|
![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
INFERNO1980
RÉALISATION: Dario Argento Inferno est le deuxième volet de la trilogie de Dario Argento portant sur les trois mères. Débutée en 1977 avec l'excellent Suspiria, la trilogie n'est pas encore complétée. Le tournage du troisième film, Mother Of Tears, devrait débuter en 2006. Rose est nouvellement établie dans la ville de New York. Elle demeure dans un immeuble où les événements étranges font partie du quotidien. Un jour, elle achète un livre intitulé The Three Mothers à un brocanteur. Selon ce livre, le monde serait dirigé par trois vieilles sorcières qui sont cachées dans des endroits stratégiques. Il y a la Mère des Soupirs (Suspiria) qui se cache dans une école de ballet à Freiburg, la Mère des Larmes qui se cache à Rome et la Mère de la Noirceur qui réside à New York ... dans l'immeuble de Rose. En voulant investiguer, Rose goûte à la médecine de la puissante sorcière. Avant de mourir, Rose avait envoyée une lettre à son frère Mark, pour lui raconter les fruits de ses recherches. Du moment qu'il prend possession de la lettre, Mark se met à vivre d'étranges phénomènes. Sans nouvelle de sa soeur, Mark décide d'aller à New York pour la retrouver. Les détracteurs de Dario Argento ont pris un malin plaisir à rabaisser Inferno lors de sa sortie en 1980. Accusant le film d'incohérence et de faiblesses narratives, les critiques ont eu raison du film, qui n'a pas connu le succès voulu. Il faut comprendre que Dario Argento (Deep Red, Opera) est un cinéaste visuel. Regarder un film d'Argento, c'est comme regarder une exposition d'oeuvres d'art. Pour arriver à cette fin, le cinéaste doit souvent sacrifier toute logique narrative. À mon avis, c'est ce qui fait la beauté de bon nombre de ses films et Inferno ne fait pas exception. Tout comme c'était le cas avec Suspiria, la grande vedette de cette suite est sa cinématographie. Moins percutant que celui de son prédécesseur, le visuel d'Inferno est néanmoins sublime. Dario Argento a un talent fou pour raconter une histoire avec seulement l'aide de l'image et du son. Avec Inferno il transforme un scénario confus en orgie visuelle, mélangeant décors gothiques et couleurs primaires de façon remarquable. Ajoutez à cela des meurtres sadiques filmés avec élégance. C'est à se demander pourquoi il n'y a pas plus de réalisateurs qui s'inspirent de son style, car bon nombre de films récents sont fades visuellement. Par contre, Inferno n'est pas un film pour tout le monde. Si vous n'êtes pas familier avec l'univers de Dario Argento, ce n'est pas le film idéal pour s'y initier. En tant que suite, Inferno est beaucoup moins bon que Suspiria, mais il est quand même tout aussi intéressant. Le film se digère beaucoup mieux à la deuxième et même troisième écoute. Il y a tellement de petites subtilités présentes qu'il est difficile de toutes les remarquer à la première écoute. Il y a deux éléments qui rendent le film moins bon à mes yeux. Premièrement, le scénario joue au saute-moutons avec ses personnages et cela affecte le rythme. Contrairement à Suspiria où l'on découvrait l'intrigue des yeux de Suzie, une danseuse américaine, Inferno n'a pas de réel protagoniste. Le film se veut une série de moments étranges qui se succèdent. Je crois que le film aurait été supérieur s'il s'en était tenu qu'à un seul personnage principal. Aussi, le choix du compositeur musical est un peu douteux. Les compositions de Keith Emmerson (The Church) sont parfois bonnes, parfois mauvaises, mais leur pire défaut est qu'elles ne concordent pas toujours avec l'action du film. Il aurait été préférable qu'Argento fasse appel à l'un de ses collaborateurs habituels, soit les Goblin (Suspiria) ou Ennio Morricone (The Bird With The Crystal Plumage). Malgré tout, ces défauts ne sont que mineurs, car il est difficile de se plaindre en assistant à un tel spectacle pour les yeux. Inferno ne jouit peut-être pas de la même popularité que certains classiques de Dario Argento, mais il demeure un de ses films les plus importants. Avec deux films aussi intéressants, il est à souhaiter que le cinéaste italien terminera cette trilogie au plus vite. Avec toute l'expérience qu'Argento a acquis au cours des années, ça risque de donner une finale mémorable.
| |||