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THE HOUSE OF CLOCKS1989
RÉALISATION: Lucio Fulci Les amateurs du genre considèrent souvent Lucio Fulci comme l’un des meilleurs réalisateurs italiens. Même s'il a réalisé des films importants tout au long de sa carrière, on peut reconnaître que Fulci a connu une période fructueuse au tournant des années 80. Aujourd'hui toutefois, il semble que ses films réalisés en fin de carrière soient davantage négligés par les amateurs. D’ailleurs, une remarque fréquente sur Fulci est que ses derniers films souffraient d’un manque d’inventivité comparativement à ceux réalisés dans le noyau fort de sa filmographie. The House Of Clocks était destiné à être un téléfilm pour la télévision italienne. Je dis « était » parce que finalement, le film n’a jamais été diffusé dû à sa violence (on reconnaît ici notre ami Fulci). Avant de visionner le film, je m’étais pourtant mis en tête que je risquais d’être déçu si mes attentes étaient trop élevées. Malgré ma prudence de départ, je ressors tout de même du visionnement de The House Of Clocks plutôt déçu. Un groupe de trois jeunes malfaiteurs prennent la décision de cambrioler la maison d’un couple de vieux riches. Le groupe croit qu’ils auront affaire à des vieillards sans défense, mais ce ne sera pas tout à fait le cas. La bagarre éclate à l'intérieur de la demeure et le couple est tué par accident. Peu après le drame, les voyous sont témoins d'un phénomène étrange. Ils réalisent que la grande demeure contient un nombre inquiétant d'horloges, mais surtout, que les aiguilles de ces dernières tournent à l'envers ! Ce qui est dommage avec The House Of Clocks, c’est que le scénario démarrait sur une bonne note. On a ici une bande de voleurs qui se fait piéger dans une maison et qui ne trouve pas le moyen d’en ressortir. Cependant, le récit se développe tellement d’une façon lente et prévisible qu’on y perd graduellement l’intérêt. Une des grosses lacunes du film est qu’il entretient mal son suspense. Trop tôt dans le film, on peut reconnaître la mécanique habituelle du film de maison hantée. À partir du moment où j’ai compris où le film voulait en venir, j'ai eu l'envie soudaine de l’accélérer pour voir si la conclusion avait quelque chose de potable à offrir. L’idée des horloges qui tournent à l’envers est loin d’être mauvaise et aurait pu ajouter une variante intéressante au genre. Par contre, les scénaristes font tourner l’idée en rond pendant trop longtemps et on s'en lasse bien avant la fin du film. En plus que son thème central soit grossièrement exploité, les personnages qui forment la bande de voyous n’aident pas du tout à la cause du film. Ils sont clichés, piètrement développés et ennuyants. Avec leurs allures des années 80, leurs attitudes rebelles et leurs joints collés au bec, j'avais pourtant foi en eux au départ. Par chance, les acteurs du film ne sont pas aussi médiocres que leurs personnages. En voyant le premier meurtre de The House Of Clocks, je me suis dit : "Voilà un film prometteur en terme de gore!". En effet, il ressemble à ce que Fulci nous a souvent offert lors de séquences gores. Gros plan d'un bâton de bois qui transperce l'abdomen, les tripes qui ressortent, le tout au ralenti. Malheureusement, cette première scène s’avérait finalement à être la plus gore du film. Les autres scènes gores sont plutôt minces et insignifiantes par rapport à la norme chez Fulci. Contrairement à ce que j'osais espérer, je vous assure que The House Of Clocks n'est nullement épargné pas son aspect gore. Il ne possède que peu de qualités dans l'ensemble. Mis à part le tic-tac des horloges et la horde de chiens qui empêche la bande de sortir de la maison, le film manque définitivement de moments angoissants. Comme on le sait, dans ce genre de film, c’est souvent grâce à l’ambiance que le spectateur accepte de plonger dans l’histoire. À ce sujet, on aurait pu croire que les prouesses de Fulci à la réalisation auraient sauvé les meubles. Mais ce n’est pas totalement le cas. On se rend compte qu’il a surtout manqué son coup. Il est certain que, par moments, on reconnaît son immense talent. Ce qui est navrant, c’est qu’il a de la difficulté à fournir l’essentiel. Malgré ses tentatives, l’ambiance et le rythme manquent souvent à l'appel. De plus, le film est alourdi par une photographie plutôt fade qui le rend endormant. Quant à la musique composée par Vince Tempera, elle soutient le film mais sans plus. The House Of Clocks est au final un banal film de fantômes qui échoue la plupart du temps à effrayer. Personnellement, je trouve que c’est avec ce genre de film que la notion de «téléfilm» prend son sens péjoratif. Est-ce que le réalisateur était trop affecté par sa maladie ? Est-ce que ce projet de téléfilm lui tenait vraiment à coeur ? Seul le grand Fulci le sait. Malgré que ma critique soit assez sévère, le film n'est pas un supplice en soi. Je lui accorde donc la note de passage. Cependant, je crois que même si vous êtes un fanatique de Fulci, vous courez le risque d'être plutôt déçu avec The House Of Clocks.
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