HOSTEL PART III
2011
RÉALISATION: Scott Spiegel
SCÉNARIO: Michael D. Weiss
AVEC: Brian Hallisay, Kip Pardue, Sarah Habel, Chris Coy et Thomas Kretschmann
C'est avec peu d'intérêt pour une deuxième suite à Hostel, mais beaucoup pour le retour de Scott Spiegel derrière la caméra que j'ai entrepris le visionnement du troisième chapitre de la populaire série. L'absence du créateur Eli Roth s'était rapidement fait pardonner lorsqu'il a été annoncé que Spiegel allait prendre le contrôle. Ce cinéaste qu'on retrouve trop rarement derrière la caméra est responsable du slasher Intruder et du sous-estimé From Dusk Till Dawn 2 en plus d'avoir coécrit Evil Dead 2. Toujours est-il que Hostel Part III n'a pas entièrement assouvi ma soif de Scott Spiegel, mais m'a agréablement diverti en tant que troisième opus de la série.
Pour son enterrement de vie de garçon, Scott est entrainé par ses amis à Las Vegas, là où, le temps d'un séjour, tout sera permis. Ayant à peine mis les pieds dans un casino, le groupe est repéré par les membres du Elite Hunting Club, ceux-là mêmes qui kidnappent les touristes dans le but de les offrir à leurs clients désireux de goûter aux plaisirs du meurtre. Après avoir passé la nuit dans un club obscur avec des escortes, un des amis manque à l'appel. Inquiet, Scott entraine sans le savoir le reste du groupe dans le quartier général du club.
Il est navrant que les studios aient relégué la série Hostel au marché du DVD après l'échec en salles du deuxième opus. Car échec ou non, Hostel Part II est, à mon humble avis, l'un des meilleurs films d'horreur américains des dix dernières années. Et ne nous le cachons pas, la série Saw, avec laquelle Hostel est souvent comparée, a pondu pas moins de six suites pour lesquelles le marché du direct-to-DVD aurait été plus justifié. Dans les circonstances, mais surtout en raison des contraintes imposées par un maigre budget, Hostel Part III peut se vanter d'être une oeuvre fort sympathique.
Bien conscient de l'écoeurantite aigu du public face aux films préconisant la torture à outrance, Spiegel y est allé mollo, préférant miser sur l'intrigue plutôt que le gore facile. Dès le départ, les amateurs du cinéaste se trouveront en terrain connu alors que les angles de caméra extravagants se succèdent. Il est certain que Hostel Part III ne sera pas accueilli à bras ouverts par tous. L'atmosphère européenne, le style singulier de Roth, la musique de Nathan Barr et la folie contrôlée manquent à l'appel, ce qui vient influencer sévèrement l'appréciation générale du film. Cela dit, avec les moyens du bord, Spiegel a su concocter un film qui est fidèle à la série tout en y ajoutant une bonne couche à sa mythologie.
La qualité principale de l'oeuvre est que le scénario est continuellement un pas en avant du spectateur. Le scénariste Michael D. Weiss (I'll Always Know What You Did Last Summer) joue avec les attentes du public et les clichés pour nous servir plusieurs revirements inspirés. On croit toujours savoir où l'intrigue nous mènera, mais le tapis nous est constamment tiré de sous les pieds. Souvent anodins, ces revirements de situation aident à insuffler un peu de vie dans ce qui aurait été autrement un thriller ordinaire. Le concept du club élite a aussi été revampé, alors que cette fois-ci les meurtres sont commis devant des parieurs venus miser sur les méthodes de tortures et le temps de survie des victimes. Sur ce point, un peu plus de présentation aurait été appréciée. Une trop grande partie du scénario est consacrée aux victimes et pas assez aux rudiments du club élite version Las Vegas.
Les meurtres risquent de faire beaucoup jaser aussi. Non pas parce qu'ils sont violents et extrêmes comme dans les deux chapitres précédents, mais plutôt parce qu'ils sont assez flasques à une époque à laquelle chaque film tente de repousser les limites. Cela dit, les détracteurs des scènes de meurtres de Hostel Part III seront probablement les mêmes qui décrient la surexploitation du torture porn! Sans jamais faire dans l'excès, Spiegel réussit à donner à cette suite son identité propre justement grâce à ses scènes différentes. Pour ce qui est de Spiegel, le cinéaste n'a pas grand-chose à se reprocher quoique le style excentrique auquel il nous a auparavant habitués est pas mal dilué. Est-ce qu'il s'est assagi avec l'âge ou est-ce le poids d'un gros studio qui a interféré?
Hostel Part III n'est pas dans la même ligue que ses deux prédécesseurs. Un manque d'excès et d'audace jumelé à des moyens restreints font de cette suite une oeuvre qui a de la difficulté à se défaire de son étiquette de direct-to-DVD. Le consommateur averti risque tout de même d'y trouver son compte.



• L'Auberge: Chapitre 3 (version française/Québec)


• Hostel (2006)
• Hostel Part II (2007)


• Very Bad Things (1998)
• Las Vegas Bloodbath (1989)
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