nedeljakova et Jana Kaderabkova

Après la projection de Hostel, j'observais les spectateurs quitter leurs sièges avec des airs de dégoût. « Dégeulasse », « malade » et « fucké » sont les termes que j'entendais en sortant de la salle. Alors, suis-je normal de trouver que le film manque d'intensité et de gore ?

Trois touristes font le tour de l'Europe dans le but de profiter des plaisirs de la vie. Équipés d'un sac à dos, ils se promènent de ville en ville à la recherche de drogue et de filles avec qui ils vont assouvir leurs fantasmes. Lorsque quelqu'un les informe d'une auberge à Bratislava où les filles sont sublimes et ... faciles, les trois touristes prennent le premier train en cette direction. Arrivés là-bas, ils ne regrettent pas leur décision puisqu'ils sont entourés de jolies demoiselles qui ne demandent qu'à se faire baiser. Mais il y a un hic: les trois touristes sont, en fait, les proies d'une organisation de chasseurs de têtes. Pour quelques milliers de dollars, l'organisation clandestine offre la possibilité aux touristes en manque de sensations fortes de torturer et de tuer de pauvres innocents. Bienvenue dans les bas fonds de la nature humaine.

En 2003, le film Cabin Fever a propulsé son jeune réalisateur, Eli Roth, au statut d'enfant prodige de l'horreur. Malgré que son film n'ait pas fait l'unanimité auprès des amateurs de films d'horreur, Roth est néanmoins devenu une figure populaire, apparaissant dans la majorité des magazines spécialisés et des festivals. Son amour pour le genre en a fait une sorte d'ambassadeur des films d'horreur. C'était beau de le voir aller, mais avec seulement un film sous la ceinture, il était permis de se demander si Roth n'avait pas bénéficié de la chance du débutant. Tant ses fans que ses dénigreurs étaient impatients de voir le successeur de Cabin Fever. Le premier 40 minutes de Hostel est assez déstabilisant pour quelqu'un qui ne connaît pas Eli Roth. L'horreur n'est pas présent et fait place à un espèce de Porky's sur l'acide. Roth n'a pas un sens de l'humour très mature; il faut donc apprécier le style et ne pas être offensé par la nudité gratuite pour survivre au premier acte du film. Personnellement, j'ai adoré la façon dont Roth nous présente ses personnages. Il n'y a aucun stéréotype hollywoodien parmi ceux-ci. Leurs propos sont crus et leurs agissements, pas toujours réfléchis, mais c'est ça la réalité d'aujourd'hui. Les acteurs qui les personnifient sont excellents dans leurs rôles, particulièrement Jay Hernandez et Derek Richardson.

Après un certain temps, je commençais à me demander: quand est-ce que ça va commencer? J'ai eu ma réponse assez rapidement. Après avoir suivi les aventures sexuelles de trois jeunes pervers, on les voit se faire torturer par d'autres genres de pervers. Hostel n'est pas un film pour tout le monde. Le scénario n'a aucune pitié pour ses protagonistes et les laisse agoniser dans les pires souffrances. L'idée derrière l'horreur du film est assez traumatisante puisqu'elle est en partie vraie. Roth a basé son scénario sur l'histoire d'un site web qui filmait de vrais meurtres commis par des hommes d'affaires qui payaient le gros prix pour vivrent l'ultime sensation. Juste à penser qu'une telle chose se soit réellement déroulée me donne la chair de poule ... d'où le problème du film. La prémisse de Hostel est beaucoup plus effrayante et traumatisante que le film même.

Le troisième acte du film aurait dû augmenter en intensité, il prend plutôt une tournure loufoque. Les scènes de torture intenses sont remplacées par un jeu de chat et de souris à travers les corridors de l'immeuble de torture. La violence et l'action sont jouées de façon un peu bouffonne, ce qui brise la notion d'"histoire vraie". Malgré que ce soit la partie du film que j'ai préférée, je crois que Roth aurait dû prendre une autre approche à son histoire. La torture n'est pas assez poussée et les scènes gores, pas assez nombreuses. Il y en a une ou deux qui m'ont vraiment fait grincer des dents. La scène de l'oeil vaut d'ailleurs le prix d'entrée à elle seule. Par contre, avec une idée de départ aussi flippante que celle de Hostel, s'en aurait pris une dizaine, voir même une quinzaine de scènes comme celle-là.

En allant voir Hostel, je voulais sortir de la salle dégoutté et traumatisé. J'en suis plutôt sorti diverti et amusé. Au final, je dois avouer que Roth nous offre un deuxième film intéressant. Le réalisateur n'a pas froid aux yeux et Hostel, malgré mes légères déceptions, est ce que vous allez voir de plus violent de nos jours venant d'un studio hollywoodien.

  • Dany Champagne

  • L'Auberge (version Française/Québec)

  • Hostel Part 2 (2007)

  • Wolf Creek (2005)
  • Cabin Fever (2003)

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