THE HOWLING: REBORN
2011
RÉALISATION: Joe Nimziki
SCÉNARIO: Joe Nimziki et James Robert Johnston
AVEC: Landon Liboiron, Lindsay Shaw, Ivana Milicevic, Erin Agostino et Kristian Hodko
The Howling: Reborn est commercialisé comme étant un "reboot" du film original de Joe Dante sorti en 1981. Dans ce cas-ci, le terme "reboot" signifie clairement que les producteurs ont honte de révéler qu'il s'agit de la septième suite d'une série qui aurait dû s'arrêter après le premier film et qu'ils n'ont pas assez de potentiel entre les mains pour jouer la carte du remake assumé! Qui plus est, le générique clame que le scénario est basé sur le roman The Howling 2 de Gary Brandner, mais je vous mets au défi de trouver quelconque élément du livre dans ce film. Eh oui, ça part mal pour The Howling: Reborn!
À la vieille de sa graduation, Will Kidman se fait finalement remarquer par l'énigmatique Eliana Wynter. Alors qu'il croyait réaliser des fantasmes qu'il a refoulés durant toutes ses études secondaires, Will est rapidement ramené à la réalité lorsqu'il apprend qu'il est l'héritier d'un clan de loups-garous. Le jeune homme fait rapidement le lien entre cette révélation et la mort de sa mère alors qu'elle lui donnait naissance. Refusant de joindre les siens dans un complot visant à dominer le monde (think big!), Will devra alors apprendre à contrôler ses nouvelles pulsions animales pour combattre les autres loups-garous et ne plus être une menace pour celle qu'il aime.
Arrivant seize ans après la dernière suite de la série, Howling: New Moon Rising, The Howling: Reborn est assez étrange en soi. Espèce d'anti-Twilight produit pour l'amateur de Twilight(!), l'oeuvre de Joe Nimziki a une sensibilité propre aux années 90 alors que chaque scène est accompagnée d'une chanson rock qui dicte les émotions transmises à l'écran! L'amalgame est intrigant à priori, mais devient vite chaotique puisque le réalisateur est incapable de doser. Les meilleures scènes se font trop souvent éclipser par la chanson en arrière-plan tandis que la logique proposée par le scénario se contredit d'elle-même! Et pour faire suite aux influences des années 90, une des histoires secondaires copie An American Werewolf In Paris tandis que le personnage du cinéphile adepte de films de loups-garous est une piètre tentative de surfer sur la vague Scream!
Comble du ridicule, le cinéaste se donne de belles tapes sur l'épaule dans la piste de commentaires audio pour avoir jumelé le passage de l'adolescence à l'âge adulte avec une histoire de loup-garou, comme si I Was A Teenage Werewolf n'avait jamais existé. Quelqu'un devrait l'informer que c'est le plus vieux cliché du sous-genre et que son approche n'a rien de bien palpitant. Il faut dire que Nimziki souffre du syndrome du cinéaste qui réalise son premier film et qui tente de changer le monde et d'en faire plus que le client en demande. L'homme se pense clairement mieux que le sous-genre qu'il aborde et The Howling: Reborn se plante à pleine face à tenter d'être trop sérieux. Les revirements narratifs et la mythologie derrière les personnages sont beaucoup trop poussés pour un film qui s'entête à refouler toute forme de folie cinématographique.
Sans en détenir le style technique, The Howling Reborn s'apparente souvent à un vidéoclip musical. Les acteurs nous servent sans arrêt des regards étranges et plusieurs d'entre eux semblent auditionner pour la circulaire du magasin Simon! Ce qui manque à Reborn, c'est une bonne histoire de loup-garou. Une qui ne prend pas pour acquises les connaissances du spectateur sur la lycanthropie, mais surtout une qui ne banalise pas le fait d'apprendre qu'on est un loup-garou à la veille de la graduation! Will apprend dans des circonstances nébuleuses qu'il est un loup-garou et à peine a-t'il le temps de cligner des yeux qu'il est projeté dans un scénario apocalyptique! Quelques transformations ici et là, n'auraient pas fait de tort.
Par contre, donnons-lui un peu de crédit. Après un nombre exagéré de chapitres qui ont traîné le nom Howling dans la boue (et je ne compte pas Howling 2: Your Sister Is A Werewolf qui transande la médiocrité pour devenir divin), ça fait du bien de voir une suite qui a l'air d'un "vrai" film! Tourné à Montréal, The Howling: Reborn a un look contemporain qui le démarque des suites précédentes. Les acteurs sont tous bons compte tenu du scénario à partir duquel ils devaient travailler. Mais surtout, les quelques moments horrifiques ne sont pas mal du tout. C'est simplement dommage que tous ces beaux éléments ne collent pas ensemble.
Il y a une observation assez évidente à faire sur les sept suites de The Howling. Chacune d'entre elles n'est pas très bonne, mais surtout, chacune s'est éloignée le plus possible du style de l'original. Comme quoi, parfois, la réussite d'une suite c'est de simplement recréer le film original. Suite, reboot, remake... appelez-le comme vous voulez, ça ne change pas que The Howling: Reborn n'est pas très bon.



• The Howling (1981)
• Howling 2: Your Sister Is A Werewolf (1985)
• Howling 3: The Marsupials (1987)
• Howling 4: The Original Nightmare (1988)
• Howling 5: The Rebirth (1989)
• Howling 6: The Freaks (1991)
• Howling: New Moon Rising (1995)


• An American Werewolf In Paris (1997)
• The Lost Boys: The Thirst (2010)
| |
|