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INTRUDER
1989
RÉALISATION: Scott Spiegel
SCÉNARIO: Scott Spiegel
AVEC: Elizabeth Cox, Dan Hicks, Renée Estevez, David Byrnes et Sam Raimi
Décembre 2011 aura été un gros mois pour Scott Spiegel! Ce cinéaste, surtout reconnu comme étant un bon ami de Sam Raimi et Quentin Tarantino, a tiré avantage d'une belle vitrine alors que son dernier opus, Hostel Part III, s'est pointé le bout du nez dans les magasins et que son tout premier film, Intruder, a bénéficié pour la première fois d'une sortie d'importance. En effet, le distributeur Synapse Films a sorti des boules à mites l'un des slashers les plus jouissifs des années 80. Il y a de quoi célébrer, mes amis!!
Les employés de nuit d'une épicerie sont sur le qui-vive. L'ex-petit ami d'une employée, récemment libéré de prison, est venu semer le trouble avec la promesse de revenir. Et comme si ce n'était pas assez pour gâcher leur soirée, leur patron leur apprend qu'il a vendu le commerce et qu'il mettra fin à leurs emplois dans un mois. Malgré tout, les jeunes commis de l'équipe de nuit s'acharnent au travail. Mais une autre tuile s'apprête à leur tomber sur la tête. Un psychopathe s'est introduit dans le commerce dans le but de les massacrer les uns après les autres! Travailler de nuit n'aura jamais été aussi exigeant!
La fin des années 80 est considérée comme une période creuse pour le cinéma d'horreur, surtout les slashers, un style qui est devenu redondant en raison de sa surexploitation. À quelques exceptions près, Intruder fait bande à part. Ce croisement entre Friday The 13th et Clerks est tout droit sorti du moule Sam Raimi, alors que Spiegel (coauteur du scénario d'Evil Dead 2) tente d'émuler le style de son bon copain. Spiegel n'est pas l'ombre de Raimi, mais son style éclectique donne une bonne dose d'énergie à un sous-genre qu'on était prêt à enterrer en 1989. Ajoutez à la distribution ce même Raimi, son frère Ted, Dan Hicks et Bruce Campbell dans un caméo et vous avez entre les mains un film que les amateurs de The Evil Dead ne voudront pas manquer.
Il n'y a pas de doute que Spiegel est le Sam Raimi des pauvres, mais son style de réalisation sert magnifiquement le cinéma d'horreur à petit budget. Le cinéaste, à qui l'on doit aussi le sous-estimé From Dusk Till Dawn 2: Texas Blood Money, a comme marque de commerce d'utiliser des angles de caméras toutes plus saugrenues les unes que les autres. Ainsi, on a droit au point de vue de l'intérieur d'un panier d'épicerie, d'une poignée de porte qui tourne, de l'intérieur d'un téléphone à cadran et de visions difformes à travers des bouteilles de vitres pour ne nommer que ceux-là. Ce n'est pas toujours subtil, mais ça ajoute au plaisir de regarder l'oeuvre.
Outre la caméra qui ne tient pas en place, Intruder fonctionne car Spiegel comprend parfaitement les rudiments du slasher. Le réalisateur a préalablement fait sa liste d'épicerie et nous sert avec justesse tous les ingrédients, donc tous les clichés, mais avec une grosse boule de crème glacée garnie de chocolat fondant en accompagnement. Les victimes sont charmantes dans leur unidimensionnalité, l'épicerie est un lieu autant idéal qu'inexploité pour le genre, l'héroïne a de la voix, la musique est calquée sur les compositions d'Harry Manfredini et les meurtres sont décapants! Spiegel livre aussi une des meilleures "tournées des victimes", la scène classique dans tout slasher, alors que l'héroïne découvre tour à tour ses amis morts. En prime, la confrontation entre cette même héroïne (Elizabeth Cox, excellente) et le tueur démontre que Spiegel est capable de faire dans l'excès sans jamais tomber dans l'humour bas de gamme.
Et parlant d'excès! La version "director's cut" fournie par Synpaspe Films saura ravir les fans de gore des années 80. Si certains trouveront le film un peu long à démarrer, une fois que l'intrus s'introduit dans le commerce, le carnage débute. La particularité des meurtres du film est le jumelage de scènes artistiquement recherchées à d'autres excessivement gores. L'utilisation d'angles inusitées se poursuit et l'équipe de KNB, dans leur premier film en tant que compagnie, assure niveau effets sanguinaires. On retrouvre, entre autres, un coupage de tête par scie à viande très réaliste et le tueur qui tabasse une victime à l'aide d'une tête décapitée qu'il tient par les cheveux. Ce n'est peut-être pas un bain de sang comparable à Dead Alive ou même Evil Dead 2, mais pour un slasher, c'est parfaitement dosé.
Synapse Films a fait tout un boulot avec le Blu-ray d'Intruder. Déjà que d'avoir sorti ce film méconnu sur le format dans un transfert impeccable soit un exploit, les gens de Synapse ne ce sont pas arrêté là. Inclus comme suppléments sont un documentaire sur le tournage de 38 minutes, un commentaire audio avec Spiegel et le producteur Laurence Bender, des extraits du court métrage à la base du film, des scènes de meurtres allongées et les auditions des principaux acteurs.
Encore une fois, Synapse réussit un grand coup! Mon impartialité pour les slashers des années 80 y est pour beaucoup dans mon appréciation, mais croyez-moi lorsque je vous mentionne qu'Intruder est un petit bijou. Alors, qu'attendez-vous ?!? Maintenant, il ne vous reste plus qu'à savoir si vous le voulez emballé dans un sac en plastique ou en papier!



• Night Crew (Titre alternatif/USA)


• Hide And Go Shriek (1988)
• The Slumber Party Massacre (1982)
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