|
![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
THE INNOCENTS1961
RÉALISATION: Jack Clayton Le roman The Turn Of The Screw écrit par Henry James est l'histoire de fantômes par excellence. Ce n'est donc pas un hasard qu'il ait été adapté pour la télévision et le cinéma plus d'une quinzaine de fois! De toutes ces adaptations, seul The Innocents a réussi à obtenir une reconnaissance semblable au roman. Une jeune gouvernante prend en charge deux enfants orphelins qui vivent dans le somptueux manoir de leur oncle. Lorsqu'elle apprend que l'ancienne gouvernante ainsi que son amant sont morts dans le manoir, elle se met à avoir des hallucinations de ceux-ci. Lorsque le comportement des deux enfants se met à changer, la gouvernante est persuadée qu'ils sont possédés par les esprits de l'ancienne gouvernante et de son amant qui veulent revenir parmi les vivants! En apparence, The Innocents est une histoire de fantômes des plus conventionelles. Par contre, le réalisateur Jack Clayton (Something Wicked This Way Comes) ne perd pas de temps à nous entraîner dans une ambiance déstabilisante qui nous tient sur le qui-vive du début à la fin. Contrairement aux autres adaptations de l'oeuvre de Henry James, The Innocents n'a pas peur de pousser la tension sexuelle et les sous-entendus incestueux du récit. Très avant-gardistes pour leur temps, les deux scénaristes tentent de nous faire douter de la présence des fantômes. Le tout est traité avec une telle ambiguïté qu'il est difficile de ne pas se laisser prendre au jeu. De ce fait, la finale arrive comme une claque au visage et force à reconsidérer notre perception de l'intrigue. La clé de la réussite pour n'importe quel film de fantômes est la création d'une atmosphère appropriée par le réalisateur et son directeur photo. Dans The Innocents, l'atmosphère opressante est supportée par une somptueuse photographie en noir et blanc. Les vastes couloirs du manoir ainsi que ses interminables pièces sont utilisés efficacement pour ainsi créer un lieu inconfortable. Clayton joue aussi énormément avec les perceptions du spectateur pour déjouer les attentes. Les regards et les expressions des enfants sont calculés pour faire en sorte que les interrogations de la gouvernante soient fondées et réalistes. De plus, le réalisateur utilise énormément de métaphores visuelles et de messages cachés dans ses plans. Les spectateurs attentifs sauront déceler quelques indices à l'intrigue. Mais attention, ceux-ci ne feront que renforcer le sentiment d'ambiguïté face à l'histoire. Les apparitions des fantômes sont autant effrayantes qu'inattendues. Les deux spectres apparaissent comme bon leur semblent, que ce soit en plein jour ou au milieu de la nuit. Ce qui les rend si épeurants est qu'ils restent figés avec un regard mystérieux en direction de l'héroïne. Tout aussi effrayants sont les deux jeunes enfants, dont l'importance à l'histoire demeure nébuleuse tout au long du film. Interprétés avec brio par Martin Stephens (Village Of The Damned) et Pamela Franklin, Miles et Flora sont dotés d'une innocence hypocrite qui accentue le sentiment de paranoïa chez l'héroïne principale. Cette dernière est interptétée avec classe par Deborah Kerr, qui joue avec justesse la folie contrôlée de son personnage. Bien que la finale soit un peu brusque et que certaines décisions narratives semblent contradictoires, ces défauts ne font qu'accentuer l'ambivalence du récit. The Innocents est un excercice efficace en suspense. En apparence "innocent", le film est dôté d'une richesse qui nous force un visionnement subséquent pour l'apprécier dans toute sa splendeur. Les amateurs de films d'horreur psychologiques, même les plus blasés, ne perdent rien à découvrir ce classique obscure de l'horreur.
| |||