|
![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
I KNOW WHO KILLED ME2007
RÉALISATION: Chris Sivertson L'idée d'un film d'horreur avec comme tête d'affiche Lindsay Lohan, la nouvelle reine hollywoodienne de la débauche, est ce qu'on peu considérer de l'horreur à l'état pure!! En plus d'avoir une présence permanente dans tous les médias, voilà que l'actrice se pointe le bout du nez dans notre genre favoris. Ce qu'il y a d'étonnant, c'est que Lohan était le choix principal de Chris Siverston, l'étoile montante du cinéma d'horreur, qui a fait tourner bien des têtes avec son premier film The Lost. Voilà donc un duo intéressant, mais qui avait bien des preuves à démontrer! Aubrey Flemming est une jeune adolescente de bonne famille qui a l'ambition de devenir écrivaine. Après avoir assisté à un match de football joué par son petit ami, Aubrey est kidnappée par un tueur en série qui la torture pendant dix sept jours! Une fois échappée, un bras et une jambe en moins, Aubrey affirme s'appeler Dakota et que la vraie Aubrey est toujours prisonnière du psychopathe. Ne trouvant aucune faille apparente dans la psychose de la jeune fille, les autorités n'ont d'autres choix que de la relâcher et espérer que le tueur ne sévira pas à nouveau. En révéler plus ne ferait que gâcher les secrets du film. I Know Who Killed Me est bien loin d'être un véhicule pour mousser la popularité de sa jeune starlette. Au contraire, les amateurs de Lohan seront certainement déstabilisés de la voir dans cet exercice de style, tant visuel que narratif. Ce qui débute comme l'évolution logique de la vague de films de torture, se transforme rapidement en casse-tête aux élans horrifiques et fantastiques. L'histoire, en apparence simple, se complique à mesure que le film progresse. Celle-ci nous présente la quête de vérité menée en parallèle par les policiers, les parents d'Aubrey et Dakota. Plusieurs concept hantent le film dans le but de mélanger le spectateur. La personnalité multiple, la jumelle sortie de nulle part, le double et les stigmates télépathiques sont suggérés comme pistes par le scénariste Jeff Hammond, mais ne comptez pas sur lui pour confirmer la vraie nature de son mystère. Pour son deuxième long métrage, Chris Siverston confirme qu'il est un cinéaste audacieux, pour qui la conformité n'est pas une option. Baignant dans le symbolisme, I Know Who Killed Me laisse beaucoup de place à l'interprétation. Vu au premier degré, l'oeuvre risque d'ennuyer bien du monde, mais une approche approfondie révèle un film sophistiqué. Visuellement, Siverston démontre rapidement ses influences. Le cinéaste apporte beaucoup d'importance aux couleurs et à leur signification. Les éclairages bleutés et rougeâtres se côtoient magnifiquement au gré de la dualité des deux personnages de Lohan. Visuellement, ça fait beaucoup penser à la filmographie de Dario Argento (Suspiria, Inferno) et ça tombe bien puisque Siverston a le talent pour bien maîtriser un tel style. L'atmosphère singulière du film est aussi agrémentée d'un fond musicale digne des meilleures productions macabres. Avec son scénario particulier, Siverston prend beaucoup de risques, ignorant souvent la logique au profit de l'atmosphère générale de son oeuvre. Le réalisateur change constamment l'enjeu quant à la clé de l'énigme. Les nombreux revirements sont cycliques et réorientent toujours le film vers d'autres horizons. Le rythme est ainsi saccadé et le style du film en constant changement. Du thriller érotique, au film d'horreur en passant par le fantastique et la comédie, I Know Who Killed Me est non seulement singulier, mais aussi franchement bizarre!! Malgré l'abondance des genres, le film contient son lot de moments horrifiques mémorables. Les quelques plans gores du film sont parmi les plus dégoûtants récemment mis sur pellicule! La torture avec de la glace sèche... fallait y penser!! Il est étonnant de constater la liberté dont a bénéficié Siverston. Le réalisateur s'éclate vraiment, poussant l'absurdité de son récit assez loin et présentant une histoire qui ne fera aucun sens pour bien du monde!! Ceci dit, à force d'expérimenter, Siverston rate aussi souvent la cible. Les nombreuses touches d'humour sont souvent inutiles tandis que certaines décisions narratives sont risibles (le bras bionique de l'héroïne). La finale tant qu'à elle, s'étire légèrement et offre moins de surprises que le reste du récit. Ceci dit, l'audace démontrée par le cinéaste compense largement pour les faiblesses du film. Il est certain que le nom de Lindsay Lohan imprimé en gros sur l'affiche repoussera bien des cinéphiles. C'est dommage puisque I Know Who Killed Me est bien différent de ce à quoi nous a habitué l'actrice. Bien qu'imparfait, le film propose la vision audacieuse d'un cinéaste talentueux qui ne se contente pas de suivre la masse.
| |||