I SPIT ON YOUR GRAVE

1978

RÉALISATION: Meir Zarchi
SCÉNARIO: Meir Zarchi
AVEC: Camille Keaton, Eron Tabor, Richard Pace, Anthony Nichols et Gunter Kleemann

Je me suis vu confier la lourde tâche de rafraîchir la critique de I Spit On Your Grave pour Horreur-Web.com et je l'avoue, je ne sais trop par où commencer. Je me sens comme un enfant de 8 ans, qui se fait demander une analyse critique de E.T. au beau milieu des années 80. Je commence donc par me positionner: I Spit On Your Grave est l'un des films m'ayant le plus marqué au premier visionnement ; J'ai pour cette œuvre un respect immense.

Jennifer Hill (Camille Keaton) est une jeune écrivaine qui s'apprête à encrer son prochain roman. Elle décide de s'installer dans un chalet reclus, à la campagne, le temps de se ressourcer et de s'inspirer. Elle fait rapidement la rencontre de Johnny (Eron Tabor), Stanley (Anthony Nichols) et Andy (Gunter Kleemann), les trois employés de la station service, alors qu'elle s'y arrête pour faire le plein et demander son chemin. Comme la belle jeune femme peu méfiante qu'elle est, elle se laisse déshabiller du regard sans crainte par les trois rapaces, avant de reprendre la route. À son arrivée au chalet, elle passe une commande à l'épicerie du village, qui lui est livrée un peu plus tard. Elle fait alors la rencontre de Matthew (Richard Pace), le jeune employé légèrement attardé du magasin, qui est plus qu'heureux de se faire remercier par un baisé amical de Jennifer. À son retour au village, Matthew partage sa rencontre avec les trois pompistes, qui salivent déjà en pensant à la facilité qu'ils auront à tirer un coup avec cette salope de la grande ville. C'est ainsi que le groupe de voyous prépare son abjecte dessein, tout en se persuadant qu'au fond, c'est tout ce qu'elle demande.

Les quatre hommes entrent par effraction dans le chalet de Jennifer, l’humilient, la violent à répétition et la délaissent comme un vulgaire objet sexuel jetable, à moitié morte. Ils tentent ensuite de convaincre Matthew d’aller l’achever, sous la menace de ne plus faire partie de la bande. Matthew n’en est pas capable, mais fait croire à ses intimidateurs qu’il l’a tuée. Les jours passent et Jennifer reprend du mieux. Elle mijote sa vengeance, qui sera terrible. Tour à tour, les quatre bâtards reçoivent ce qu’ils méritent, au grand contentement / soulagement du spectateur. Meurtre à la hache, castrations et strangulation nous sont servis froids, comme le veut le dicton.

Injustement commercialisé par Jerry Gross comme un vulgaire film d'exploitation sous le titre I Spit On Your Grave, Day of the Woman (tel qu’initialement intitulé par son réalisateur) se veut réellement un drame d'horreur psychologique, qui vient confronter le spectateur comme peu d'autres films l'ont fait auparavant. Je ne sais pas si j’ai vraiment besoin de le mentionner, mais on doit s’adapter à l’époque pour pleinement apprécier le film de Meir Zarchi. En 1978, un film dans lequel une jeune femme se fait violer à répétitions en plein jour, c’était dur. Alors quand la victime devient l’héroïne du film en mutilant graphiquement ses assaillants, c’était trop.

Le jeu des acteurs est en partie responsable de l’engouement monstre que connaît encore aujourd’hui le film. Pour une distribution qui ne compte que des noms d’inconnus (plus particulièrement en 1978), les prestations n’ont rien d’un film d’exploitation. Camille Keaton réussit à nous faire croire qu’elle a été sauvagement violée, et quand vient le temps de se venger, elle réussit à nous faire applaudir. Eron Tabor (Johnny) est assez détestable pour lui souhaiter ce qui lui arrive, et que dire d’Anthony Nichols (Stanley), sinon que je lui mettrais bien mon poing dans face. Mais ce qui retient véritablement l’attention autour de ce film, c’est sans contredis son statut controversé.

À l’époque, Roger Ebert a qualifié I Spit On Your Grave a.k.a. Day of the Woman de film abject sans aucune valeur cinématographique. Il a aussi affirmé que selon lui, le film attire un public de "criminels sexuels viscéraux". Le pauvre homme était clairement ébranlé, mais refuse toujours d’admettre que son appréciation à froid fût biaisée par… La peur ! Cela dit, je ne peux lui en vouloir, personne n’avait rien vu de tel à l’époque et de toute façon, I Spit On Your Grave a.k.a. Day of the Woman a su enfanter ses propres lettres de noblesse. C’est sans parler des mouvements féministes qui l’ont traîné dans la boue ; des nombreux débats générés autour de la question du voyeurisme, de la moralité du public d’un tel film, de ce qui est acceptable ou non au cinéma et bla, bla, bla… C’est évidemment autour de toute cette controverse que le film s’est fait connaître. La vérité, c’est que tous fan d’horreur qui se respecte se doit d’avoir vu I Spit On Your Grave a.k.a. Day of the Woman. Pour certains, il s’agit d’un véritable chef d’œuvre ; Pour d’autres, c’est insoutenable ; Pour certains autres, c’est "overrated" ; Et pour la génération Saw, ça manque de torture (situation remédiée dans le remake de 2010).

À l’exception d’une entrevue de 30 minutes intitulée The Values of Vengeance : Meir Zarchi remembers I Spit On Your Grave, dans laquelle Zarchi confirme finalement être prêt à réaliser la suite longuement mijotée de son œuvre culte, les extras du nouveau disque d’Anchor Bay sont identiques à ceux de l’édition Millenium d’Elite Entertainment, parue en 2003. Nul besoin donc, de vous précipiter en magasin pour vous procurer cette nouvelle édition, sauf si vous êtes empressé de passer au Blu-ray.

Alors, pourquoi 4/5 et non 5/5 ? Tout simplement parce que malgré toutes ses qualités, I Spit On Your Grave a.k.a. Day of the Woman n’est pas parfait, et qu’il a relativement moins bien vieilli que certains de ses confrères jouissant de la même notoriété. Mais ne vous méprenez pas, il s’agit d’une œuvre cruciale, qui se doit d’être vue, revue et débattue, et ce, pour encore plusieurs générations.

  • Robert Parent

  • • Day of the Woman (titre original du réalisateur)
    • I Spit On Your Grave a.k.a. Day of the Woman (titre de commercialisation vidéo)

     

    Savage Vengeance (1993)
    I Spit On Your Grave (2010)

     

    Straw Dogs (1971)
    • Thriller – A Cruel Picture (1974)

     

     
     


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