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INSANITARIUM2008
RÉALISATION:Jeff Buhler
Au moment de mettre en ligne cette critique, Midnight Meat Train n’est ni sorti en salle, ni été présenté à Fantasia encore. Votre humble serviteur n’a donc pas pu voir ce film. Mais après avoir écouter la première réalisation de Jeff Buhler, un degré d’excitation supplémentaire se fait ressentir en moi. Tout simplement parce que celui qui a co-écrit Midnight Meat Train est celui qui a réalisé et scénarisé le démentiel Insanitarium!
Jack n’en peut plus de ne pas avoir de nouvelles de sa sœur, qui a été internée suite à une tentative de suicide. Il concocte alors un plan pour se faire interner exprès afin de sortir sa sœur de l’asile. Mais rendu à l’intérieur, il découvrira que son plan est plus facile sur papier qu’en réalité, surtout lorsqu’une expérience tentée par le directeur de l’asile tourne mal et que les internés tournent tous en psychopathes cannibales.
Insanitarium est comme descendre de très longues marches : au début, on prends notre temps, ensuite on commence à trouver son rythme et l’on descends plus vite, pour finalement se faire entraîner par le rythme et débouler les marches à toute allure. Je ne veux pas dire que le film est aussi douloureux que de tomber dans des escaliers, mais plutôt qu’à un certain moment donné, tout bascule et on se laisse entraîner allégrement dans le carnage qu’Insanitarium nous propose.
La première moitié du film est assez décevante par contre. Jeff Buhler met alors ses pièces en place, afin de construire son film pour nous emmener vers l’action. Bien que ce soit nécessaire, ce long segment prend beaucoup trop de temps à aboutir. Deuxièmement, pendant tout ce temps, le scénario et la réalisation sont assez confus. Parfois, on a l’impression que tout va trop vite et qu’il manque des éléments. De plus, le personnage principal, Jack, est mal construit. On ne semble jamais certain de savoir ce qu’il fait, si c’est vrai ou non. Son évolution manque de précision et franchement, l’interprétation dramatique qu’en fait Jesse Metcalfe est moyenne. Finalement, le plus gros problème dans son scénario sont les deux plus gros antagonistes de son récit, le bon professeur et son adjointe. À un moment donné, cette dernière ce fait violer par le professeur parce qu’elle a osé nommer son traitement comme un simple médicament. Après en avoir abusé, elle défait tout simplement ses liens, sans problèmes, et ce met à suivre le professeur pour savoir ce qui va arriver de la prochaine réunion. À ce moment là, j’ai réalisé que Buhler ne savait pas quoi faire de ses méchants. Ses personnages de fous sont bien plus crédibles et effrayants que les salauds qu’il tente de nous faire avaler. Il les construit malheureusement de façons trop grossièrement exagérées.
Mais tout ce scénario banal et hyper conventionnel n’a qu’un seul et magnifique, but : nous emmener vers un carnage. J’étais écrasé confortablement dans mon divan, en train de manger des fruits, plus ou moins attentif au long métrage et soudain, bang! Me voila les yeux bien ouverts, assis sur mon divan en train de lancer des « Oh!!! » dignes de Fantasia chaque fois qu’un meurtre se produit! C’est à ce moment que le film change d’une copie bon marché de Prison Break à un mélange entre 28 Weeks Later et Alone in the Dark (pas celui de Uwe Boll, la version de 1982). D’un côté, nos protagonistes se font attaquer par des fous, et de l’autre, par de simples internés de l’asile transformés en bêtes cannibales.
Cette partie du film recèle alors des quantités énormes de gore et de sang, en passant de la folle aux totons à l’air qui mange carrément un pénis, au fou qui raconte comment l’intérieur du chat qu’il a trouvé est chaud et le démontre en le démembrant, jusqu'au protagoniste qui sauve son ami en plantant un énorme couteau de cuisine en pleine face d’un pseudo zombie. C’est comme cela pendant environ le tiers du film, de l’action déjanté et des effets spéciaux old-school, sans CGI. De plus, c’est à partir de ce moment du film que l’on réalise qu’il y a une trame sonore. La musique prends alors plus de place et de qualité et rajoute un plaisir supplémentaire au film, tout en l’aidant à s’élever plus haut que le reste. Encore là, la musique semble confirmer qu’Insanitarium a des airs de ressemblance à 28 Weeks Later.
Insanitarium m’a agréablement pris par surprise sous plusieurs angles. Non seulement le film ne semble laisser aucun indice par rapport à son utilisation de pseudo zombies, mais la lenteur et la monotonie de la première partie cache parfaitement un deuxième acte ensanglanté et dégeulasse à souhait. Vive l’arrivé de Midnight Meat Train!
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