IN THE BLOOD

2006

RÉALISATION: Lou Peterson
SCÉNARIO: Lou Peterson
AVEC: Tyler Hanes, James Katharine Flynn, Robert Dionne, Carlos Alberto Valencia et Alison Fraser

Imaginez une histoire qui à prime abord n’a rien d’étonnant, mais qu’au fil des scènes, un frisson prend tranquillement possession de votre chair. Alors, vous réalisez avec surprise que vous vous trouvez devant un bon film. C’est exactement ce qui m’est arrivé avec In the Blood. En écoutant la bande-annonce, je n’étais pas du tout emballée, mais après à peine quinze minutes de projection, j’étais entièrement captivée par le récit intriguant et les images surprenantes. Quelle joie! Quel bonheur! L’histoire est toute simple, sans artifices et peut même paraître risible, mais c’est parfois ce genre de recette qui permet à l’équipe de ne pas se perdre et de maîtriser complément l’art horrifique.

Cassidy est un étudiant universitaire sérieux et populaire. Ses études se déroulent bien jusqu’au jour où, pendant un cours, il perçoit une vision de sa jeune sœur couverte de sang. Il fait immédiatement le lien avec les meurtres et viols sordides qui ont lieu sur le campus. De plus, sa sœur correspond exactement aux caractéristiques physiques des victimes : jeune, jolie, blonde et vierge. Il essaie donc de comprendre comment ses pouvoirs fonctionnent et, grâce à l’aide de sa tante, il conclue qu’ils sont déclanchés par ses moments d’intimité avec son compagnon.

Et voilà! Rien de plus extravagant. L’introduction est déjà quelques choses en soi. On succède sur un rythme rapide des images qui donnent l’eau à la bouche afin de créer un dynamisme et d’interpeller l’attention du spectateur. L’effet est surprenant et efficace. On ne doit surtout pas se fier au petit budget apparent qui entoure la production de ce long-métrage. Ce qui prouve que parfois, on fait des trouvailles inestimables dans ce qu’on croyait initialement sans attraits.

Je me dois de vous parler de l’aura stupéfiante qui entoure le film. Un savant mélange d’antiquité et de modernité. De ce dernier émerge la mise en scène d’un personnage héroïque jeune, beau mais surtout homosexuel et l’on ne se gêne aucunement pour montrer plus moins explicitement ses ébats amoureux. Il y a donc une bonne dose de nudité masculine pour faire changement. J’ai aussi senti une influence prononcée provenant de certain classique de l’horreur des années soixante-dix. Surtout par la trame de l’histoire et la construction globale du film.

Lorsqu’on écrit un scénario, il est facile d’oublier de donner certain détail important ou non qui crée une interrogation chez le spectateur qui décroche du récit. Lou Peterson a fait un effort considérable. Aucun personnage n’omet de mentionner l’heure et le point de rencontre d’un rendez-vous. On respecte assidûment l’ordre logique des choses. Par exemple, Cassidy saigne de plus en plus souvent du nez à cause de ses visions et bien, il se rend chez le médecin. Complètement inutile côté développement de l’histoire comme scène, mais ça rajoute beaucoup de réalisme et c’est totalement singulier.

J’ai peu de chose à dire à propos de la musique. Elle fait ce qu’elle a à faire disons. Ils n’ont probablement pas mis l’accent sur cette variable. C’est sans contester la direction photographique qui a reçu toute l’attention. Elle est magnifiquement exposée, créative et innovatrice. On expérimente avec les couleurs des vêtements et des décors, les intensités lumineuses, les mouvements et positionnements de caméra. Petit budget ne rime pas nécessairement avec mauvaise réalisation.

Sortons maintenant quelques mauvaises notes. Elles sont rares et insignifiantes mais tout de même présentes. D’abord, j’ai eu la joie d’observer quelques faux raccords. Des trucs anodins comme des cartes de tarot placées à un endroit lors d’un gros plan qui sont à un tout autre endroit lors du plan d’ensemble qui suit. Un autre point me vient en pensant aux fondues qui séparent les scènes. Ils sont parfois trop longues. On laisse trop longtemps au noir ce qui casse le rythme. Outre ces deux points, c’est bien malheureux, mais je n’ai rien à ajouter.

C’est un film probablement difficile à se procurer, mais il vaut l’effort. La fin en surprendra plus d’un, c’est certain!

  • MaryBel Gervais

  • Carrie (1976)
  • Stir of Echoes (1999)

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