IGOR

2008

RÉALISATION: Anthony Leondis
SCÉNARIO: Chris McKenna et John Hoffman
AVEC: John Cusack, John Cleese, Steve Buscemi, Sean Hayes et Molly Shannon

Les hommages et les clins d’oeil au cinéma d’horreur sont multiples. Certains sont divertissants, d’autres décevants. Igor est de cette dernière catégorie.

Dans un petit pays nommé Malaria, se trouve les plus grand génies du Mal. Alors que le pays est envahi par des nuages sans fins, le roi demande aux inventeurs de créer des machines pouvant semer la mort afin de soutirer de l’argent au reste de la planète. Les génies se multiplient donc et les enfants qui naissent bossu deviendront tous des Igor, des aides pour ces fameux génies. Mais un des Igor est en fait un inventeur talentueux qui a comme projet de créer la vie. À la mort de son maître, il décide donc de créer un monstre pour gagner le concours des meilleures inventions maléfiques de l’année. Il sera aidé de ses deux comparses, un lapin dépressif immortel et un cerveau légèrement débile. Malheureusement, le monstre, au lieu d’être une bête sanguinaire, est plutôt une adorable femme qui ne rêve que d’être actrice.

L’idée derrière Igor est excellente! Malheureusement, les créateurs semblent toujours danser sur un seul pied en ne choisissant jamais sur quel genre s’appuyer. Alors qu’avec le personnage du lapin dépressif qui tente sans arrêt de se suicider, le film est teinté d’humour extrêmement noir, le reste du film tient plus de la petite comédie animée cucul avec ses blagues mignonnes. Igor voudrait, et devrait, être un hommage aux films de Frankenstein des studios Universal et Hammer, mais il tangue plus vers le petit film cute pour enfants. On est loin de The Nightmare Before Christmas et autres.

C’est donc assez décevant de constater que dès qu’il y a un peu d’humour noir ou de l’irrévérence, Igor ne pousse pas ses limites vers cette frontière, le film nous ramenant constamment vers l’enfantin. Par contre, je tiens à préciser que tout cela forme en fait un bon petit dessin animé pour les jeunes enfants, mais qu’il ne vient juste pas vibrer la corde des fans de films d’horreur en nous, la grosse morale du film n’aidant pas la cause.

La qualité d’animation d’Igor est parfaite pour son petit coté Walt Disney, par contre, le genre s’accorde mal à la parodie qu’il dépeint. Ainsi, les dessins sont beaucoup trop mignons et flamboyants. Igor aurait bénéficié pas mal plus du stop animation qui aurait pu lui donner un côté plus rude, noir et graniteux. Les personnages étant trop déformés de la réalité pour vraiment faire peur.

Par contre, le meilleur coup du réalisateur Anthony Leondis est dans ses montages. Deux ou trois fois durant le film, on nous sert une scène de montage où les personnages s’exerceront ou construiront quelque chose. Visuellement, cela n’a rien d’extraordinaire. Par contre, là où se tient le génie est dans la musique. Leondis se sert alors de vieilles chansons d’époques des années 30 ou 40 pour ponctuer ses scènes. C’est alors que la musique prend toute la place et nous sert les meilleures scènes du film, Patrick Doyle nous offrant une trame sonore qui brille tout simplement.

Avec Igor, on ne cesse de regarder les défauts du film qu’il voudrait être au lieu d’apprécier le genre qu’il est vraiment. Ce n’est pas un mauvais film d’animation, mais plutôt un mauvais hommage.

  • Dominic Paulhus

  • Coraline (2009)
    The Nightmare Before Christmas (1993)

     

     
     


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