JONAH HEX

2010

RÉALISATION: Jimmy Hayward
SCÉNARIO: Mark Neveldine et Brian Taylor
AVEC: Josh Brolin, John Malkovich, Megan Fox, Michael Fassbender et Will Arnett

Il y en a qui trouvent qu’il y a déjà bien assez de films de superhéros sur le marché avec Spiderman, X-Men, Superman ou IronMan. Sans compter ceux qui s’en viennent comme Thor, Green Hornet, Green Lantern, Captain America et j’en passe. Et bien ces détracteurs de superhéros peuvent remercier Jimmy Hayward qui a réussi à tuer toutes les chances de futures suites à Jonah Hex avec son minable film. C’est ce qu’on appelle tuer dans l’œuf.

Ne pouvant exécuter un ordre de son chef Turnball, Jonah Hex est contraint d’abattre le fils de celui-ci. En revanche, Turnball assassine la femme et le fils de Hex et le laisse pour mort dans le désert, crucifié et défiguré. Les Indiens le retrouvent et le sauvent de la mort. Mais Hex revient changer. Il possède maintenant le don de parler aux morts. Enflammée par la vengeance, et engagée par le gouvernement des États-Unis, Hex doit retrouver Sadam Husseim Turnball qui prévoit envoyer des Armes de Destruction Massive sur Washington en prévision du centième anniversaire des États-Unis.

Non, mais vraiment, quel navet. Il n’y a pas juste la cicatrice de Jonah Hex qui donne mal au cœur, le film aussi. Même avec une durée de 74 minutes, le film semble trop long. Ça pourrait vous prendre plus de temps lire ma critique que regarder le film ! Le gros problème c’est la réalisation, qui a échoué de toutes les façons possibles, grandement aidées par son scénario minable. En fait, le scénario veut trop en dire en peu de temps et n’en dit pas assez en même temps. On nous balance des histoires d’origines et des confrontations qui ont mené jusqu'à ce jour, mais on ne fait que les survoler, sans vraiment y porter attention.

La réalisation, quant à elle, me fait grandement penser à une pile de cartes pour une présentation orale. Chaque scène est une carte sur laquelle il y a des notes concises desquelles on doit s’inspirer pour élaborer sur le sujet. Malheureusement, l’élaboration est une étape oubliée dans Jonah Hex. Chaque scène est jouée de façon beaucoup trop rapide. C’est plus flagrant lors des scènes d’expositions. Surtout lorsque Hex, blessé, tente de se régénérer. Pendant cinq minutes, on nous montre une succession d’images, presque un montage à la Rocky, de Hex qui est alité, de rêves, de flash-back, etc… pour ensuite finir avec Hex qui se réveille, crie « TURNBALLLLLLLLLLLLL » et la scène d’après, c’est Hex, sur son cheval, galopant à toute vitesse pour continuer sa mission. Les scènes d’action ne sont guères mieux, elles durent à peine le temps d’un clignement d’oeil. Sans compter les innombrables scènes de flashback accélérées qui sont là, sans raison. Lors du combat final, on a même droit à ce genre de flashback d’un combat imaginaire et rêvé entre Hex et Turnball alors qu’ils se battent dans la vraie vie, seulement pour faire cool.

Un élément qui semble vraiment important a Jimmy Hayward est que tout se veut trop cool dans le film. Mais comme tout le monde sait, à vouloir être trop cool, on a juste l’air épais. Si ce n’est pas avec la réalisation, c’est dans le scénario qu’on tente de nous inonder de « coolitude ». Le personnage de Hex nous est démontré comme un tueur sans foi ni loi qui ne niaise pas avec la puck comme on dit, et pourtant, il se permet plusieurs bons mots d’esprit pour le bon plaisir de la chose, comme dire que son cheval s’appelle Cheval après qu’un palefrenier lui demande son nom.

Et Hex n’est pas le seul personnage qui n’a aucun bon sens. John Malkovich joue un ancien militaire devenu subitement fou pour ensuite commencer à tuer des innocents. Mais jamais on ne nous donne une raison, comme si c’était la chose la plus normale du monde. Ou alors, que dire de la poufiasse de service du film, la « jolie » Megan Fox ? Le gars a perdu sa femme et son fils quelques années auparavant, il est rempli de colère et vengeance et se tape une pute au cœur d’or qui, par le plus grand des hasards, tombe amoureuse de lui ? Un personnage qui n’est là que pour empêcher le héro de tuer le méchant et lui donner un coup de main vers la fin.

Et il y a une chose que je n’ai jamais comprise. Je ne suis pas un maniaque d’arme à feu, mais je me doute que ce n’est pas nécessairement donner, surtout dans le temps du Far West. Alors peut-on m’expliquer la manie des héros de jeter leurs nouvelles armes superpuissantes par terre dès qu’elles sont vides au lieu de les garder et juste s’acheter des munitions après ? Ça doit coûter cher d'être cool ! Ce n’est que la pointe de l’iceberg de la stupidité du film, comme équiper un cheval d’une mitraillette d’une tonne, mais d’un seul côté sans que le cheval tombe comme une quille.

Jonah Hex n’est pas un film. On dirait plutôt un pilote raté pour une télésérie. Seul le temps pourra nous le dire, mais Jonah Hex pourrait très bien être le Battlefield Earth de Megan Fox et Josh Brolin.

  • Dominic Paulhus

  • Ghost Rider (2007)
    • Spawn (1997)

     

     
     


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