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THE INHERITANCE
2011
RÉALISATION: Robert O’Hara
SCÉNARIO: Robert O’Hara
AVEC: Rochelle Aytes, Golden Brooks, Janae Burney, Keith David et Darrin Dewitt Henson
The Inheritance raconte l’histoire de plusieurs familles afro-américaines dont le destin est lié par un nébuleux pacte passé avec un démon par leurs ancêtres, esclaves dans les plantations de coton qui ont négocié le sang de cinq de leurs enfants en échange d’une vie décente ainsi que de la réussite personnelle. Malheureusement, pour conserver le charme sur leurs têtes et s’éviter les foudres du démon, chacune des générations suivantes devra répéter à son tour le rite sacrificiel. L’action du film nous transporte de nos jours, tandis que cinq cousins/cousines bravent les conditions hivernales pour se rendre à une réunion de famille prenant place dans la demeure isolée de leur oncle, croyant chacun de leur côté pouvoir obtenir une certaine somme de leurs aînés. Bien entendu, la rencontre tournera rapidement au cauchemar total et rarement la notion de « liens de sang » aura eu une si mauvaise connotation…
The Inheritance débute très bien. Trop bien, m’a-t-il même semblé 1h24 plus tard. L’idée de situer l’action dans une famille noire n’est pas bête, puisqu’elle permet de créer des nuances dès l’introduction (l’histoire d’esclavagisme, par exemple) et d’éviter au film d’avoir tout de suite l’air trop conventionnel. Le scénario dépeint bien ses personnages (qui sont pour la plupart incarnés de manière très honnête), le spectateur sent le trouble et la menace qui flottent au-dessus de leurs têtes sans pour autant parvenir à ce moment là en identifier la cause. Le problème, c’est que toutes les bonnes intentions du film n’auront aucun aboutissement.
Toujours pour ce qui est des aspects positifs du film, Robert O’Hara est un réalisateur qui n’a pas peur d’oser, ça c’est certain. Sa réalisation est très fonceuse, employant certaines idées novatrices ou, du moins, rarement utilisées. Contrairement à certains films indépendants vus dans les dernières années, ces aléas expérimentaux dans le montage et la réalisation s’accueillent très bien. The Inheritance bénéficie aussi d’une bien belle photographie, ce qui est toujours pratique lorsque l’on désire faire ressortir du lot un film d’horreur plus souterrain. La volonté de faire prendre place à l’histoire au milieu d’une forêt enneigée n’est pas stupide, générant les bases de ce qui aurait pu être un huis clos efficace.
Malheureusement, ce ne sera pas le cas. The Inheritance se met d’abord en place d’une manière si aisée, séduisante et prometteuse que l’on se surprend à espérer être tombé sur le gros lot. Mais après avoir passé le cap de la première trentaine de minutes, le navire sombre. Alors que l’ambiance était jusque là tendue et angoissante, le film ne fournit pas vraiment la marchandise lorsque l’on le lui demande. Le tout commence à perdre des plumes lors de la première apparition de la famille éloignée de nos personnages, un moment surréaliste qui semble plus drôle qu’inquiétant. Il soulève d’ailleurs certaines incohérences très basiques qui éveillent en bouche le doux goût de la pourriture. De mon côté, je peux vous dire qu’après avoir vu huit vieillards déguisés comme des chamans vaudou et chantant l’histoire du sacrifice humain qui a sauvé la famille… Je serais anxieux! Particulièrement quand ces individus viennent vous voir à des kilomètres de toute civilisation et ne restent que les cinq minutes qui leur servent à vous parler de ce sacrifice! Plusieurs éléments de la sorte nuisent à l’immersion.
Pour renchérir à cela, la plupart des meurtres sont mal mis en scène, se basant presque uniquement sur une musique lourde pour créer un semblant de stress chez le spectateur en plus de bouder le vrai plaisir de la chose, c’est-à-dire la mise à mort en tant que telle. Dans un film qui se veut à sa seconde moitié une course poursuite haletante entre les survivants et leurs oncles/tantes meurtriers, c’est dommage. On ressent à la fois l’impression d’un coït interrompu et l’envie d’envoyer par la poste à Robert O’Hara le film The Children de Tom Shankland, un excellent long métrage relativement semblable sur certains points, mais qui pousse de son côté cent fois plus loin dans les effets sanglants.
Malgré tout, O’Hara parvient à entretenir notre attention à l’aide d’une progression qui ne se devine pas à l’avance ainsi que de sa réalisation qui couvre assez bien la fuite éperdue de nos protagonistes au cœur des bois. L’un des problèmes d’Inheritance est que, si l’on arrive nous-mêmes difficilement à anticiper les événements à venir, il n’est pas très clair à l’apparition du générique si Robert O’Hara savait lui-même quelle direction il prenait avec son scénario. Le dernier tiers du film est un fouillis absolument incompréhensible et les cinq dernières minutes accumulent d’incroyables lacunes dans la mise en scène (faut le voir pour le croire) ainsi que bon nombre d’événements stupides/inexpliqués. Ce dernier droit est clairement ce qu’il y a de pire dans The Inheritance.
Un énorme pétard mouillé. C’est ce que je retiens de The Inheritance. Le film ne tient aucune de ses promesses. Il y a tout de même des points positifs à la chose et il est possible qu’une personne l’abordant avec un tout autre état d’esprit que le mien retire plus de satisfaction de son expérience. Pour le moment, c’est une autre preuve que, décidemment, je ne sais pas choisir les films que je désire critiquer.



• The Children (2008)
• The Skeleton Key (2004)
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