HUMANOIDS FROM THE DEEP

1980

RÉALISATION: Barbara Peeters
SCÉNARIO: William Martin
AVEC: Doug McClure, Ann Turkel, Vic Morrow, Cindy Weintraub et Anthony Pena

On décrie souvent, avec raison, la mauvaise manie qu'ont les producteurs d'interférer dans un but commercial avec la vision des réalisateurs. Humanoids From The Deep est notoire en ce sens, puisque Roger Corman a insisté pour ajouter plus de nudité et de gore après avoir été déçu de la version originale de la réalisatrice Barbara Peeters. Cela dit, à la vue de l'oeuvre retouchée, il est difficile de ne pas donner raison à Corman. Humanoids From The Deep s'avère être une rare exception où l'intervention d'un producteur est la cause principale de sa réussite.

Dans la petite ville côtière de Noyo, les tensions raciales abondent. Plusieurs travailleurs sont sans emploi et aimeraient bien que la ville autorise un projet visant à accélérer le processus d'évolution du saumon. La réticence provient de la population amérindienne qui menace de poursuivre la ville si elle intervient avec le cours normal de la nature. Lorsque plusieurs chiens sont retrouvés morts, le blâme est porté sur les tensions entre les citoyens. Le problème réel va plus loin que ces simples tensions. En voulant tester leurs hormones de croissance, les biologistes ont donné vie à une race de poissons humanoïdes! Poussés par leur instinct primaire, ces monstres n'hésitent pas à sortir de l'eau pour tuer les hommes et s'accoupler avec les femmes!

Humanoids From The Deep sort du moule classique des films de monstres marins des années 50 et 60, un genre auquel Corman a lui-même contribué en tant que réalisateur avec Creature From the Haunted Sea. Plus précisément, le film de Barbara Peeters semble être le bâtard né d'une nuit d'ébauches entre Creature From The Black Lagoon et The Horror Of Party Beach! Beaucoup plus anarchiste que ses ancêtres et ayant l'étiquette "eihgties" bien étampée sur la fesse, il n'hésite pas à montrer explicitement ce que les films en son genre osaient à peine suggérer.

Malgré qu'il soit devenu un film d'exploitation avec les retouches, Humanoids From The Deep démarre sur des bases solides. Peeters n'avait peut-être pas l'étoffe pour livrer la marchandise niveau horreur, mais il ne faudrait pas discréditer son travail pour autant. La réalisatrice a réussi à créer une atmosphère qui nous agrippe dans le quotidien des habitants de Noyo. Les tensions sont palpables, mais jamais exagérées. Dès le départ on se sent impliqué dans la petite municipalité et les différentes rivalités apportent une profondeur payante à long terme. Un peu comme pour My Bloody Valentine, l'atmosphère dégagée par la ville y est pour beaucoup dans l'identité du film.

Par contre, si trente ans après sa sortie, Humanoids From The Deep est devenu un film culte, c'est sans contredit en raison de ses excès d'hémoglobine, de nudité et de costumes de monstres douteux. Après la mise en place des balises du scénario, le film nous rentre carrément dedans. Une fois les monstres dévoilés, ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils ne violent sauvagement et explicitement leur première victime, une jeune femme aux courbes parfaites, bien sûr! Et leur quête d'accouplement est loin d'être terminée.

La grande qualité du film est que les attaques sont aussi nombreuses que diversifiées. Les humanoïdes attaquent sous l'eau, sur les bateaux, dans les maisons, dans une voiture en marche et comme coup de grâce : ils sèment la pagaille lors du festival annuel du saumon! Ce dernier segment du film n'est rien de moins qu'orgasmique pour les amateurs de films de monstres marins! Les monstres sortent de partout, les gens sont en panique et le tout semble durer une éternité! Les humains se font décapiter, manger ou démembrer tandis que les humanoïdes se font brûler ou défoncer la tête par une Miss Saumon toute nue! Barbara Peeters a beau ne pas être d'accord que Corman ait altéré sa vision, mais les scènes supplémentaires tournées par James Sbardellati apportent beaucoup de saveur au produit final.

Les costumes de monstres sont une gracieuseté de Rob Bottin (The Thing, The Howling) et Chris Wallas (The Fly, Gremlins). Croisement étrange entre les créatures de Creature From The Black Lagoon et les extra-terrestres de This Island Earth, les humanoïdes challengent constamment la mince ligne entre le bon marché et l'épatant! Ce qui est certain, c'est qu'ils ne laissent pas indifférent. Un autre ajout intéressant à la production est celui du compositeur James Horner (Aliens, Avatar) qui offre une trame musicale bien appuyée.

Bien que maladroitement maîtrisée, la recette dose parfaitement tous les ingrédients d'un bon film d'exploitation horrifique. C'est incontestablement LE chef-d'oeuvre des films de monstres marins! Découvrant sur le tard Humanoids From The Deep, j'ai ressenti les mêmes émotions que lorsque je visionnais les Friday The 13th pour la première fois dans le sous-sol de la maison de mes parents. Pour un vieux critique qui approche dangereusement le cap des 30 ans, ce sont des sentiments qui n'ont pas de prix!

Avec un si gros penchant à divertir, il est dommage que Humanoids From The Deep n'ait pas eu droit à sa suite. Et la suite de sa suite! Et tant qu'à y être, son épisode dans l'espace et son remake (un vrai)! En 3D!! Si vous n'avez jamais vu ce classique des années 80, ne perdez pas de temps à remédier à la situation!

  • Dany Champagne

  • • Les Humanoïdes De La Mer (version française/Québec)
    • Les Monstres De La Mer (version française/France)
    • Monster (titre alternatif)

     

    • Humanoids from The Deep (1996)

     

    The Horror Of Party Beach (1964)
    • Island Of The Fishmen (1979)

     

     
     


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