|
![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
JOSHUA2007
RÉALISATION: George Ratliff Bien des parents n’aiment pas leurs enfants et les maltraitent, mais qu’est ce qui arriverait si votre enfant, lui, ne vous aimait pas? Voilà la question que se pose David Gilbert et George Ratliff avec Joshua. Dans celui-ci, la famille Cairn file le parfait bonheur, jusqu'à l’arrivée de Lily, le nouveau membre de la famille. Déstabilisé par la venue de sa petite sœur, Joshua, un enfant surdoué, commence alors à manipuler ses parents afin d’arriver à son sinistre et mystérieux but. Joshua est un de ces drames psychologiques comme il ne s’en fait plus. Mais pour ce faire, un film doit posséder un scénario digne de ses ambitions et Joshua en a un. Dans la même veine que The Bad Seed, The Good Son et The Omen, Joshua est à propos d’un enfant maléfique. Seulement, ici, il n’y a aucune explication paranormale. Ce ne sont que les actions d’un enfant intelligent, manipulateur et sans morale. Alors que les scénaristes auraient pu pousser les actions de Joshua à l’extrême ou à la limite de la parodie, il n’en est rien. Tout ce qu’il fait est crédible et pourrait réellement être fait par un enfant quelque peu malintentionné. Ratliff et Gilbert ont su créer un enfant/monstre charismatique et parfaitement nuancé. La réalisation tient plus des années 70 que du présent. Grandement influencé par Rosemary’s Baby, Ratcliff nous offre une oeuvre imaginative et forte. L’influence du classique de Roman Polanski se fait sentir principalement durant la première moitié du film, car l’action se passe en grande partie dans l’appartement des Cairn. De plus, même si la réalisation est assez recherchée, elle n’est pas trop poussée. Le visuel du film ne sert qu’à accentuer les personnages et les situations, jamais le contraire, ce qui laisse place à une ambiance d’immersion totale. La direction artistique de Ratliffe permet de faire parler ses personnages encore plus par l’expression corporel. Par exemple, alors que Joshua pousse sa grand-mère dans les escaliers d’un musée, celui-ci fixe froidement son père pendant quelques secondes, de façon provocante, juste avant de jouer le rôle du petit garçon qui doit pleurer parce que sa grand-mère est morte. Des moments jouissifs comme cela, Ratliffe nous en offre plein! Mais ce qui fait la réussite de ce film est le jeu des acteurs. Alors que Sam Rockwell est excellent comme toujours, ce sont vraiment Vera Farmiga et Jacob Kogan qui volent carrément la vedette! Tout d’abord, Farmiga est carrément parfaite dans le rôle de la mère qui est en dépression post-partum. Durant le film, Joshua la pousse au bord du gouffre de la folie et l’interprétation qu’en fait Farmiga est fabuleuse. Encore influencée par Rosemary’s Baby, Farmiga va pousser son jeu à non seulement ressembler physiquement à Mia Farrow, mais aussi à jouer comme elle, mais en poussant la carte de la folie et l’interprétation physique de celle-ci une coche plus haute. L’autre vedette du film, Jacob Kogan, est tout aussi merveilleux dans son jeu. Contrairement à bien des enfants qui ont du interpréter un être maléfique, comme le petit Seamus Davey-Fitzpatrick dans le remake de The Omen, Kogan joue avec juste assez de nuance pour être entre l’innocence et le mal. Avec le scénario que Ratliff et Gilbert ont écrit, Kogan s'en donne à cœur joie. Il est tellement éblouissant dans son rôle, qu’à un certain moment donner dans le film, on oublie que l’on regarde un long métrage et on est réellement avide de savoir ce que veut réellement ce petit cr**se là! Joshua est distribué sur DVD par Maple. Le DVD comprend une piste de commentaires audio avec le réalisateur George Ratliff et le scénariste David Gilbert, des entrevues avec les acteurs et un clip musicale de Dave Matthews. Avec un scénario et des acteurs époustouflant, Joshua atteint son but : nous divertir en nous faisant passer par une belle gamme d’émotion. Peut-être le meilleur drame psychologique à propos d’un enfant maléfique, Joshua est un excellent complément à des films tels que The Omen et The Good Son.
| |||